- Anthony Tejero | Crée le 13.10.2026 à 17h45 | Mis à jour le 13.10.2026 à 17h45ImprimerDelphine Ollier-Vindin (deuxième à gauche) a dévoilé, avec l’équipe du festival, les contours de la deuxième édition de Recif, mardi 13 octobre, au centre culturel Tjibaou. Photo Anthony TejeroMettre sous le feu des projecteurs les réalisateurs émergents et les films du Pacifique, souvent méconnus et peu diffusés. C’est l’ambition du festival Recif, de retour à travers tout le pays pour sa deuxième édition, qui se déroulera du 30 octobre au 21 novembre.
Un festival qui prend ses marques
"On doit encore se faire connaître, mais l’histoire est en train de prendre forme et les liens avec les professionnels des autres territoires de la région commencent à se tisser", lance Delphine Vindin-Ollier, la déléguée générale du festival Recif, qui s’apprête à souffler sa deuxième bougie, du 30 octobre au 21 novembre.
Objectif : mettre en lumière les réalisateurs émergents (qui ont un à deux films à leur actif) du monde entier, mais surtout les œuvres du Pacifique, souvent confidentielles pour ne pas dire invisibles face aux géants des autres continents, qui déferlent sur les plateformes et dans les salles de la planète. Face à ce "tsunami", le festival a donc l’ambition d’œuvrer à défendre et promouvoir les spécificités culturelles de l’Océanie, qui ne manque pas de talents. Mais encore faut-il savoir les dénicher, et c’est tout l’enjeu de cette nouvelle manifestation.
"Ce n’est pas facile pour les productions du Pacifique d’être mises sous la lumière. La chance pour certaines, c’est d’être repérées par des festivals importants, ce qui permet ensuite de rayonner un peu plus, poursuit la déléguée générale de Recif qui, à sa petite échelle, œuvre en ce sens. C’est important d’inscrire les films dans les festivals, surtout pour ceux du Pacifique, parce que c’est vraiment le moyen pour ces œuvres de se faire connaître."
Une sélection riche et "proche" de nous
Cette année, douze films du Pacifique, dont trois courts et moyens-métrages calédoniens, seront en compétition de la sélection océanienne, qui a sa propre "patte" au sein du paysage audiovisuel mondial. Quête d’identité, angoisse environnementale… Certains thèmes sont omniprésents dans ces propositions qui offrent également de belles surprises. "Forcément, quand on voit un film qui a été tourné dans le Pacifique, quelle que soit son histoire, il y a quelque chose de l’ordre de la connexion et de la proximité qui se joue et qu’on ne peut pas ressentir devant un film américain ou européen, analyse Delphine Ollier-Vindin. C’est ce qui rend tout ça riche et précieux. C’est un autre cinéma dans une autre économie, mais avec des histoires qui parlent de chez nous et qui nous parlent."
En parallèle de cette sélection, quatorze longs-métrages de réalisateurs émergents seront proposés. Une programmation internationale, qui là encore n’oubliera pas la région, avec notamment la rediffusion du film vanuatais primé et même nommé aux Oscars Tanna.
Film fidjien en ouverture et invités internationaux
Après le film néo-zélandais Red, White and Brass l’an passé, cette deuxième édition fait la part belle à un long-métrage tout droit issu de Fidji : Bati, du réalisateur Andrew John Fakaua Ponton, avec la présence sur le Caillou de son acteur principal, James Rabuatokal, le temps du festival.
"C’était très important de miser sur ce genre de propositions à un moment où on est en train d’installer le festival. Car si chaque année, on tombe dans la facilité de ne programmer que des films qui ont des moyens de production plus importants, donc en portant davantage les films d’Australie et de Nouvelle-Zélande, on ne va pas complètement jouer le jeu du Pacifique, estime Delphine Ollier-Vindin. À un moment donné, identifier un long métrage qui a été réalisé avec des moyens plus réduits, mais qui nous embarque et qui a une belle sensibilité, est essentiel. Cela permet aussi de montrer à nos réalisateurs calédoniens que même si c’est difficile quand on n’a pas atteint le budget qu’on avait imaginé, on peut peut-être faire les choses différemment."
Aux côtés du Fidjien James Rabuatokal, deux autres invités internationaux feront le déplacement pour échanger sur leur film avec le public : Tadji Ulrich, scénariste et réalisateur plusieurs fois récompensé, basé à Melbourne, présentera son court-métrage The Wake ; Larissa Allen, actrice, productrice et scénariste néo-zélandaise, pour le film Avec Päkehä, qui a remporté le prix du meilleur court-métrage de fiction au Fifo 2026.
Concours et projections dans tout le pays
Le festival propose des projections dans les trois provinces, en salle comme en plein air, afin de faire rayonner le cinéma et rendre accessible la culture jusque dans les coins les plus reculés du pays. Des séances sont ainsi programmées dans quinze communes : Nouméa, Dumbéa, le Mont-Dore, Païta, La Foa, Bourail, Pouembout, Voh, Thio, Poindimié, Touho, Koumac, Hienghène, Bélep et Ouvéa.
Par ailleurs, plusieurs concours sont proposés à l’occasion de ce festival comme la catégorie 1,2,3 filmez, ouverte aux résidents de Nouvelle-Calédonie, de Polynésie Française, de Wallis-et-Futuna et du Vanuatu ou encore Jeunes talents, dédiée aux moins de 20 ans du pays. Une manière de susciter des vocations et, pourquoi pas, de boucler la boucle en identifiant les réalisateurs émergents de demain.
Note
Plus d’informations (séances, concours, sélection, etc.) sur le site internet de Recif (Réalisateurs émergents, cinéma international, films du Pacifique).
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