- Baptiste Gouret | Crée le 18.06.2026 à 19h00 | Mis à jour le 18.06.2026 à 19h00ImprimerAprès un long voyage depuis Brest, le patrouilleur Jean-Tranape a accosté à la base Chaleix de Nouméa, ce jeudi 18 juin. Photo Baptiste GouretParti de Brest le 6 avril, le nouveau patrouilleur de la Marine nationale, nommé après le héros du bataillon du Pacifique, a accosté au quai de la base navale Chaleix, ce jeudi 18 juin. Avec son jumeau, l’Auguste-Bénébig mis en service en 2023, il sillonnera les eaux calédoniennes pour lutter contre la pêche illicite et le narcotrafic. Reportage à bord.
La fin d’un long périple. Après deux mois et demi en mer, le patrouilleur Outre-mer (POM) Jean-Tranape a rejoint la base navale Chaleix de Nouméa ce jeudi 18 juin, son nouveau port d’attache. "Un jour symbolique, pour les 86 ans de l’anniversaire de l’appel du 18 juin du Général de Gaulle", indique le capitaine de corvette Romain Montevil, commandant du Jean-Tranape.
Parti de Brest le 6 avril, le nouveau bâtiment de la Marine nationale est passé par Halifax, au Canada, Saint-Pierre-et-Miquelon, les Bahamas, avant de franchir le canal de Panama, rejoindre les îles Galápagos puis se lancer dans une longue traversée du Pacifique jusqu’à Tahiti. Il s’est amarré au quai des Patrouilleurs vers 15h30, ce jeudi.

Le Jean-Tranape a été accueilli par le D’Entrecasteaux, un bâtiment de soutien et d’assistance ainsi que par son grand frère, l’Auguste-Bénébig (au second plan), second patrouilleur des eaux calédoniennes. Photo Baptiste GouretQuelques heures avant, lors de son entrée son entrée dans le lagon, le navire de 80 m de long a été accueilli par son grand frère, l’Auguste-Bénébig, copie conforme du Jean-Tranape mis en service en 2023. À eux deux, ils remplacent les anciens patrouilleurs du modèle P400, La Moqueuse et La Glorieuse, qui ont sillonné les eaux calédoniennes pendant 35 ans, avant d’être désarmées et bientôt démantelées.
Drones de surveillance
Le nouveau POM va rester à quai les prochaines semaines pour un contrôle global du bâtiment par la Direction générale de l’armement, avant d’entamer ses premières missions à compter du mois de septembre. Gardien de la zone économique exclusive (ZEE) de la Nouvelle-Calédonie, le Jean-Tranape va "patrouiller pour contrôler d’éventuels trafics illicites, notamment le narcotrafic", relève le commandant Romain Montevil.

Le commandant et son équipe, lors de la manœuvre d’arrivée près du quai des Patrouilleurs de la base Chaleix. Photo Baptiste GouretLe phénomène a pris de l’ampleur ces dernières années dans la région, avec une route entre l’Amérique du Sud et l’Australie qui s’est développée. Il y a un an, un navire transportant 2,5 tonnes de cocaïne avait été intercepté au large du territoire. Le patrouilleur devra également préserver les eaux calédoniennes de la pêche illicite, et interviendra pour des sauvetages en mer et en cas de catastrophes naturelles, "afin de venir en aide aux populations sinistrées".

Le nouveau navire fait 80 m de long. Photo Baptiste GouretPour mener à bien ces missions, le Jean-Tranape dispose, comme l’Auguste-Bénébig, de moyens humains et matériels renforcés par rapport à leurs prédécesseurs. "Nous sommes 30 marins actuellement à bord, mais nous pouvons embarquer jusqu’à 53 personnes, donc on a la capacité de recevoir des renforts si besoin." Mais la principale évolution par rapport aux anciens P400, c’est que cette nouvelle classe de navire est désormais dotée de deux drones de surveillance aérienne sur chaque bâtiment.
À LIRE ÉGALEMENT :
Jean Tranape, le Calédonien héros de la France libre et Compagnon de la Libération
La famille Tranape à bord
À la poupe du patrouilleur, une plateforme permettra de faire décoller ces aéronefs à l’aide d’un système semblable "à une catapulte", explique le lieutenant Thomas Versini, second commandant. "Il va nous permettre d’effectuer une surveillance maritime jusqu’à 30 nautiques [environ 55 km NDLR] autour de notre position", abonde Romain Montevil. Autre outil de surveillance à disposition de l’équipage : une sonde placée dans une structure métallique qu’il est possible d’immerger, afin d’inspecter les fonds marins.

Au centre, Yvon Tranape, fils de Jean Tranape, entouré de son neveu et du fils de celui-ci. Ils ont été invités par la Marine à monter à bord du patrouilleur. Photo Baptiste GouretPour cette inauguration, la Marine nationale a invité à bord quelques représentants de la famille de Jean Tranape, soldat engagé dans le bataillon du Pacifique lors de la Seconde Guerre mondiale, héros de la France libre et de la bataille de Bir-Hakeim. "Ça fait quelque chose", lâche Yvon Tranape, fils de ce compagnon de la Libération mort en 2012. Le patrouilleur n’est cependant pas tout à fait une découverte pour lui. "Je l’ai accompagné lors de son départ de Brest", raconte-t-il, avant de pointer l’un des drapeaux qui flottent au-dessus du bâtiment : "Je le connais bien celui-là."

Le visage et la devise de Jean Tranape, soldat du bataillon du Pacifique, flottaient sur le pont du navire qui porte désormais son nom. Photo Baptiste GouretSur l’étendard est écrit, sous le visage du jeune soldat Jean Tranape : "J’ai la baraka, il ne m’arrivera rien." "C’était la devise de mon père, il le répétait constamment. Bon, il lui en est quand même arrivé quelques-unes", sourit Yvon, en évoquant les "éclats de grenade" et la "balle dans la cuisse" reçues sur le champ de bataille. "Mais il a survécu." Reste à voir si la chance sourira au navire qui porte désormais son nom.

Sur la passerelle du Jean-Tranape, en direction de Nouméa. Photo Baptiste GouretMERCI DE VOUS IDENTIFIER
Vous devez avoir un compte en ligne sur le site des Nouvelles Calédoniennes pour pouvoir acheter du contenu. Veuillez vous connecter.X
J'AI DÉJA UN COMPTEJE N'AI PAS DE COMPTE- Vous n'avez pas encore de compte ?
- Créer un nouveau compte
Vous avez besoin d'aide ? Vous souhaitez vous abonner, mais vous n'avez pas de carte bancaire ?
Prenez contact directement avec le service abonnement au (+687) 27 09 65 ou en envoyant un e-mail au service abonnement. -
-
DANS LA MÊME RUBRIQUE
-
VOS RÉACTIONS




Les transports aériensà consulter ici











