Sud
  • Fabien Dubedoutlnc.provinces@lnc.nc | Crée le 31.03.2018 à 04h25 | Mis à jour le 31.03.2018 à 04h25
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    Des conseillers municipaux de la liste FLNKS avaient déjà démissionné en 2014. Depuis l’élection d’Alexandre Nemebreux, la situation est tendue à Sarraméa. Photo Archives
    Sud. Alors que le conseil était réuni hier matin pour l’approbation du compte administratif 2017 ainsi que pour la proposition de budget 2018, deux listes ont démissionné. De nouvelles élections devront être organisées.

    «Sarraméa, c’est spécial, ce n’est pas comme les autres communes », s’amuse Alexandre Nemebreux, quelques heures après la démission des élus municipaux de deux groupes, ce qui met prématurément fin à son mandat de maire. « Je prends ça avec le sourire, mais avec mon équipe, on est déçu. On aurait aimé terminer la mandature. »

    Hier matin avait lieu le conseil municipal de la dernière chance, car sans vote du budget, Sarraméa risquait la mise sous tutelle. La séance du 9 mars, qui devait étudier l’approbation du compte administratif 2017 ainsi que la proposition de budget 2018, a été reportée, faute de quorum. Le 13 mars, le budget a finalement été rejeté, par le groupe FLNKS, mais aussi par Ensemble pour Sarraméa, jusque-là dans la majorité. Mardi dernier, rebelote, nouvelle convocation et de nouveau, pas de quorum.

    Ce vendredi matin, non seulement le budget n’a pas été voté, mais en plus les élus du groupe mené par Prisca Holéro ont démissionné, de même que ceux conduits par Jean-Charles Moglia, le premier adjoint. « On a examiné le même dossier, nous avons posé les mêmes questions, les réponses ont à peine varié », explique Prisca Holéro. « Nous, ça ne nous convient pas, alors on sort. »


    majorité fragile

    Les élus Entente communale d’Alexandre Nemebreux ne sont pas assez nombreux pour constituer un conseil municipal. Sarraméa suit de près la commune de Bourail, qui a elle aussi perdu son conseil municipal. Mais ce n’est pas une première pour la petite municipalité de la Chaîne. En 2009 déjà, à la suite de violentes tensions au sein du conseil municipal, le budget avait été rejeté et la commune placée sous tutelle de l’Etat.

    A Sarraméa, les élections ont donné lieu à des majorités inattendues et parfois fragiles. L’élection d’Alexandre Nemebreux a été elle-même le résultat d’un curieux imbroglio en 2014. Depuis, la situation politique est tendue, mais l’alliance qu’il a formée avec Ensemble pour Sarraméa a tenu le coup. Jusqu’à hier.

    « La majorité ne marche plus », résume simplement Prisca Holéro, qui a toujours réclamé avec Franck Bonnard (groupe Modernité et tradition) un retour aux urnes.

    « Ce n’était pas facile de travailler avec eux », admet aujourd’hui Alexandre Nemebreux. « On savait que ça n’allait par durer éternellement ». Pour le maire, le revirement de son allié Jean-Charles Moglia, que nous n’avons pas réussi à joindre, serait dû au fait qu’il « voulait une autre place d’adjoint pour un de ses élus ». Les élus d’opposition pointent, quant à eux, des projets controversés comme le lotissement communal. « Un prétexte », selon le premier magistrat.

    Des documents doivent encore être transmis au haut-commissariat pour un contrôle de légalité qui confirmera le retour aux urnes. Si la légalité est confirmée, Sarraméa connaîtra le même scénario que l’île des Pins, Ouégoa, Hienghène et bientôt Bourail. Des « élections partielles » pour le renouvellement intégral du conseil devront être organisées.

    « Je ne sais pas si je vais continuer, je ne sais pas si j’aurai l’énergie », annonce d’ores et déjà Alexandre Nemebreux. « Ma conscience est tranquille », affirme le maire, qui regrette que des projets comme le lotissement communal et l’unité de traitement de l’eau sur Grand Couli ne puissent pas aboutir.

    Au FLNKS, rien n’est avancé : « On attend les retours du Comité des signataires », se contente-t-on de commenter.

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