- Baptiste Gouret | Crée le 07.09.2026 à 16h30 | Mis à jour le 07.09.2026 à 16h30ImprimerDes ministres d’Australie, du Vanuatu, des Kiribati et de Polynésie française ont été accueillis par les autorités françaises et calédoniennes, ce lundi 7 septembre, dans les jardins du centre culturel Tjibaou, pour le lancement de la 11e conférence nature. Photo Baptiste GouretDes ministres de la région ont été accueillis, ce lundi 7 septembre, au centre culturel Tjibaou pour le lancement de la 11e Conférence sur la conservation de la nature et des aires protégées. Les échanges se poursuivront toute la semaine et devront aboutir à une déclaration commune, fixant les engagements et les actions de l’ensemble des pays du Pacifique dans la lutte contre le changement climatique, bientôt défendus devant les instances internationales.
Pas moins de 400 représentants des pays du Pacifique étaient réunis, ce lundi 7 septembre, dans la salle Sisia du centre culturel Tjibaou pour l’ouverture de la 11e Conférence sur la conservation de la nature et des aires protégées. Ils plancheront, jusqu’à vendredi, sur l’élaboration d’actions et de solutions pour résister – ou du moins s’adapter – au changement climatique, dans une région particulièrement exposée à ses conséquences. "Nous devons faire ce qu’il faut pour faire face à un réchauffement de + 1,5 °C [l’objectif ambitieux de l’accord de Paris, NDLR], en gardant à l’esprit que ça peut encore être bien pire", a mis en garde le Fidjien Sefanaia Nawadra, directeur général du Programme régional océanien de l’environnement (PROE), coorganisateur de l’évènement.
Cohésion régionale
Conscients du "danger" qui guette et menace les générations futures, les États du Pacifique misent désormais sur leur union pour "être à la hauteur des enjeux", a exhorté Johanito Wamytan, membre du gouvernement chargé du climat. "Il faut que l’on puisse définir, ensemble, un chemin commun pour la préservation et la conservation de notre environnement." Une ambition également exprimée par Milakulo Tukumuli. En déplacement à Paris, le président du gouvernement s’est adressé à ses homologues du Pacifique dans une allocution vidéo, où il a notamment qualifié ce rendez-vous d'"occasion exceptionnelle de renforcer notre cohésion régionale". "Aucun de nous ne pourra agir seul", a affirmé le chef de l’exécutif calédonien.

Plusieurs allocutions des ministres de la région ont ouvert la conférence nature, ce lundi 7 septembre. Photo Baptiste GouretLes cinq jours d’échanges et de tables rondes aborderont des dizaines de thématiques et devraient aboutir à l’adoption d’une déclaration commune, à l’instar de celle signée par les treize États et territoires du Pacifique insulaire en novembre 2020, à l’issue de la 10e édition, déjà organisée en Nouvelle-Calédonie. Vingt et une pistes d’action avaient été rédigées. "L’idée c’est de poser les grandes bases" d’une stratégie partagée, fait valoir Johanito Wamytan.
Porter la voix des "premières victimes"
Sur le sujet, la Nouvelle-Calédonie peut servir de "site pilote" pour mener une vaste expérimentation sur la lutte contre les effets du changement climatique, estime le membre du gouvernement. "On a un parc marin, plusieurs aires protégées, des centres de recherche et un vivier de scientifiques propices pour imaginer des solutions à partager avec le reste de la région." A cela s’ajoute "une vision autochtone" de l’environnement chère à plusieurs pays représentés. "Notre travail doit consister, dans une période de crise, à poursuivre ce qui a été fait par nos ancêtres", a notamment affirmé Ralph Regenvanu, ministre de l’Adaptation au changement climatique du Vanuatu.

Une cérémonie coutumière a eu lieu dans les jardins du centre culturel Tjibaou, avant le lancement de la 11e conférence nature. Photo Baptiste GouretLa déclaration commune, intitulée "Môo Mâ Awé", servira également de support pour faire entendre la voix des pays du Pacifique, "premières victimes" du changement climatique, auprès d’instances internationales souvent confisquées par les puissances occidentales. En ligne de mire : la 17e Conférence des parties de la Convention sur la biodiversité biologique, du 19 au 30 octobre à Erevan (Arménie) et la COP31, prévue du 9 au 20 novembre à Antalya, en Turquie. "On rassemble nos affaires et on les place dans un même panier" que l’Australie se chargera de porter lors de ce grand rendez-vous planétaire, illustre Johanito Wamytan. "On doit amplifier notre voix", a également encouragé Sefanaia Nawadra.

Plusieurs centaines de responsables politiques, dirigeants d’associations et d’organisations gouvernementales participent aux cinq jours de discussions. Photo Baptiste GouretMERCI DE VOUS IDENTIFIER
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