Pacifique
  • AFP | Crée le 17.11.2018 à 04h25 | Mis à jour le 17.11.2018 à 04h25
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    Fidji. Selon les premiers résultats après le dépouillementde 75 % des bulletins de vote, le parti de Frank Bainimarama devrait remporter les législatives.

    Le Premier ministre des Fidji Frank Bainimarama, ex-putschiste devenu militant reconnu de la cause climatique, semblait jeudi sur le point de remporter une victoire confortable aux législatives organisées la veille dans l’archipel.

    M. Bainimarama, 64 ans, avait pris la tête d’un coup d’Etat voici douze ans mais s’est déclaré depuis en faveur de la démocratie.


    Nature réélle

    D’après les premiers résultats portant sur le décompte de près de 75 % des bulletins, la formation FijiFirst du chef du gouvernement sortant a recueilli 51,63 % des voix. C’est bien mieux que son premier rival, le parti SODELPA dirigé par Sitiveni Rabuka, autre ancien putschiste, qui a obtenu 38,05 % des suffrages.

    Avec 7,5 % des voix, le Parti de la fédération nationale est la seule autre formation à franchir le seuil des 5 % nécessaires pour pouvoir entrer au Parlement, lequel compte 51 sièges.

    M. Bainimarama a promis la stabilité et la fin de la « culture du coup d’Etat » dans l’archipel de 920 000 habitants, où quatre gouvernements ont été renversés entre 1987 et 2006. Il avait rétabli la démocratie en 2014.

    Les résultats officiels pourraient ne pas être connus avant plusieurs jours du fait des difficultés à compter les votes sur les îles les plus reculées.

    Les autorités électorales doivent aussi permettre de voter aux électeurs n’ayant pu se prononcer du fait de la fermeture de 23 bureaux de vote consécutive à des pluies torrentielles.

    De nombreuses ONG s’interrogent sur la nature réelle de la démocratie fidjienne. Mais il ne fait aucun doute que l’image du Premier ministre a changé du tout au tout en quelques années.

    M. Bainimarama fut qualifié de dictateur par l’Australie et la Nouvelle-Zélande après avoir pris le pouvoir le 5 décembre 2006 dans un coup d’Etat sans effusion de sang qui valut des sanctions aux Fidji et une suspension du Commonwealth et du Forum des Îles du Pacifique (FIP).


    Prospérité

    Douze ans plus tard, l’ancien amiral est à la pointe de la lutte pour le climat en tant que président de la COP23. Il a notamment recueilli les louanges de l’ex-gouverneur de Californie Arnold Schwarzenegger.

    Ses partisans le créditent de la croissance soutenue dont a bénéficié cet archipel tributaire du tourisme. En se tournant vers la Chine, il a également rendu son pays, de loin le plus peuplé et le plus prospère économiquement des nations du Pacifique Sud, moins dépendant de l’Australie et de la Nouvelle-Zélande. Il a également apaisé les tensions entre Fidjiens de souche et Indo-Fidjiens, descendants de la main-d’œuvre indienne importée par les Britanniques pour travailler la canne à sucre.

    Mais des organisations comme Amnesty International notent que des libertés fondamentales comme la liberté de réunion ou de la presse laissent à désirer.

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