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  • Anne-Claire Pophillat | Crée le 09.04.2026 à 10h35 | Mis à jour le 09.04.2026 à 10h35
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    Selon l’Iata, principale association mondiale de compagnies aériennes, il faudra des mois pour que la situation revienne à la normale dans le transport aérien. Photo Fred Tanneau / AFP
    Le retour à la normale de l’approvisionnement en kérosène du secteur aérien et une décrue des prix des hydrocarbures prendront "plusieurs mois", même en cas de réouverture durable du détroit d’Ormuz, a averti mercredi 8 avril, le directeur général de l’Iata, principale association mondiale de compagnies aériennes.

    "Je pense qu’il faudra encore plusieurs mois pour retrouver le niveau d’approvisionnement nécessaire, compte tenu des perturbations des capacités de raffinage au Moyen-Orient, qui constituent un maillon essentiel de l’approvisionnement mondial en produits raffinés", a affirmé Willie Walsh, lors d’une conférence à Singapour.

    Il s’exprimait peu après l’annonce d’un cessez-le-feu accepté pour deux semaines par les États-Unis et l’Iran, avec une réouverture attendue du détroit d’Ormuz, par où transite d’ordinaire 20 % du pétrole mondial, mais quasiment bloqué depuis le début du conflit.

    "L’annonce (de la trêve) a entraîné une baisse très significative du prix des pétroles bruts", qui dévissaient de plus de 15 % mercredi, "mais il faudra encore des mois pour revenir au niveau souhaité. Je ne pense pas que cela se fera en quelques semaines", a poursuivi Willie Walsh.

    Une hausse du coût des billets inévitable

    Le transport aérien est "un secteur qui peut être rentable même avec des prix du pétrole élevés. Ce qui pose problème, c’est la réaction à court terme face à cette augmentation rapide", a-t-il par ailleurs noté. "Le levier le plus immédiat" sera de "répercuter la hausse des coûts sur les prix des billets. C’est inévitable", a-t-il insisté.

    Particulièrement affectés par le conflit : les transporteurs du Golfe, soutenus par les pétromonarchies et spécialisés dans les vols long-courriers en correspondance, via leurs plateformes de Dubaï, Abou Dhabi et Doha. "Je considère ce problème comme temporaire. Je pense que les hubs du Golfe se redresseront, et très rapidement. Bien entendu, la réduction de la capacité au Moyen-Orient", qui s’est évanouie "du jour au lendemain", aura "un impact à court terme", a souligné Willie Walsh.

    Certaines compagnies européennes avaient renforcé leurs liaisons directes vers l’Asie, pour répondre à la demande suscitée par la paralysie des hubs du Golfe, mais sans pouvoir déployer guère plus de "1 %" de capacité en plus, avait prévenu le patron de l’Iata en mars. "En aucun cas les capacités des transporteurs du Golfe ne pourront être remplacées par les compagnies européennes", avait-il alors jugé.

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