- A.T. | Crée le 21.07.2026 à 17h30 | Mis à jour le 21.07.2026 à 21h52ImprimerLes deux hélicoptères H225M Caracal ont été livrés et réceptionnés à la base aérienne de Tontouta le 13 juillet. Photo Anthony TejeroAvec l’arrivée de deux hélicoptères de type H225M Caracal, dévoilés ce mardi 21 juillet à la base aérienne de Tontouta, pour remplacer ses Puma vieillissants, l’armée de l’air fait un bond technologique. Concrètement, le renouvellement de la flotte permettra notamment d’intervenir plus rapidement et plus loin, tout en étant plus performant lors des opérations de sauvetage et de recherches.
Survol de la base aérienne 186 Lieutenant Paul-Klein de Tontouta, atterrissage sous une arche formée par les canons à eau des pompiers… Les deux nouveaux hélicoptères des forces armées en Nouvelle-Calédonie (Fanc) ont été dévoilés, ce mardi 21 juillet, à l’occasion d’une cérémonie de passement de commandement (lire ci-dessous). Leur nom : H225M Caracal. Des appareils de nouvelle génération construits par Airbus et livrés depuis l’Hexagone pour remplacer les Puma jusqu’à présent déployés sur le Caillou. Des engins vieillissants, dont la technologie date d’une cinquantaine d’années et que l’armée française retire définitivement de sa flotte.
"Les Calédoniens vont devoir s’habituer à avoir une nouvelle silhouette dans le ciel. Il était temps de tourner la page, même si le Puma a rendu de bons et loyaux services, le Caracal est, lui, plus performant", explique le colonel Chris Tannou, à la tête de la base aérienne de Tontouta.
Ces hélicoptères derniers cris sont en effet plus rapides, avec une vitesse de pointe pouvant atteindre les 324 km/h, contre 300 km/h pour les précédents engins. Par ailleurs, le Caracal peut voler beaucoup plus loin et longtemps, sur une distance maximale de 920 km sans ravitaillement en vol, contre 500 km pour le Puma. Sans oublier sa capacité optimisée de transport de passagers (passant de 16 à 28 personnes) et de matériel.
Rejoindre Bélep sans s’arrêter à Koumac
"Le Caracal offre une allonge bien plus importante que le Puma. À titre d’exemple, pour rejoindre Bélep, nous devions nous arrêter à Koumac pour faire un plein en carburant. Avec le Caracal, nous pouvons y aller directement et avoir suffisamment d’autonomie pour conduire une opération sans avoir à s’arrêter", illustre le colonel Chris Tannou, qui rappelle les principales missions de l’armée de l’air dans la région. "Nous assurons la défense de nos souverainetés et l’assistance quotidienne aux populations : la recherche et le sauvetage, les évacuations sanitaires, etc. Finalement, nous agissons par les airs, pour contribuer à la sécurité et à la protection de nos citoyens."

Dernier tour de piste pour ce Puma, remplacé par un Caracal dernière génération. Photo Anthony TejeroDans ce contexte, ces nouveaux hélicoptères pourront permettre de se rendre sur zone plus rapidement, plus loin et plus longtemps, lorsqu’il s’agit de mener des opérations de secours ou de recherche en mer. Ces H225M Caracal sont également mieux équipés et adaptés pour mener de telles opérations de nuit.
En revanche, si l’armée monte en puissance sur le Caillou avec ces deux nouveaux engins qui rejoindront les deux avions de type Casa, elle perd numériquement (du moins pour l’instant) un hélicoptère, puisqu’elle disposait de trois Puma.
Passation de commandement à la base aérienne

Le colonel Alban Genre-Grandpierre, commandement de la base aérienne, entre 2024 et 2026, rejoint l’état-major de l’Armée de l’air et de l’espace, au bureau de relations internationales. Photo Anthony TejeroLe colonel Alban Genre-Grandpierre a tiré sa révérence, ce mardi 21 juillet, en quittant officiellement le commandement de la base aérienne 186 Lieutenant Paul-Klein, après deux années de service particulièrement mouvementées en raison des émeutes, où un pont aérien inédit a dû être mis en place entre Nouméa et Tontouta, seule porte d’entrée et de sortie du pays, notamment centrée les premières semaines sur l’envoi de forces de l’ordre.
"En 2024, on a mis jusqu’à neuf A330, donc les mêmes avions qu’Aircalin, en l’air en même temps pour apporter du ravitaillement, des renforts, des vivres, des produits pharmaceutiques, et pour créer le lien entre la Métropole et la Nouvelle-Calédonie à cette période, se souvient le colonel Alban Genre-Grandpierre, pour qui les émeutes auront sans doute marqué le temps fort de sa carrière sur le Caillou. Cela a été un des plus grands défis. D’un point de vue opérationnel, c’était extrêmement compliqué, puisqu’il fallait gérer neuf avions en l’air sur 18 000 km, avec un parking qui n’est pas extrêmement grand. Et une fois que les gros avions étaient posés à la Tontouta, il fallait ensuite mettre tout le matériel dans des avions beaucoup plus petits pour livrer aux quatre coins de la Nouvelle-Calédonie."

Le colonel Chris Tannou, à la tête de la base aérienne, a notamment auparavant commandé "l’unique unité prestigieuse" de maintenance A400M. Photo Anthony TejeroLe commandant est désormais officiellement remplacé à ce poste par le colonel Chris Tannou. "Je souhaite faire en sorte que chaque aviatrice et chaque aviateur de la base aérienne contribuent à sa modernisation et à son évolution. Le Caracal, ce n’est pas juste une machine, ce sont aussi des hommes et des femmes qui le mettent en œuvre. Et donc il faut former ces équipages, ces mécaniciens, poursuit le nouveau commandant. Mon rôle premier, c’est de faire en sorte que nos aviatrices et aviateurs soient préparés à toutes les missions."
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