- Julien Mazzoni | Crée le 22.07.2026 à 05h00 | Mis à jour le 22.07.2026 à 05h00ImprimerL’avenir de l’Institut d’archéologie et la continuité de ses missions restent incertains, tandis que la paie de neuf salariés est aujourd’hui menacée. Photo archives IANCPLa Fédé a déposé un préavis de grève pour les 29, 30 et 31 juillet. Selon le syndicat, le départ de deux agentes mises à disposition par la Nouvelle-Calédonie laisse l’institut sans personne habilitée à autoriser les dépenses. Les salaires de juillet pourraient ne pas être versés. Explications.
Trois rassemblements devant les trois membres fondateurs de l’Institut d’archéologie de la Nouvelle-Calédonie et du Pacifique. La Fédé appelle les salariés à se mobiliser dès 7 heures le mercredi 29 juillet devant le gouvernement, le jeudi 30 devant la province Sud, et le vendredi 31 devant l’antenne de la province Nord.
À l’origine de ce conflit, le retour à la Nouvelle-Calédonie de deux agentes qui travaillaient au sein de l’institut, sa directrice, Sandra Maillot, et son adjointe, Delphine Delafosse. Selon Steeve Territehau, secrétaire général de la Fédé, deux arrêtés ont mis fin à leur mise à disposition. Contactée, Sandra Maillot a confirmé ne plus exercer ses fonctions depuis le 1er juillet.
Plus personne pour autoriser la paie
En tant que directrice, Sandra Maillot était également chargée d’autoriser les dépenses de l’établissement. En clair, c’était elle (ou son adjointe, par délégation) qui signait les documents nécessaires pour que la Trésorerie puisse procéder aux paiements. Mais, selon la Fédé, les deux agentes ont été rappelées et n’ont pas été remplacées.
Pour le syndicat, cette vacance empêche désormais le versement des salaires de juillet. Neuf salariés pourraient ainsi ne pas recevoir leur paie, sans qu’aucune solution ne leur ait été annoncée.
La Fédé affirme que le gouvernement et les autres institutions ont été alertés depuis plus de deux mois. Elle demande à la Nouvelle-Calédonie de revenir provisoirement sur l’une des décisions, ou de remettre l’une des agentes à disposition, le temps d’assurer la paie, et réclame également la prise en charge d’éventuels frais bancaires provoqués par l’absence de versement.
Une transition qui s’éternise
Créé en 2009 par la Nouvelle-Calédonie et les provinces Nord et Sud, l’Institut d’archéologie est notamment chargé d’effectuer des inventaires, de mener des fouilles de sauvetage et des opérations de conservation du patrimoine.
Son avenir était déjà incertain. En novembre 2025, Sandra Maillot expliquait aux Nouvelles calédoniennes que les effectifs étaient progressivement passés de seize à neuf agents. Elle signalait également les difficultés de la Nouvelle-Calédonie à financer sa part et les discussions engagées avec les provinces pour maintenir l’activité, sous une autre forme.
Les comptes confirment ce changement. En 2025, l’Institut a reçu 40 millions de francs de la Nouvelle-Calédonie et 29,9 millions des provinces. Son budget prévisionnel 2026 n’inscrit plus de participation de la Nouvelle-Calédonie, mais 71 millions attendus des provinces. Dans son budget, la province Sud a, quant à elle, inscrit 24 millions de francs pour "l’IANCP ou la structure prenant sa suite".
Selon la Fédé, cette nouvelle structure n’existe toujours pas et l’institut n’a pas été officiellement dissous. Sollicité, le cabinet du président Alcide Ponga n’a pas répondu à l’heure où nous écrivions ces lignes.
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