Pacifique
  • AFP | Crée le 11.04.2019 à 04h25 | Mis à jour le 11.04.2019 à 05h44
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    Le 15 mars, des étudiants manifestaient à Sydney pour dénoncer les progrès insuffisants réalisés pour lutter contre le changement climatique en Australie, et critiquaient le projet Carmichael du groupe indien Adani. Photo AFP
    Australie. Le projet de mine de charbon géante du conglomérat indien Adani, situé près de la Grande Barrière de corail, a été formellement approuvé. Une décision susceptible d’être remise en cause après les élections où l’opposition est donnée gagnante.

    Le projet Carmichael, qui pèse plus de 20 milliards de dollars australiens (1 440 milliards de francs, 12 milliards d’euros) est depuis son origine plombé par les problèmes judiciaires et réglementaires ainsi que par l’activisme d’organisations dénonçant son impact environnemental. Il accuse de nombreuses années de retard et doit encore obtenir l’aval des autorités locales ainsi que celles de l’Etat du Queensland, où la mine serait creusée.

    Le projet a été source de divisions jusqu’au sein de la coalition conservatrice. La population du Queensland est également partagée, entre ceux qui défendent ses retombées économiques et ceux qui s’inquiètent des conséquences environnementales.

     

    Eaux souterraines

    « Ce projet a été soumis au processus d’approbation le plus rigoureux qui ait jamais été conduit pour un projet minier en Australie », a déclaré la ministre de l’Environnement Melissa Price, en annonçant la validation par le gouvernement de la partie du projet concernant les eaux souterraines. Il s’agissait de l’ultime feu vert requis des autorités fédérales.

    Le directeur général d’Adani Australia, Lucas Dow, s’est félicité de cette décision en assurant que ce projet serait « durable sur le plan environnemental » et entraînerait la création de milliers d’emplois dans l’Etat.

    L’approbation a été, en revanche, très critiquée par les organisations de défense de l’environnement, qui mettent en cause le fait qu’elle tombe quelques jours avant l’annonce de la date des élections fédérales, qui se tiendront le mois prochain.

    Les écologistes font valoir que le charbon produit - 28 millions de tonnes de charbon thermique par an à destination de l’Inde - contribuera au réchauffement climatique global qui dégrade la Grande Barrière. La matière première devra en outre transiter par un port proche du plus grand récif corallien au monde, accusent-ils. « Les parlementaires de la coalition qui sont amoureux du charbon semblent avoir tordu le bras de la ministre de l’Environnement pour qu’elle accorde à Adani, à la veille de l’élection, l’accès aux précieuses nappes phréatiques du Queensland », a déploré Christian Slattery, de la Coalition australienne pour la conservation.

    Il a précisé que des inquiétudes existaient sur la quantité d’eau souterraine que la mine utiliserait pour ses opérations.

     

    Travaillistes tiraillés

    L’opposition travailliste, qui est donnée gagnante lors du scrutin attendu en mai, est de son côté tiraillée entre les appels à soutenir l’emploi dans le Queensland, et la frange écologiste de ses partisans. Dans sa réaction au feu vert gouvernemental, le leader du parti, Bill Shorten, s’est d’ailleurs concentré sur les dissensions apparues au sein de l’exécutif au sujet de la mine, se gardant bien de dire si, une fois aux affaires, il annulerait cette décision.

    La Grande Barrière de corail, classée au Patrimoine mondial, est déjà menacée par les ruissellements agricoles, le développement et la prolifération des acanthasters, étoiles de mer dévoreuses de coraux. Elle vient de subir plusieurs graves épisodes de blanchissement imputés au réchauffement climatique.

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    La Papouasie-Nouvelle-Guinée a accepté les termes d’un accord sur un projet de gaz naturel liquéfié (GNL) à plusieurs milliards de dollars avec Total, ExxonMobil et Oil Search visant à doubler sa production énergétique et doper les exportations.

    En annonçant cette décision mardi, le Premier ministre

    Peter O’Neill a parlé d’un investissement « proche de 13 milliards de dollars ». « C’est un coup de fouet important pour notre économie », a-t-il déclaré après un an de négociations marquées en particulier par des différends sur la propriété foncière.

    D’après M. O’Neill, l’accord réduira le coût de l’énergie en Papouasie et vaudra une augmentation de trois points du PIB. La construction du site pourrait fournir un emploi à 20 000 personnes.

     

    Très peu de royalties

    Le « Projet Papua LNG », situé

    à 280 km à l’ouest de Port Moresby implique, selon Total, la construction de deux « trains » (ou lignes de traitement et de liquéfaction du gaz) de 2,7 millions de tonnes par an. De quoi doubler le nombre de « trains » actuel. Il complète le gigantesque projet gazier PNG-LNG (Papua New Guinea Liquefied Natural Gas Project) opéré par ExxonMobil.

    Ce programme à 19 milliards de dollars fonctionne depuis environ cinq ans mais la population locale n’a guère touché de royalties en raison d’un recul des prix de l’énergie.

     

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