Pacifique
  • Le Petit journal de Sydney | Crée le 23.02.2017 à 04h25 | Mis à jour le 23.02.2017 à 04h25
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    Benjamin Netanyahou (2e à gauche) et son épouse, Sara (à droite) posent devant l’opéra de Sydney avec le gouverneur général australien, Pete Cosgrove (à gauche) et son épouse. Photo AFP
    Australie. C’est la première fois qu’un Premier ministre israélien effectue une visite. Mais la venue de Benyamin Netanyahou est d’ores et déjà controversée.

    La venue du Premier ministre israélien en Australie, qui constitue une première dans l’histoire d’Isräel, a aussi et surtout les allures d’une controverse. 60 personnalités australiennes, parmi lesquelles d’anciens politiciens du parti travailliste, ont signé une déclaration contre la visite de Benjamin Netanyahou, dénonçant par ce biais sa politique « provocatrice, intimidante et oppressive » envers les Palestiniens. « Nous nous opposons fermement à la visite officielle du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahou », peut-on lire dans le communiqué. Ce refus de voir Benjamin Netanyahou débarquer sur le sol australien est motivé par un désaccord avec la politique menée en Cisjordanie et à Jérusalem-Est, territoires sur lequel Israël cherche à étendre ses colonies juives sans se soucier des règles du droit international.


    Rare critique

    « Israël continue à défier tous les appels des Nations unies pour qu’il se conforme au droit international en ce qui concerne la construction de colonies et son traitement de la population palestinienne, affirme le communiqué, il est temps que les souffrances du peuple palestinien cessent et que l’Australie joue un rôle plus important en soutenant l’application du droit international, au lieu de soutenir Netanyahou et sa politique. »

    Par cette déclaration, ces 60 personnalités appellent « le gouvernement australien à repenser son soutien unilatéral au gouvernement israélien ». Il précise que l’Australie s’est opposée à la récente résolution du Conseil de sécurité des Nations unies insistant sur l’application du droit international en Israël comme en Palestine. « Une résolution pourtant votée par la plupart des nations, comme le Royaume-Uni, l’Allemagne, la France et la Nouvelle-Zélande », peut-on lire dans cette déclaration.

    Le 25 janvier, l’Australie, par le biais de sa ministre des Affaires étrangères, Julie Bishop, avait, dans une rare critique envers Israël, manifesté son « inquiétude » après l’annonce d’une extension prévue des implantations en Cisjordanie. Canberra avait également appelé Israël à cesser les mesures unilatérales qui, selon elle, compromettent le processus de paix. En dehors de ces rares déclarations, Israël reste un « ami » de l’Australie.


    Relations commerciales

    La visite de Netanyahou dans le pays continent avait par ailleurs été planifiée depuis de long mois, puisque le Premier ministre israélien avait pris cette décision dès la fin du mois d’octobre dernier.

    Le Premier ministre australien, Malcolm Turnbull, qui rencontrera Benjamin Netanyahou lors de son séjour de cinq jours à Sydney, affirme que la position de son gouvernement n’a pas changé : l’Australie souhaite favoriser une solution en faveur d’Israël comme de la Palestine.

    Au cours de son séjour, Netanyahou rencontrera également Bill Shorten, l’un des leaders fédéraux du Parti travailliste, le Premier ministre du New South Wales, Gladys Berejiklian, et des dirigeants juifs.

    Netanyahou et les responsables australiens évoqueront notamment les questions de paix et de sécurité au Moyen-Orient, la lutte contre l’Etat islamique dans laquelle l’Australie est fortement impliquée, et l’avenir de la Syrie. Netanyahou espère que cette visite servira également à Israël et à l’Australie d’étendre leurs relations commerciales.

    Des manifestations contre la venue du Premier ministre israélien en Australie devraient avoir lieu à Melbourne, Sydney et Canberra.

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