- Charlie René / Radio 1 Tahiti | Crée le 23.06.2026 à 16h34 | Mis à jour le 23.06.2026 à 17h31ImprimerLes chiffres du tourisme ont grimpé de 6 % en 2025, tirant l’économie polynésienne vers le haut. Photo Radio 1 TahitiL’économie polynésienne a connu une croissance de 1,2 % en 2025, d’après les premières estimations. Un chiffre tiré par les bons résultats du tourisme (+ 6 % en valeur) et de l’industrie perlière, dont les ventes ont grimpé de 33 %. Mais la croissance a été freinée par une consommation des ménages atone. Explications de notre partenaire Radio 1 Tahiti.
C’est une première estimation, qui sera amenée à être corrigée – souvent à la marge – dans les prochaines années. Lundi 22 juin, l’ISPF, l’IEOM et l’AFD, qui mettent en commun leurs statistiques et leurs moyens pour établir des comptes économiques rapides (Cerom), ont estimé le produit intérieur brut de la Polynésie à 729 milliards de francs en 2025. Ce qui veut dire qu’en franc constant – sans tenir compte de l’inflation "modérée" de 1,3 % sur l’année – l’activité a affiché une croissance de 1,2 % par rapport à 2024.
Elle est légèrement supérieure au taux national – sur lequel la croissance polynésienne est souvent corrélée -, au même niveau que les données révisées de 2024, et qui "confirme la résilience" de l’économie locale… Tout en restant "mesurée" estiment les trois organismes. Une croissance, surtout, qui est principalement soutenue par la demande extérieure.
"Des perspectives de consommation qui pourraient continuer à s’affaiblir"
Les exportations de biens, notamment l’industrie perlière qui a connu un beau rebond en 2025 (+ 32,8 % en volume), mais surtout les exportations de service, principalement le tourisme, qui ont connu une très bonne année. 6,6 % de voyageurs en plus, 8,1 % d’augmentation des dépenses touristiques par rapport à 2024, et au final, 88 milliards de francs "d’export de service".
"On a eu une belle année, puisque les deux produits phares, la perle et le tourisme ont augmenté de concert. Les autres années, c’était l’un ou l’autre, ce qui venait pénaliser la croissance, note Julien Vucher-Visin, chef du Département études et synthèse économique à l’ISPF. Donc là, les feux sont orientés dans le même sens en 2025, et ça a permis un rebond significatif des exportations de biens et de services. Mais ça reste un épiphénomène dans la croissance polynésienne. Ça a dû s’observer trois fois dans les dix dernières années."
La consommation intérieure, moteur traditionnel de la croissance est, elle, en perte de dynamisme. Et en quasi-stagnation du côté privé, avec + 0,1 % de consommation des ménages sur l’année 2025, malgré une légèrement amélioration du pouvoir d’achat (+ 1,6 % de revenus disponibles réels) et de l’emploi salarié (1 800 ETP créés sur l’année). "La confiance des ménages semble s’éroder, écrit le Cerom, avec des perspectives de consommation qui pourraient continuer à s’affaiblir, malgré une inflation maîtrisée et des dynamiques du marché du travail plutôt positives." Côté travail, cette dynamique, à l’œuvre depuis la sortie du Covid, semble toutefois "s’essouffler".
Le secteur public, de son côté, "continue de soutenir l’économie grâce à ses dépenses de fonctionnement", avec + 0,5 % de consommation publique sur l’année. Quant à l’investissement, il progresse de 0,6 %, mais surtout du fait du secteur privé (+ 0,8 %), bien aidé par des taux d’intérêt qui se rafraîchissent par rapport à 2024. L’investissement du secteur public, principalement orienté vers la construction, n’augmente que de 0,3 %.
En attendant "l’inflation importée"
Les spécialistes de la statistique sont bien sûr déjà tournés vers 2026, et s’inquiètent, sur le début d’année, de résultats en retrait côté tourisme, autant que d’une inflation mondiale qui finira par toucher le fenua, en grande partie épargné jusqu’à présent par le coûteux blocage des prix des carburants. "Sur les quatre premiers mois de l’année, l’inflation est quasi-nulle en Polynésie, alors que dans la zone Euro et le reste du monde, elle est d’au moins 2 %, note Hugues Horatius-Clovis, le directeur de l’ISPF. Donc il y a des chances qu’il y ait de l’inflation importée, mais ça sera l’observation des prix menée par l’ISPF tout au long de l’année qui permettra de le mesurer".
En chiffres
- 2,6 millions de francs : l'estimation du PIB par habitant en 2025, en augmentation de 1,1%. Dans l'Hexagone, cette valeur n'augmente que de 0,8% en 2025, mais atteint les 5 millions de francs par habitant.
- 126,2 milliards de francs : les exportations de biens et de services, en augmentation de 8,1%. Une dénomination qui regroupe aussi bien les exports perliers et de la pêche, que les dépenses touristiques étrangères auprès des entreprises locales.
- 3/4 : malgré son ralentissement, la consommation des ménages représente toujours près des trois quarts du PIB
- +1,6% al hausse du revenu disponible réel en 2025 après +3% en 2024
- +1,7%, la progression des salaires moyens, dans un contexte d'inflation à 1,3%
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