- Lucie Ceccarelli / Radio 1 | Crée le 21.04.2026 à 16h13 | Mis à jour le 21.04.2026 à 16h15ImprimerDebout, au centre, Francis Spaak, directeur de la santé, lors de l’annonce d’une campagne de prévention au vu de la recrudescence du nombre de cas de VIH. Photo Radio 1 TahitiSept nouveaux cas de VIH ont été dépistés au premier trimestre 2026. Un chiffre qui alerte les autorités sanitaires, alors que les nouvelles contaminations ont plus que doublé ces dernières années. La Direction de la santé, qui redoute une propagation du virus lors des Jeux du Pacifique en 2027, lance donc une campagne de prévention contre le VIH et autres IST, qui prévoit notamment la mise en place de distributeurs de préservatifs gratuits, rapporte notre partenaire Radio 1 Tahiti.
Le constat est alarmant. Jusqu’en 2023, douze nouvelles infections au VIH en moyenne étaient comptabilisées chaque année. Depuis 2024, le chiffre a plus que doublé, avec 26 nouveaux cas dépistés par an, dont déjà sept au premier trimestre 2026. Ces contaminations locales, qui prouvent que le virus circule activement sur le territoire, ont conduit les autorités sanitaires à lancer une nouvelle campagne de prévention sur le sujet.
Des distributeurs de préservatifs gratuits vont notamment être mis à disposition de la population de Tahiti et des îles, dans des lieux stratégiques et accessibles de manière discrète et "non discriminante, quel que soit l’âge ou la situation sociale", précise Francis Spaak, directeur de la santé. Le Sida touche en effet toutes les catégories de la population, des adolescents (la plus jeune personne dépistée au fenua a 14 ans) jusqu’aux matahiapo, puisque des patients de 78 ans sont actuellement suivis par le Centre des maladies infectieuses et tropicales (CMIT).
"Éviter la catastrophe" lors des Jeux du Pacifique
À l’approche des Jeux du Pacifique en 2027, les autorités sanitaires s’inquiètent de la recrudescence des cas de VIH qui pourraient être transmis au contact de nos voisins du Pacifique, alors que les Fidji, notamment, connaissent une épidémie sans précédent.
Afin d'"éviter la catastrophe dans quelques mois", le Pays se mobilise de façon préventive et sollicite les professionnels de santé pour informer et sensibiliser les patients aux infections sexuellement transmissibles, VIH en tête, mais aussi syphilis, chlamydiose et gonorrhée, toutes en hausse.
Difficulté de retrouver les cas contacts
Une des difficultés aujourd’hui concerne la recherche des cas contacts, en raison de la multiplication des rapports sexuels suite à des rencontres anonymisées via des applications ou des réseaux sociaux, comme l’explique Soria Anouilh, infirmière au CMIT : "Quand on détecte quelqu’un qui est positif, on lui demande de prévenir ou de recenser ses partenaires, mais dernièrement, il y a beaucoup de noms d’avatar ou de personnes sur des sites de rencontres. Pour nous, c’est très compliqué, on ne peut pas aller sur une appli et dire aux gens de se faire dépister. La transmission est donc beaucoup plus dure à endiguer, ce qui peut avoir un impact sur la recrudescence de cas."
Baisse de l’utilisation du préservatif
Cette dernière serait également liée à une baisse de la vigilance de la population, et donc une diminution de l’usage du préservatif, ainsi qu’un manque de connaissances quant aux modalités de transmission, par exemple par le sang.
En novembre dernier, l’association Agir contre le Sida alertait notamment sur les risques de consommation d’ice par intraveineuse, citant également le phénomène du bluetoothing, une pratique consistant à se transfuser le sang d’une personne sous méthamphétamine pour "partager" les effets de la drogue. Ce mode de consommation, qui serait en partie responsable de la recrudescence des cas de VIH aux Fidji, n’aurait, semble-t-il, pas encore atteint la Polynésie, où "l’essentiel de la contamination reste sexuelle". "Mais si ça arrive à Fidji, ça peut très bien arriver chez nous", tempère le docteur Lam Nguyen, médecin responsable du CMIT, qui craint qu’une transmission par voie sanguine, en plus de la voie sexuelle, puisse créer "un autre problème, beaucoup plus important" au fenua.
MERCI DE VOUS IDENTIFIER
Vous devez avoir un compte en ligne sur le site des Nouvelles Calédoniennes pour pouvoir acheter du contenu. Veuillez vous connecter.X
J'AI DÉJA UN COMPTEJE N'AI PAS DE COMPTE- Vous n'avez pas encore de compte ?
- Créer un nouveau compte
Vous avez besoin d'aide ? Vous souhaitez vous abonner, mais vous n'avez pas de carte bancaire ?
Prenez contact directement avec le service abonnement au (+687) 27 09 65 ou en envoyant un e-mail au service abonnement. -
-
DANS LA MÊME RUBRIQUE
-
VOS RÉACTIONS




Les transports aériensà consulter ici











