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    Grand Nouméa
  • Baptiste Gouret | Crée le 28.08.2026 à 12h20 | Mis à jour le 28.08.2026 à 12h21
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    La mairie du Mont-Dore a réuni l’ensemble des parties prenantes, jeudi 27 août, pour présenter le projet de viaduc entre La Coulée et Boulari. Photo Ville du Mont-Dore
    La municipalité a réuni, jeudi 27 août, les représentants des institutions, les associations, les acteurs économiques et les responsables coutumiers à l’hôtel de ville pour la première réunion du "comité consultatif" consacré à la route de contournement de la RP1. Une tentative de ranimer un serpent de mer, après dix ans d’études sans lendemain, et d’envisager de nouvelles pistes de financement.

    "Là où il y a une volonté, il y a un viaduc !" Projeté au mur de la salle d’honneur de l’hôtel de ville, le détournement proverbial traduit la démarche entamée jeudi 27 août par la majorité municipale du Mont-Dore. En réunissant pour la première fois les membres du "comité consultatif sur la deuxième route du Mont-Dore", créé le 11 juin par délibération municipale, la maire Nina Julié et ses soutiens ont affiché leur ambition de créer une nouvelle dynamique autour du projet de viaduc entre La Coulée et Saint-Michel.

    Évoqué depuis plus de dix ans, ce serpent de mer est au point mort malgré plusieurs études menées ces dernières années, financées par l’État et la province Sud dans le cadre de deux contrats de développements successifs. "Mais jamais l’ensemble des parties n’avaient été réunies", s’est félicitée Nina Julié, au terme d’une réunion entre les représentations d’institutions (mairie du Mont-Dore et de Yaté, État, gouvernement et province Sud), les acteurs économiques, les associations et les responsables coutumiers. "Personne n’a fermé la porte, tout le monde est resté et le débat était apaisé, je suis rassurée", a rapporté la première édile.

    Un coût "astronomique"

    Fer de lance du projet de viaduc depuis 2016, l’association Citoyen mondorien a partagé l’enthousiasme de Nina Julié autour de la création du comité consultatif. "On l’appelait de nos vœux, donc on est très satisfaits, a réagi Jean-Luc Chevalier, trésorier de l’association. Ça permet à chaque participant d’exprimer son avis, ses attentes et ses propositions." Une partie des acteurs continue toutefois d’exprimer des réserves sur un projet loin d’avoir fait ses preuves en termes de faisabilité. Malgré dix ans d’études, "aujourd’hui, il n’y a rien de concret", constate Adolphe Moyatea, grand chef du Mont-Dore, présent lors de la réunion du comité.


    Le coût du projet est estimé à environ 50 milliards de francs. Illustration Province Sud

    Promesse de campagne, la réalisation d’un viaduc demeure, aux yeux de la nouvelle majorité, l’unique solution pour répondre aux enjeux de sécurité, de transports et de développement économique de la commune. Les émeutes de 2024 et les récents épisodes de délinquance autour de Saint-Louis ont renforcé cette conviction. Reste la question du financement. Le coût du projet, estimé à près de 50 milliards de francs pour un ouvrage de 4,2 km explique à lui seul la fébrilité de la puissance publique. "C’est astronomique. On cherche à construire un budget pour le pays et on va envoyer 60 milliards là-dedans ?", s’interroge Adolphe Moyatea.

    Selon plusieurs personnes présentes à la réunion, organisée à huis clos, la commissaire déléguée de la République pour la province Sud, Catherine Merckx, aurait indiqué que l’État n’était pas en mesure de financer seul une telle infrastructure. "L’État n’a pas été si catégorique, relativise Jean-Luc Chevalier. Ce qu’il attend, c’est d’abord un engagement et un courage politique de la part de nos élus."

    Entre 3 000 et 5 000 emplois

    En attendant, d’autres pistes de financement sont à l’étude, en particulier du côté du secteur privé. "Évidemment, on préférerait que l’État finance, notamment parce qu’on considère qu’il a le devoir de protéger les Mondoriens, mais le secteur économique a lui-même confirmé qu’un financement en partie privé était envisageable", indique Nina Julié. Un partenariat public-privé qui pourrait déboucher sur une "concession sur le viaduc". Une forme de financement qui entraînerait toutefois la mise en place d’un péage, pour supporter un coût d’entretien estimé à 455 millions de francs sur dix ans. À quel tarif pour les automobilistes ? "Il faudra voir le niveau d’acceptation des administrés."


    Le scénario retenu prévoit un tracé de plus de 4 km entre La Coulée et la pointe Babin. Infographie LNC

    Après une décennie de réflexions sur le sujet, les solutions doivent donc encore être affinées collectivement. Quoi qu’il en soit, "il faut ouvrir le champ des possibles" pour espérer que le projet avance, estime la maire. Dans sa tentative de séduire les institutions, la majorité municipale mise également sur le rôle qu’il pourrait jouer dans la relance économique du territoire. Elle estime ainsi entre 3 000 et 5 000 emplois directs et indirects nécessaires pour mener à bien "huit à dix ans de travaux" de construction du viaduc.

    Les membres du comité se sont engagés à se revoir lors de la restitution, dans les prochains mois, des résultats de plusieurs études en cours.

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