Pacifique
  • AFP | Crée le 12.04.2019 à 04h25 | Mis à jour le 12.04.2019 à 04h25
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    Gudju Gudju Fourmile à côté du coffre renfermant les restes de son ancêtre.Photo AFP
    Histoire. Les dépouilles de 53 Aborigènes, dont celle d’un chef, vont être rapatriées en Australie. Elles proviennent de musées ou de collections privées en Allemagne.

    «Le gouvernement australien salue le retour de 53 ancêtres indigènes provenant de cinq institutions d’Allemagne », s’est réjoui, dans un communiqué, le département australien de la Communication et des Arts (DoCA).

    Mardi, une première cérémonie a été organisée à Munich au Musée des Cinq continents, en présence de l’ambassadrice australienne en Allemagne, Lynette Wood. Gudju Gudju Fourmile, descendant et sage de la communauté des Gimuy Walubara Yidindji, a pris possession des restes d’un grand chef aborigène. M. Fourmile a brûlé un tissu à proximité du coffre recouvert d’un linceul blanc et rouge, selon un rituel aborigène. Deux autres cérémonies sont prévues, l’une aujourd’hui à Stuttgart qui permettra la restitution de dix corps et l’autre lundi à Berlin avec 42 corps.

    Bernd Sibler (CSU), ministre bavarois des Arts et sciences, a exprimé l’espoir que ces restitutions contribuent à « la compréhension mutuelle et à la réconciliation des cultures ». La majorité de ces dépouilles sont arrivées en Allemagne à la fin du XIXe siècle et au début du XXe, période durant laquelle médecins, anatomistes, ethnologues ou anthropologues ont rapporté d’Asie, d’Australie ou d’Afrique des corps, pour les exposer ou mener des « recherches » à caractère racial.


    Réconciliation

    Jusqu’à présent, ces restes reposaient dans les réserves de musées ou dans des collections privées.

    Depuis trente ans, le gouvernement australien a aidé au rapatriement de restes de plus de 1 500 personnes depuis neuf pays, dont les Etats-Unis, le Royaume-Uni, la Suède ou encore l’Allemagne.

    « Ramener les ancêtres sur leurs terres aide à promouvoir la guérison, la justice et la réconciliation », estime le DoCA sur son site Internet, alors que les premiers colons britanniques ont mis le pied en Australie en 1788, marquant le début de l’extermination des cultures aborigènes, en raison de la violence des colons et de l’arrivée de maladies. Quatre restitutions, avec un total de 51 dépouilles, ont déjà été organisées en Allemagne. Le dernier rapatriement remontait à octobre 2017, à Hanovre.

    D’une manière générale, les autorités de Berlin ont décidé d’accélérer les restitutions de restes humains issus de la colonisation, en particulier ceux de membres des tribus africaines Herero et Nama, qui vivaient dans ce qui est aujourd’hui la Namibie. Leur massacre en 1904 par les Allemands est considéré comme le premier génocide du XXe siècle.

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