- Julien Mazzoni | Crée le 08.09.2026 à 11h10 | Mis à jour le 08.09.2026 à 11h10ImprimerDe gauche à droite, Sefanaia Nawadra, directeur général du Proe, Johanito Wamytan, membre du gouvernement, et Richard Poaririwa, président du Sénat coutumier, ont présenté lundi les grandes orientations d’une déclaration commune, encore soumise à des validations gouvernementales. Photo Julien MazzoniPlus de 3 200 espèces sont menacées d’extinction dans le Pacifique, selon le nouveau rapport du Proe. Réunis depuis le lundi 7 septembre à Nouméa, les représentants au dialogue ministériel de la 11e Conférence nature se sont entendus sur une déclaration commune. Sa publication reste suspendue à des validations gouvernementales.
Une bonne et une mauvaise nouvelle. Johanito Wamytan a commencé par la seconde, ce lundi 7 septembre, à l’issue du dialogue ministériel de la première journée de la 11e Conférence nature : les indicateurs environnementaux se dégradent et les moyens sont insuffisants.
La bonne nouvelle, selon le membre du gouvernement en charge du climat, tient à l’accord trouvé entre les représentants présents sur une déclaration commune pour protéger la biodiversité. Son contenu a fait l’objet d’un consensus, mais certaines capitales, dont Wellington notamment, doivent encore en valider les dernières modifications avant sa publication.
Un délai dû à des procédures gouvernementales, a expliqué Sefanaia Nawadra, directeur général du Programme régional océanien de l’environnement (Proe). L’objectif est de les achever avant la fin de la conférence, vendredi 11 septembre. Les priorités ont néanmoins été annoncées : préserver les espèces menacées, lutter contre les espèces envahissantes, transmettre les savoirs traditionnels et surtout, obtenir des financements durables.
Plus de 3 200 espèces menacées d’extinction
Ouverte lundi au centre culturel Tjibaou, la 11e Conférence du Pacifique sur la conservation de la nature s’appuie sur le nouveau rapport du Proe, adopté le même jour. Sur les quelque 16 000 espèces étudiées dans le Pacifique, plus de 3 200 sont menacées d’extinction, soit environ 20 %. Et encore, ce bilan ne couvre qu’une partie de la biodiversité de la région. Parmi les espèces de coraux étudiées, cette proportion atteint les 40 %.
Tous les voyants ne sont toutefois pas au rouge. Les quatre principaux stocks de thons suivis sont jugés en bon état. Les forêts naturelles continuent, elles, de reculer, principalement en Papouasie-Nouvelle-Guinée et aux Salomon.
Quant aux moyens publics, ils restent limités. En 2025, les ministères chargés de l’Environnement disposaient de moins de 2 % du budget national dans sept des onze pays renseignés dans la publication. Et parmi ces onze, cette part a reculé par rapport à 2024. Ces chiffres ne couvrent cependant pas toutes les dépenses consacrées à l’environnement, qui sont souvent réparties entre plusieurs administrations. À noter que la Nouvelle-Calédonie n’est pas incluse dans cette comparaison, faute de données exploitables.
"On sait où il faut agir"
"On a la volonté, on sait ce qu’il faut faire, on sait où il faut agir, après on a besoin de moyens", insiste Johanito Wamytan. Interrogé sur les États auxquels s’adresse cet appel, il vise notamment ceux dont la consommation d’énergies fossiles pèse sur l’environnement, alors que les îles doivent financer les réponses à ses conséquences.

Johanito Wamytan souhaite que les responsables politiques du Pacifique et les acteurs de la protection de la nature se retrouvent tous les deux ans pour suivre leurs engagements. Photo Julien MazzoniLe membre du gouvernement cite des cas concrets et locaux de déplacements de populations liés à l’érosion et évoque les situations de Ponérihouen, d’Ouvéa ou de Pouébo. Et "pour pouvoir déplacer des populations, il faut avoir les moyens".
Aucun montant ni aucun calendrier précis de mise en œuvre de la déclaration n’ont été présentés lors des échanges avec la presse. "Quand la déclaration sera diffusée, nous n’inventerons pas le fil à couper le beurre", reconnaît l’élu Kanaky NC. Elle devra cependant donner à chaque pays "un cap sur lequel se baser pour pouvoir agir au quotidien". Selon Sefanaia Nawadra, elle nourrira aussi les positions du Pacifique aux prochaines conférences internationales sur la biodiversité et le climat.
Le texte accompagnera également le futur cadre régional de conservation pour 2026-2030. Son nom, "Môo mâ Awé", a été proposé par le Sénat coutumier. En paicî, il exprime "la sagesse, la douceur, la paix, la réconciliation et un avenir commun fondé sur l’harmonie". Son président, Richard Poaririwa, a expliqué le lien de cette expression avec l’eau et la sérénité.
Afin d’assurer un meilleur suivi des engagements, Johanito Wamytan propose de réunir les responsables politiques, les organisations régionales et la société civile en conférence tous les deux ans plutôt que tous les cinq ans comme c’est le cas actuellement.
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