- Baptiste Gouret | Crée le 01.08.2026 à 05h00 | Mis à jour le 01.08.2026 à 05h00ImprimerLe haut-commissaire, Jacques Billant, entouré de la maire de Nouméa, Sonia Lagarde et de la directrice de la police nationale Marjorie Ghizoli, ce vendredi 31 juillet à Tuband. Photo LNC / Baptiste GouretUne centaine de policiers ont été déployés dans le quartier de Tuband ces trois derniers jours à la demande du haut-commissariat, donnant lieu à 17 perquisitions et 14 interpellations. L’intervention a permis de "mettre hors d’état de nuire" un groupe de délinquants qui multipliaient les cambriolages dans le secteur ces derniers mois. Plus largement, ce genre d’opérations conjointes, amenées à se répéter, doit permettre de restaurer la qualité de vie et la sécurité des habitants dans certains quartiers marqués par la délinquance.
Le quartier de Tuband a été le théâtre, ces trois derniers jours, d’une opération policière d’une ampleur inédite. À la demande du haut-commissariat, et sur accord du procureur de la République, 115 policiers y ont été déployés entre mercredi 29 juillet et vendredi 31 juillet. Dix-sept perquisitions ont été réalisées. L’intervention a donné lieu à un vaste coup de filet, à l’issue duquel 14 personnes âgées de 15 à 24 ans ont été placées en garde à vue. Parmi elles, plusieurs jeunes hommes sont soupçonnés d’être les auteurs d’un vol en réunion survenu au Carrefour Market de N’Géa, le 6 juin. Quatre des mis en cause ont été déférés devant le parquet, ce vendredi.
Ces interpellations sont le fruit de plusieurs mois d’enquête menée par la direction territoriale de la police nationale autour du quartier de Tuband, où sévissait "une bande de jeunes délinquants" à l’origine de "quatre dossiers d’envergure de vols aggravés", a mis en lumière Marjorie Ghizoli, directrice de la police nationale, lors d’une conférence de presse organisée par le haut-commissariat ce vendredi 31 juillet. "Il fallait absolument que force revienne à la loi et mettre hors d’état de nuire cette bande de voyous."
Une délinquance qui évolue
Toujours marqué par les conséquences des émeutes de 2024, le quartier de Tuband fait partie de ces secteurs touchés par une multiplication des actes de délinquance depuis quelques mois. "C’est un secteur qui demeure sensible", confirme le haut-commissaire, Jacques Billant. Surtout, les forces de sécurité notent une évolution dans la nature des délits et des méthodes employées, avec notamment un développement des vols en réunion et des auteurs de plus en plus cagoulés.
"On voit le phénomène s’amplifier", confirme Jacques Billant. "Il y a aussi un travail d’identification avant le passage à l’acte, notamment pour repérer les faiblesses des commerces ciblés, qu’on n’avait pas l’habitude d’observer", abonde le commissaire Xavier Rauch, chef du service territorial de la sécurité publique. L’opération "place nette" menée cette semaine visait justement à stopper au plus tôt la progression de ce genre de pratiques et éviter l’installation en Nouvelle-Calédonie d’une "délinquance organisée".
Pour y parvenir, le haut-commissariat a ainsi souhaité aborder "les choses de manière globale". Ce vendredi, aux côtés de Jacques Billant et des responsables des forces de sécurité intérieure, la Société immobilière de Nouvelle-Calédonie (SIC), la ville de Nouméa ou encore du Syndicat intercommunal du Grand Nouméa (SIGN) étaient également représentés pour défendre face à la presse le succès d’une "opération partenariale". Car celle-ci ne s’est pas bornée aux interpellations et à une présence policière de trois jours.
Il s’agissait plus largement "d’améliorer le cadre de vie des habitants". Treize carcasses de voitures datant des émeutes ont été retirées de la voie publique (vingt-deux autres le seront dans les prochains jours), des graffitis ont été effacés des murs des bâtiments, des travaux de réparation ont été réalisés… Jusqu’à l’élagage d’une partie de la végétation dans laquelle se dissimulaient certains délinquants lors de l’intervention des forces de l’ordre à Tuband.
Angoisse des habitants
"Prises à titre individuel, ça ne semble pas grand-chose, mais toutes ces actions mises bout à bout prennent une importance toute particulière", note Benoît Naturel, directeur de la SIC. Une façon, aussi, de "reprendre le contrôle de l’espace public" et de "réaffirmer qu’il n’y a pas de zone de non-droit en Nouvelle-Calédonie", insiste Jacques Billant. À la clé : "restaurer la qualité de vie de la population" et combattre un sentiment d’insécurité qui, à en croire les autorités, se serait développé. "L’absence de lumière, les épaves de voitures, les tags… Tout ça participe à une angoisse que peuvent avoir les habitants", estime Marjorie Ghizoli.
"C’est une opération qui montre que, quand on se donne les moyens et qu’on travaille tous ensemble, on fait preuve d’une certaine efficacité", a salué la maire de Nouméa, Sonia Lagarde. Elle y voit également la preuve que "nous sommes tous en phase sur ce qu’il est nécessaire de faire pour assainir ce quartier, qui en avait bien besoin. Il faudra d’ailleurs se pencher sur d’autres secteurs." En effet, la problématique d’une progression de la délinquance d’appropriation ne se limite pas à Tuband. Les autorités évoquent, sans les nommer, "cinq ou six quartiers" de Nouméa dans lesquelles des opérations similaires devraient être menées prochainement.
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