fbpx
    Nouvelle Calédonie
  • Julien Mazzoni | Crée le 29.05.2026 à 08h47 | Mis à jour le 29.05.2026 à 08h47
    Imprimer
    La brigade de la criminalité financière de la police nationale a enquêté plusieurs mois sur ce système d’escroqueries mêlant faux recrutements, usurpations d’identité et financements frauduleux. Photo Julien Mazzoni
    Une femme de 44 ans a été condamnée mardi 26 mai à deux ans de prison, dont un sous bracelet électronique, après une vaste affaire d’escroqueries et d’usurpations d’identité ayant visé des particuliers, des banques et des organismes publics. L’enquête a mis au jour un système reposant notamment sur de faux recrutements publiés en ligne.

    Le parquet de Nouméa a annoncé jeudi 28 la condamnation deux jours plus tôt d’une femme de 4 ans poursuivie dans le cadre d’une procédure "plaider coupable" pour une série de faits de faux, usage de faux, usurpations d’identité et escroqueries commis entre janvier 2024 et janvier 2026.

    La prévenue, domiciliée à Nouméa, a reconnu l’intégralité des faits. Elle a accepté la peine proposée par le parquet : deux ans d’emprisonnement, dont un an assorti d’un sursis probatoire pendant deux ans, avec obligation d’indemniser les victimes et de rembourser les sommes dues au Trésor public. La partie ferme de la peine sera exécutée sous bracelet électronique.

    Selon le procureur de la République, Yves Dupas, l’enquête, menée par la brigade de la criminalité financière de la police nationale, avec l’appui du Groupe interministériel de recherches (Gir) et de l’Office anti-cybercriminalité, a mis au jour un système frauduleux particulièrement bien élaboré.

    L’affaire débute en septembre 2025, après un signalement de la direction des services fiscaux. Quatre personnes contestent des immatriculations au Ridet réalisées à leur nom sans leur consentement. Toutes assurent n’avoir jamais créé d’entreprise ni demandé de patente.

    Faux recrutements sur Internet

    Les investigations ont permis d’identifier sept immatriculations frauduleuses réalisées à partir de documents récupérés lors de faux recrutements publiés sur Internet. Selon le parquet, la quadragénaire diffusait des annonces d’embauche pour une société censée ouvrir un commerce, alors qu’aucun local ni bail commercial n’existaient réellement.

    Lors des entretiens, les candidats transmettaient des copies de leur pièce d’identité et des relevés d’identité bancaire. Ces documents étaient ensuite utilisés, à leur insu, pour créer des entreprises fictives au Ridet à l’aide de faux justificatifs.

    Le système servait ensuite à monter des dossiers de financement automobile frauduleux sous forme de locations longue durée ou avec option d’achat. Cinq demandes auraient été déposées auprès d’établissements de crédit. Deux ont abouti à la livraison effective de véhicules utilisés par la mise en cause.

    Déjà frappée d’une interdiction bancaire et sans ressources, la prévenue utilisait l’identité d’un tiers pour contourner les refus de financement, indique le parquet. Les véhicules ont finalement été restitués après des impayés. Mais l’un des organismes de crédit estime son préjudice à environ 8 millions de francs.

    Chèques sans provision

    L’enquête a également révélé l’ouverture frauduleuse de comptes bancaires, notamment auprès de la BNP. Selon le procureur, la prévenue utilisait de faux justificatifs et déposait des chèques sans provision afin de retirer rapidement de l’argent avant leur rejet, dans un mécanisme dit "d’effet cavalerie". La banque évalue les sommes débitées et les pénalités à près de 7 millions de francs.

    D’autres faux documents auraient aussi été transmis à EEC afin d’obtenir l’alimentation électrique du logement occupé par la quadragénaire.

    Au total, vingt-quatre victimes ont été recensées dans cette affaire, parmi lesquelles des particuliers, plusieurs établissements bancaires et sociétés de crédit, ainsi que des organismes publics, dont la direction des services fiscaux et la Nouvelle-Calédonie.

    Le parquet précise, enfin, qu’aucune saisie criminelle n’a pu être effectuée, la condamnée ne disposant d’aucun patrimoine identifiable.

    MERCI DE VOUS IDENTIFIER
    X

    Vous devez avoir un compte en ligne sur le site des Nouvelles Calédoniennes pour pouvoir acheter du contenu. Veuillez vous connecter.

    J'AI DÉJA UN COMPTE
    Saisissez votre nom d'utilisateur pour LNC.nc | Les Nouvelles Calédoniennes
    Saisissez le mot de passe correspondant à votre nom d'utilisateur.
    JE N'AI PAS DE COMPTE

    Vous avez besoin d'aide ? Vous souhaitez vous abonner, mais vous n'avez pas de carte bancaire ?
    Prenez contact directement avec le service abonnement au (+687) 27 09 65 ou en envoyant un e-mail au service abonnement.
  • DANS LA MÊME RUBRIQUE
  • VOS RÉACTIONS