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  • Radio 1 Tahiti / Maia Gallot | Crée le 06.06.2026 à 16h51 | Mis à jour le 06.06.2026 à 16h55
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    Le spot de surf mondialement connu de Teahupo’o, en Polynésie française, connaît une fréquentation en hausse ces dernières années. Photo Jimmy Tiapari
    Un drame a été évité de justesse le week-end dernier, sur le spot de Teahupo’o, à Tahiti. Le surfeur Matahi Drollet a manqué de peu de percuter une embarcation. "Une tragédie va se produire", alerte Tim McKenna, qui souligne le rôle du surtourisme dans l’augmentation des risques dans la passe, avec de plus en plus de bateaux, jet-skis et taxi-boats. Le photographe pointe du doigt une problématique qui prend de l’ampleur, rapporte notre partenaire Radio 1 Tahiti.

    La dernière semaine de mai a vu le lancement de la saison de grosses vagues à Teahupo’o. Beaucoup ont fait le déplacement pour vivre ce moment. Surfeurs, photographes, vidéastes, public local et touristes étaient réunis sur le spot de renommée internationale.

    Présent dans le cadre d’un tournage, Matahi Drollet a fait partie des rares surfeurs ayant choisi l’option du tow-in. Samedi dernier, alors qu’il s’est élancé sur un monstre d’eau de plusieurs mètres à pleine vitesse, il a manqué de peu de percuter un bateau situé dans la passe pile à la sortie de la vague. L’embarcation a forcé le surfeur professionnel à effectuer une manœuvre in extremis pour éviter la collision.

    "C’est sans doute la fois où j’ai été le plus près de mettre fin à ma carrière de surfeur", a-t-il raconté par la suite sur les réseaux sociaux, en postant les images de l’accident évité de peu.

    Sur le bateau se trouvaient plusieurs photographes et vidéastes professionnels, dont, qui photographie la vague de Teahupo’o depuis plus de 25 ans. Suite à l’incident, il s’est à son tour exprimé sur ses réseaux, racontant sa version des faits et mettant surtout le doigt sur ce qu’elle décrit de l’état actuel du tourisme sur le spot. "Une tragédie va se produire à Teahupo’o lors de la prochaine grosse houle du sud-ouest propice au tow-in, si elle arrive un week-end ou un jour férié. Croyez-moi", a-t-il écrit.

    Dans un long message, Tim McKenna raconte comment le capitaine expérimenté de l’embarcation s’est retrouvé coincé, encerclé par trois taxis-boats et un jet-ski, et donc dans l’impossibilité de dégager la zone. Si le pire a été évité, trois caméras de photographes professionnels étrangers ont été endommagées par la vague.

    Trop de bateaux, trop d’ego et plus de respect

    "Comme dans de nombreux endroits du monde, le surtourisme devient incontrôlable", écrit le photographe dans son post. "Le monstre de Teahupo’o est un incontournable pour les locaux, les touristes, les influenceurs, les surfeurs et les caméramans du monde entier. Dans ce monde dominé par l’ego, le respect, la hiérarchie élémentaire et la courtoisie ont depuis longtemps disparu. Tout le monde essaie de capturer un moment viral ou de tirer profit de cette attraction touristique massive."

    Tim McKenna a observé depuis quelques années que le spot accueille de plus en plus de monde à chaque swell, parfois aux dépens du travail des photographes, mais aussi de la sécurité de tous : "Il y a les pilotes historiques, qui ont une éthique et qui respectent les règles. Et après, il y a tous les nouveaux pilotes, et puis tous les jet-skis en plus. C’est celui qui amène les touristes au plus près. Depuis deux-trois années, il n’y a plus trop de respect vis-à-vis des bateaux médias, qui sont remplis de caméramans. Et du coup, nous, en tant que professionnels, on n’arrive plus trop à travailler dans de bonnes conditions. "

    Que le territoire se penche sur le sujet

    Si les conducteurs de bateaux, surfeurs et autres pilotes de jet-ski présents se sont déjà réunis pour évoquer cette problématique, aucune solution concrète n’a pour l’instant été trouvée. Tim McKenna estime que c’est le rôle du Pays de prendre les mesures nécessaires avant qu’un drame ne survienne : "Il faudrait que le territoire se penche sur ce sujet, avant qu’il y ait des blessés ou même des morts, pour trouver une solution. Il faudrait faire davantage de contrôles, surtout pendant les grosses houles, que la gendarmerie maritime vienne, mais j’ai l’impression qu’il n’y a pas trop de moyens."

    Le photographe alerte en particulier sur les houles de sud-ouest. Selon lui, ces dernières sont particulièrement dangereuses, car elles poussent la vague à se former de telle manière que le tube est davantage orienté sur la fin de la vague, menant les bateaux à se regrouper de façon plus compactée dans une zone plus risquée.

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