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    Pacifique
  • Alexandra Perrini et Charlie Réné / Radio 1 | Crée le 20.02.2026 à 12h34 | Mis à jour le 20.02.2026 à 12h35
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    Les autorités ont saisi près de 12 tonnes de cocaïne depuis le début de l’année. Photo Archives LNC / HC PF
    Près de 12 tonnes de cocaïne ont déjà été détruites en haute mer depuis le début de l’année, au large de la Polynésie française. Mercredi 18 février, lors d’un point presse dédié, les autorités de l’État ont précisé leur stratégie face à ce narcotrafic international qui s’intensifie dans la région. Un article de notre partenaire Radio 1.

    Le haut-commissaire de la Polynésie française, le commandant des forces armées, les responsables de la gendarmerie et des douanes, ainsi que les représentants du parquet étaient réunis, mercredi 18 février, afin de faire le point sur la série d’opérations menées contre le narcotrafic international depuis le début de l’année aux abords des eaux polynésiennes, ayant mené à la destruction de 11,5 tonnes de cocaïne, pour une valeur estimée à plus de 260 milliards de francs.

    Destruction en mer, mais loin des zones de pêche

    Il a notamment été question du choix de détruire la drogue en haute mer, en l’immergeant dans le grand bleu. Interviewée par nos confrères australiens de ABC News, la scientifique Natascha Wosnick, zoologiste et spécialiste de la vie marine à l’Université fédérale du Paraná (Brésil), déplore cette méthode de destruction. Selon la chercheuse, le rejet massif de ces substances psychoactives en plein océan n’est pas sans conséquence sur la biodiversité marine. "Les courants sont partout, la drogue peut se propager très loin et affecter la faune sauvage de manières que nous ne comprenons toujours pas […]. Les requins et les autres espèces marines ne sont pas physiologiquement équipés pour filtrer de telles drogues de leur système." Les autorités françaises indiquent que les différentes saisies n’ont pas été immergées au même endroit, loin des côtes, hors zone de pêche et sans les plastiques et autres emballages des ballots.


    Les autorités de l’État en Polynésie décident souvent de laisser repartir les équipages et le bateau arraisonné, parce qu’elles manquent de moyens pour lancer des procédures judiciaires localement, et que cela serait peu efficace. Photo Radio 1

    Recherche d’efficacité

    Autre débat : celui lié au fait de laisser repartir en mer le navire et les équipages concernés. Le fait est que si l’État du pavillon du bateau n’abandonne pas sa juridiction au profit de la France dans ce genre d’affaire, les marins ne peuvent pas être interpellés et le bateau confisqué. Quand l’État du pavillon accepte, les autorités françaises peuvent choisir ou non de "judiciariser". Cela fut le cas lors des deux premières opérations de l’année, mais les autorités ont choisi de ne pas le faire et de laisser repartir en mer le bateau et l’équipage, notamment en raison du temps, des moyens financiers et humains que cela nécessiterait, et ce pour de faibles résultats. En revanche, des signalements sont transmis aux États partenaires, le bateau fait l’objet d’un fichage particulier et les équipages peuvent être jugés ailleurs. "Ce qui compte surtout, c’est qu’on ait saisi la drogue et qu’on l’ait détruite. C’est ça l’objectif : on a retiré du marché de la cocaïne en grande quantité, plus de 11 tonnes, qui partaient vers l’Australie et la Nouvelle-Zélande, c’est ça le plus important", insiste le haut-commissaire, Alexandre Rochatte.

    Les autorités se préparent à d’autres opérations de ce type dans les prochains mois. Ces convoyages importants autour du fenua, un "phénomène nouveau", s’expliquent notamment par l’évolution de la physionomie des routes de la drogue. Mais la multiplication des interceptions est surtout due à une meilleure organisation des forces de sécurité.

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