- Baptiste Gouret | Crée le 04.06.2026 à 16h45 | Mis à jour le 04.06.2026 à 16h47ImprimerUne nouvelle étude d’impact concernant la construction d’un viaduc entre le Vallon-Dore et Boulari doit être lancée en août. Image Province SudLe projet pharaonique de construction d’un viaduc entre La Coulée et Boulari a franchi une nouvelle étape, avec la publication fin mai d’un appel d’offres de la province Sud pour la réalisation d’une vaste étude concernant les répercussions environnementales, mais également économiques d’un tel édifice. Elle rendra ses conclusions début 2027.
Indispensable pour les uns, illusoire pour les autres, le projet de viaduc au Mont-Dore vient de connaître une nouvelle avancée. La province Sud, à travers sa direction de l’aménagement, de l’équipement et des moyens (DAEM), a publié le 27 mai un appel d’offres pour la réalisation d’une "étude de risque et d’impact environnemental", dans la perspective de la construction de cet édifice, long de 4,1 km et censé relier la pointe Babin, à Boulari, à la route de la Corniche, côté Vallon-Dore.
Ce serpent de mer, estimé à 60 milliards de francs, doit permettre de contourner la RP1, une route engorgée et confrontée à des problèmes de sécurité récurrents. Pendant les émeutes, les habitants du sud de la commune avaient notamment été coupés du reste du territoire pendant plusieurs mois, en raison des violences entre les forces de l’ordre et des jeunes de la tribu de Saint-Louis.
Obtenir "une vision complète"
L’étude, dont la durée est estimée à six mois, visera à "affiner la définition des contraintes et hypothèses dimensionnantes liés aux risques naturels, et plus largement de l’ensemble des données nécessaires au projet", dit le dossier d’appel à concurrence, dans la perspective d’une "première version du programme d’ouvrage d’art".
"Plusieurs thématiques seront abordées afin d’obtenir une vision complète de l’environnement dans lequel sera construit ce viaduc", explique Jean-Pierre Breymand, directeur de la DAEM. Il sera notamment question d’analyser le "niveau marin", pour anticiper son élévation probable en lien avec le changement climatique et "ses conséquences" sur l’édifice. La survenue "d’un éventuel tsunami" devra également être prise en compte. Le cabinet retenu aura aussi pour mission de dresser "un inventaire des espèces protégées" présentes dans la zone concernée, ainsi que "la composition des fonds marins".

L’ouvrage de 4,1 km reliera la pointe Babin, à Boulari, à La Coulée. Illustration DAEML’étude ne s’arrêtera pas à l’aspect environnemental ou climatique, puisqu’elle s’intéressera, d’autre part, "au volet économique", indique Jean-Pierre Breymand. Le désenclavement économique et touristique du Vallon-Dore, et plus globalement du Grand Sud, par une amélioration des déplacements représente un enjeu important. "L’idée est de savoir quels sont réellement les besoins des habitants du sud du Mont-Dore, d’estimer la fréquentation de cet axe, mais aussi les modes de déplacement souhaités, pour évaluer par exemple la pertinence d’une piste cyclable, juger le nombre de voies nécessaires, leur largeur, etc.", poursuit le directeur de la DAEM.
80 millions en contrat de développement
Les techniciens sélectionnés pourront s’appuyer sur les précédentes études réalisées en interne par la direction de l’aménagement de la province Sud, notamment celle concernant la typologie des fonds marins, restituée en début d’année. Elle a notamment permis d’affiner le tracé idéal, en mettant en évidence la qualité et la composition des sols qui pourraient accueillir les piliers de l’ouvrage.
Les candidatures sont à déposer jusqu’au 20 juillet. "On va tout faire pour attribuer le marché courant août", souligne Jean-Pierre Breymand. Les conclusions de l’étude sont attendues début 2027. Il s’agira, par la suite, de mener à bien une ultime étude visant à définir la faisabilité technique de ce "projet hors norme" et à comparer les différentes solutions de conception. La Maison bleue espère disposer de toutes les données suffisantes fin 2027, pour enfin envisager le lancement de la construction du viaduc.
Il restera à convaincre l’État, seul capable de financer un tel projet. Il a, en réalité, déjà engagé des budgets dans l’opération, puisque l’ensemble des études passées et futures ont été financées dans le cadre du contrat de développement 2024-2027 avec la province Sud, pour un montant total de 80 millions de francs, dont 60 millions financés directement par l’État.
Dans une publication sur les réseaux sociaux, l’Association citoyen mondorien, qui milite de longue date pour la réalisation d’une route de contournement de la RP1, a salué une "avancée concrète" en faveur d’un "projet structurant essentiel pour améliorer la circulation, renforcer la sécurité des usagers et accompagner le développement du Mont-Dore".
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