Pacifique
  • Radio1 Tahiti et la Dépêche de Tahiti | Crée le 21.06.2019 à 04h25 | Mis à jour le 21.06.2019 à 11h55
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    Durant toute l’audience, Oscar Temaru est resté entouré de deux de ses filles. Pour lui, il s’agit d’un procès politique. Pour le procureur, il s’agit d’une prise illégale d’intérêts.Photo Florent Collet/LDT
    POLYNÉSIE FRANÇAISE. Le premier jour du procès de l’affaire Radio Tefanaa été consacré à des demandes en nullité et à des questions prioritaires de constitutionnalité. Toutes rejetées parle ministère public.

    Le procès de l’affaire Te Reo o Tefana a débuté mardi (mercredi en NC) au tribunal correctionnel de Pape’ete. Le président du Tavini (parti indépendantiste) et maire de Faa’a, Oscar Temaru, Vito Maamaatuaiahutapu et Heinui Le Caill comparaissent pour « prise illégale d’intérêts » et « recel de prise illégale d’intérêts ».

    Il est reproché à M. Temaru, président d’honneur de la radio Te Reo o Tefana, ainsi qu’à Vito Maamaatuaiahutapu et Heinui Le Caill, qui ont successivement occupé la direction de la radio, d’avoir bénéficié de moyens matériels, financiers et humains de la commune de Faa’a et d’une subvention accordée par le conseil municipal de 180 millions de francs sur la période 2010-2017.

    Un outil de Propagande

    « Une dépense disproportionnée » pour le parquet qui a renvoyé l’affaire devant la justice estimant que la radio « est un outil de propagande certain pour le parti d’Oscar Temaru ». Pour le leader indépendantiste, cette affaire serait la conséquence des actions qu’il a menées devant l’ONU pour réinscrire la Polynésie française sur la liste des pays à décoloniser, et du dépôt de plainte pour crime contre l’humanité contre la France.

    Pour autant mardi, il n’a pas été question du fond mais surtout de la forme. Il y a plutôt eu entre la défense et le ministère public une bataille procédurale.

    En effet, la défense a déposé deux questions prioritaires de constitutionnalité (QPC). Toutes deux ont été rejetées par le parquet qui a estimé que les questions n’étaient pas nouvelles et dépourvues de caractère sérieux. Le procureur Hervé Leroy a estimé que « tout a été dit et circonscrit dans les réquisitions ».

    La défense a affirmé qu’elle avait demandé des éléments complémentaires et qu’elle ne les avait jamais reçus. Elle a aussi souligné le caractère particulier de la procédure : « On n’a pas eu le choix de la date, on n’a pas eu le choix de la procédure », a déclaré Me Koubbi, l’avocat parisien d’Oscar Temaru. Il considère que dans cette affaire, « le procureur s’est transformé en juge d’instruction et que les droits de la défense ont été écartés ». Me Koubbi a même estimé que c’est « un dossier à charge (…) il n’existe aucun élément matériel (…) qui vient dire que Tefana fait de la propagande ». Plusieurs demandes en nullité ont été faites.

    Daniel Goa à la barre

    Sur la garde à vue lors de l’instruction, Me Jourdainne a estimé qu’elle « ne semblait pas adéquate » et qu’elle était « inutile et vexatoire » alors qu’une audition libre aurait été suffisante. Là aussi le ministère public a demandé le rejet de ces requêtes.

    Par ailleurs, Me Dubois a fait état d’un courrier du procureur général, Jean-François Pascal, transmis au procureur de l’époque José Thorel lui intimant de poursuivre l’enquête sur Te Reo o Tefana.

    L’avocat a estimé que des « instructions ont été données » et demandé à avoir accès à ce courrier, ainsi qu’au rapport transmis par José Thorel. « Quand on veut juger des hommes, on essaie de faire preuve de la plus grande transparence possible », a indiqué le conseil qui considère que dans ce dossier « le parquet n’est pas indépendant, c’est un fait juridique constaté par la Cour européenne des droits de l’homme ».

    Mercredi (hier en NC), les 12 témoins de la défense devaient être appelés à la barre dont plusieurs élus et anciens élus Tavini à l’assemblée de la Polynésie et Daniel Goa, président de l’Union calédonienne et représentant du FLNKS.

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