Pacifique
  • AFP et Radio Tahiti 1 | Crée le 15.04.2019 à 04h25 | Mis à jour le 15.04.2019 à 04h25
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    La dengue de type 2 n’a pas circulé depuis l’an 2000 en Polynésie. Une grande partie de la population n’est donc pas immunisée, ce qui fait craindre une épidémie de grande ampleur.Photo DR
    Santé. Vendredi,huit cas avaient déjà été diagnostiqués.Le ministère polynésien de la Santé craint une forte épidémie de dengue de type 2sur l’île de Tahiti.

    Huit cas confirmés de dengue autochtone étaient recensés vendredi répartis sur quatre zones : deux zones à Mahina, une à Papeete et une à Faa’a. Ces cas sont répartis sur des secteurs qui n’ont pas de lien épidémiologique ou géographique : « Cela veut dire que l’épidémie est bien partie », explique Glenda Mélix, la directrice du Centre d’hygiène et de salubrité. Les autorités sanitaires du Pays estiment que l’épidémie pourrait être « de grande ampleur » puisque le sérotype 2 n’a plus circulé depuis plus de vingt ans en Polynésie française. Selon Glenda Mélix, les personnes nées ou arrivées à Tahiti après 2000 sont très exposées, tout comme la moitié des personnes nées avant l’année 2000.


    Assurer les soins

    Les structures de santé se tiennent prêtes. « Notre crainte principale, c’est que des patients se présentent avec des formes sévères. On a déjà un taux d’occupation élevé, ça peut devenir compliqué. Et notre premier souci est d’assurer la continuité du service si 10 % ou 15 % du personnel est touché », indique Jean-Mario Savio, le directeur de l’hôpital de Taaone.

    S’il existe quatre sérotypes, cela veut simplement dire qu’il existe quatre antigènes différents du même virus, et donc quatre anticorps différents. Bref, qu’on peut attraper quatre fois la dengue dans sa vie. Dans tous les cas, les symptômes sont les mêmes : forte fièvre, nausées, douleurs articulaires et musculaires, éruption cutanée, saignements de nez, ecchymoses… L’incubation peut durer de deux à sept jours, les symptômes une dizaine de jours et la convalescence quinze jours. Dans 1 % des cas (moyenne mondiale selon l’institut Pasteur), la dengue prend une forme hémorragique sévère, qui peut parfois s’accompagner d’un choc, potentiellement mortel.

    Les conseils de Glenda Mélix doivent s’appliquer désormais à l’ensemble du pays : « Pour éviter de se faire piquer, il faut appliquer des répulsifs cutanés, voire utiliser des diffuseurs électriques d’insecticide. Ensuite, il faut éliminer tous les gîtes à moustiques, toutes les eaux stagnantes, et ce au moins une fois par semaine. Si vous avez une fièvre supérieure à 38°, allez voir sans attendre un médecin. » « Et si vous êtes atteints, attention à vos déplacements », poursuit la directrice du centre d’hygiène.


    Des précédents

    En 1997, année de la dernière épidémie de dengue de type 2, 19 % de la population polynésienne avaient été touchés. Auparavant, l’épidémie la plus spectaculaire avait concerné 50 % de la population en 1971, selon un document du collège des maladies infectieuses et tropicales (CMIT). Tous sérotypes confondus, l’épidémie la plus sévère encore dans les mémoires est celle de dengue de type 1 qui a touché, en 2000-2001, 17 % de la population et, surtout, causé huit décès.

    Plusieurs études de lutte contre les moustiques sont en cours en Polynésie, après les épidémies de dengue, de chikungunya et de Zika. Les lâchers de moustiques stériles ont prouvé leur efficacité sur l’atoll de Tetiaroa, où l’insecte a quasiment été éradiqué.

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