Pacifique
  • | Crée le 14.07.2017 à 04h25 | Mis à jour le 14.07.2017 à 07h52
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    Le groupe chinois n’a pas fixé de date pour le lancement des travaux d’aménagement. Photo DR
    Australie. L’Etat de Nouvelle-Galles du Sud a racheté la majorité de la licence accordée à un groupe chinois pour un projet de mine de charbon. Une décision insuffisante pour les agriculteurs du secteur.

    L’ex-gouvernement travailliste de Nouvelle-Galles du Sud avait octroyé en 2008, pour un milliard de dollars australiens (80 milliards de francs) au groupe minier Shenhua, les droits pour l’exploration du projet de Watermark, près de Gunnedah, à 350 km au nord de Sydney.

    Mais la mise en œuvre du projet a été retardée en raison notamment d’une mobilisation des fermiers locaux, qui dénoncent la destruction de riches terres agricoles, et de plusieurs organisations de défense de l’environnement, qui pointent les risques de pollution des nappes phréatiques.

    Le ministre des Ressources de Nouvelle-Galles du Sud, Don Harwin, a annoncé mercredi un accord prévoyant le rachat pour 262 millions de dollars australiens de 51,4 % des droits.

     

    Critères environnementaux

    « Ce gouvernement a estimé qu’il ne devrait pas y avoir d’activités minières sur les terres fertiles des plaines de Liverpool », a déclaré le ministre, en référence à ces 1,2 million d’hectares bornée par des zones montagneuses.

    « Les futures activités minières se limiteront aux zones montagneuses, et leur lancement est toujours subordonné à l’élaboration de plans d’aménagement. »

    Le gouvernement libéral a précisé que le projet de Watermark, dont la concession est prévue pour trente ans, doit toujours satisfaire à un certain nombre de critères environnementaux.

    Le groupe chinois n’a pas fixé de date pour le lancement des travaux. Il doit encore obtenir le feu vert des autorités sur les questions de l’eau et de la biodiversité notamment.

    Les agriculteurs de la zone, hostiles au projet, ne se sont pas satisfaits de la décision de l’Etat. « Si (le gouvernement de Nouvelle-Galles du Sud) était convaincu de la nécessité de protéger les terres agricoles, il aurait annulé intégralement la licence et stoppé le projet de mine », a déclaré Andrew Pursehouse, agriculteur de Breeza, dont la ferme est proche du futur site minier.

    « Retirer des zones que Shenhua n’allait pas explorer ne changera rien. Toute la population est bien déterminée à se battre contre cette mine de charbon, quoi que décide le gouvernement », a-t-il ajouté.

    De son côté, le président de Shenhua Australie, Liu Xiang, a déclaré dans un communiqué que son groupe s’assurerait de ce que le projet respecte les « standards environnementaux les plus élevés ».

    « La mine de charbon de Watermark fait l’objet d’une surveillance sans précédent qui prouve que le projet peut être développé de façon durable pour l’environnement », a-t-il indiqué.

    L’an dernier, l’Etat avait déjà racheté, mais cette fois à BHP, une licence d’exploration accordée en 2006 sur une autre zone des plaines de Liverpool, mettant fin à une décennie de mobilisation des agriculteurs. Le rachat d’une partie de la licence de Shenhua intervient alors que le gouvernement australien exerce un contrôle accru des investissements étrangers sur l’île-continent en raison des inquiétudes de son opinion publique face aux appétits chinois.

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