- Baptiste Gouret | Crée le 05.09.2026 à 09h12 | Mis à jour le 05.09.2026 à 09h12ImprimerAprès une semaine de rencontres, les membres de la délégation transpartisane ont achevé leur mission, ce samedi 5 septembre. Photo Outremers360Après avoir annoncé, jeudi 3 septembre, une aide de plus de 60 milliards de francs pour 2026 et 2027 à destination de la Nouvelle-Calédonie, l’État propose de s’engager "dans la durée" en ouvrant la négociation avec les élus calédoniens pour conclure, d’ici la fin de l’année, un "contrat financier pluriannuel" jusqu’en 2031, portant notamment sur le désendettement du territoire.
Après l’aide d’urgence obtenue par la délégation transpartisane auprès du Premier ministre, Sébastien Lecornu, l’État annonce ce samedi 5 septembre l’ouverture des négociations avec les élus calédoniens pour bâtir, d’ici la fin de l’année, un "nouveau contrat financier pluriannuel sur une période de 2027 à 2031", indique le gouvernement français dans un communiqué.
Alors que l’État s’est engagé, jeudi 3 septembre, à verser plus de 62 milliards de francs à la Nouvelle-Calédonie pour 2026 et 2027, "il faut désormais donner de la visibilité", indique le communiqué. "L’enjeu est désormais de sortir d’une logique de soutien dans l’urgence pour construire un cadre financier stable, pluriannuel et responsable."
Le contrat reposera sur une "responsabilité partagée" entre l’État et la Nouvelle-Calédonie. Celui-ci promet ainsi un "soutien permettant d’accompagner le redressement, de maîtriser la dette et de donner à la Nouvelle-Calédonie la visibilité nécessaire pour agir".
Apporter une réponse à la dette
En échange, la Nouvelle-Calédonie "poursuivra les réformes nécessaires au retour à l’équilibre de ses finances publiques et sociales et à l’amélioration de leur gouvernance". Il s’agira également "d’apporter une réponse durable à la question de la dette" calédonienne, qui a atteint un niveau record (environ 188 milliards de francs).
La mission sera conduite, pour l’État, par le haut-commissaire, Jacques Billant, et le directeur de la Mission interministérielle pour la Nouvelle-Calédonie, Amaury Decludt. "Au niveau de la Nouvelle-Calédonie, ce sera le gouvernement", avait indiqué son président, Milakulo Tukumuli, à nos partenaires Outremers360.
Dans son communiqué, l’État salue également "la volonté de réforme" exprimée par ce dernier dans sa déclaration de politique générale et "l’engagement des responsables calédoniens à avancer notamment sur les sujets de santé et de retraite, afin de remettre durablement les comptes sociaux sur une trajectoire soutenable, redonner des marges de manœuvre, de la stabilité et une perspective aux Calédoniennes et aux Calédoniens".
Après une ultime rencontre avec Emmanuel Macron, les élus calédoniens repartent de Paris rassurés

Les membres de la délégation transpartisane ont rencontré le président de la République, Emmanuel Macron, vendredi 4 septembre, à l’Élysée. Photo Gouvernement de la Nouvelle-CalédonieLa délégation transpartisane d’élus de Nouvelle-Calédonie a achevé, vendredi 4 septembre à l’Élysée, une semaine de mission à Paris. Elle en sort rassurée sur l’aide financière de l’État. "La première victoire, c’est qu’on a fait quelque chose ensemble" malgré les divergences, s’est félicité le président du gouvernement calédonien, Milakulo Tukumuli, chef de la délégation.
Après l’annonce jeudi 3 septembre par le Premier ministre Sébastien Lecornu d’une aide allant jusqu’à 55 milliards de francs pour 2027, dont "une majorité de subventions", le risque de ne pas finir 2026 "n’existe plus", a-t-il assuré.
Les informations obtenues auprès de l’État "nous rassurent et rassurent nos compatriotes", a abondé Billy Forest, de l’Union nationale pour l’indépendance (UNI), membre indépendantiste de la délégation.
Des offres finalisées pour les usines "début septembre"
Endettée d’environ 188 milliards de francs de prêts garantis par l’État depuis le Covid et les émeutes, la Nouvelle-Calédonie doit rembourser plus de 9 milliards rien qu’en 2027, selon le gouvernement calédonien.
Le dossier de l’industrie du nickel a longuement été abordé durant la réunion à l’Élysée. Il n’y aura "pas de relance économique en Nouvelle-Calédonie sans reprise de nos usines de nickel", a insisté la présidente du Congrès, Virginie Ruffenach (loyaliste).
Pilier historique de l’économie calédonienne, le nickel symbolise à lui seul le décrochage du territoire. En 2019, trois usines métallurgiques étaient en activité : la Société Le Nickel (SLN) à Doniambo, Koniambo Nickel SAS (KNS) dans le Nord et l’usine du Sud, devenue Prony Resources.
En 2026, l’une est à l’arrêt : KNS cherche toujours un repreneur depuis 2024. Prony Resources, toujours en activité, est à vendre, tandis que la SLN ne survit que grâce au soutien continu de l’État. Selon Mme Ruffenach, le président Emmanuel Macron s’est dit "déterminé à voir un aboutissement favorable dans les prochains jours" sur de potentiels repreneurs.
L’État attend des offres finalisées "pour début septembre" et décidera "à l’aune de ce qui sera posé sur la table", a précisé le député indépendantiste Emmanuel Tjibaou. Des groupes indiens, émiratis et chinois se sont positionnés sur ces usines, a expliqué le député Nicolas Metzdorf, en regrettant l’absence d’entreprises "françaises ou européennes".
Sur l’avenir institutionnel, la délégation a dit au président qu’il y avait eu "trop d’ascenseurs émotionnels" et qu’elle ne voulait pas de discussions avant le prochain mandat de l’Assemblée nationale et le prochain président de la République, a rapporté Mme Ruffenach.
Conclu en juillet 2025, l’accord de Bougival, qui prévoyait un État de Nouvelle-Calédonie dans la France, a été rejeté par le FLNKS un mois après sa signature, puis par l’Assemblée nationale le 2 avril.
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