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    Nouvelle Calédonie
  • Julien Mazzoni | Crée le 12.06.2026 à 11h35 | Mis à jour le 12.06.2026 à 11h35
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    Selon l’IEOM, les entreprises constatent une amélioration progressive de l’activité, mais les conséquences économiques des émeutes restent perceptibles dans de nombreux secteurs. Photo Archives LNC/Anthony Tejero
    Deux ans après les émeutes, l’économie du pays montre quelques signes d’amélioration. Mais les entreprises restent prudentes. L’investissement est toujours en recul et plusieurs acteurs du secteur continuent de traverser une période difficile, selon une étude publiée jeudi 11 juin par l’IEOM.

    L’économie calédonienne continue de se relever lentement des émeutes de 2024. C’est le principal enseignement de la note de conjoncture du premier trimestre 2026 publiée ce jeudi 11 juin par l’Institut d’émission d’outre-mer (IEOM).

    Si les chefs d’entreprise interrogés par l’institut constatent globalement une amélioration de leur activité par rapport à la période qui a suivi les violences, cette reprise demeure fragile. L’indicateur de climat des affaires, qui mesure leur perception de la situation économique, poursuit sa remontée et a même retrouvé un niveau proche de celui observé avant les émeutes.


    Climat économique dégradé. Infographie IEOM

    Pour autant, l’IEOM estime que l’économie reste fragilisée. L’institut rappelle que ce redressement s’inscrit dans un contexte de soutien massif des pouvoirs publics. En 2025, les interventions de l’État ont représenté plus de 337 milliards de francs, soit l’équivalent de plus d’un tiers de la richesse produite dans le pays.

    Prudence du côté des entreprises

    Si l’activité s’améliore progressivement, les perspectives restent incertaines. Les entreprises demeurent réticentes à investir et les projets de développement peinent à redémarrer. L’IEOM pointe que les prêts accordés aux entreprises restent, par exemple, nettement inférieurs aux niveaux habituellement observés avant la crise.

    Autre sujet de préoccupation : la trésorerie. Les dirigeants interrogés anticipent une dégradation de leur situation dans les mois à venir, notamment en raison de la hausse des coûts. Des inquiétudes alimentées entre autres par la forte hausse du prix des carburants enregistrée depuis le mois d’avril (+ 7,6 % en un mois, un record). Le litre de gazole est ainsi passé 135,30 francs en mars à 174,80 francs en avril puis 222,7 francs en juin.


    Des indicateurs conjoncturels contrastés. Infographie IEOM

    Une prudence qui se retrouve d’ailleurs dans les réponses recueillies par l’IEOM : 37 % des chefs d’entreprise déclarent craindre une défaillance de leur société au cours des douze prochains mois. Ce chiffre était de 28 % trois mois plus tôt.

    Le BTP toujours à la peine

    Mais la situation reste contrastée selon les secteurs. Le nickel, par exemple, montre quelques signes d’amélioration. Après le creux traversé par la filière en 2025, l’extraction minière a progressé de 5,1 % sur un an. La production métallurgique a également augmenté de 1,8 %, portée notamment par la hausse de production de NHC (forme de nickel semi-transformé exportée pour être raffinée à l’étranger). Dans le même temps, le cours du nickel a retrouvé des couleurs, avec une progression de 11,5 % au premier trimestre par rapport à la même période en 2025.

    Le tourisme, lui aussi, poursuit son redressement. Le Caillou a accueilli 14 062 touristes au cours des trois premiers mois de l’année, contre 9 671 un an plus tôt, soit une hausse de 45,4 %. Le nombre de croisiéristes reste en revanche très inférieur aux niveaux observés avant les émeutes.


    Indicateurs sectoriels dégradés. Infographie IEOM

    Mais les difficultés rencontrées par Air Calédonie continuent de peser lourdement sur le transport intérieur aérien, dont la fréquentation a reculé de 39,2 % au premier trimestre.

    À l’inverse, le secteur du bâtiment continue de souffrir. Les ventes de ciment demeurent à des niveaux historiquement faibles, signe d’un secteur qui peine toujours à retrouver un rythme normal. L’IEOM parle d’un secteur "au point mort", malgré quelques améliorations ponctuelles observées dans les enquêtes auprès des professionnels.

    Des ménages toujours fragilisés

    Les difficultés restent également visibles chez les particuliers. Le nombre d’incidents de remboursement de crédits a augmenté de 19,8 % en un an. Soixante-treize dossiers de surendettement ont été déposés auprès de l’IEOM au cours des trois premiers mois de l’année, soit une hausse de 23,7 % par rapport à la même période en 2025.

    Enfin, fin 2025, 2 425 personnes percevaient encore une allocation chômage de droit commun, tandis qu’un millier de salariés bénéficiaient toujours du dispositif exceptionnel de maintien dans l’emploi déployé après les émeutes.

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