- Julien Mazzoni | Crée le 07.08.2026 à 15h48 | Mis à jour le 07.08.2026 à 15h48ImprimerLes températures sont légèrement inférieures aux normales depuis le mois de juin. Un froid loin d’être exceptionnel, mais auquel les Calédoniens avaient été peu confrontés ces dernières années. Photo archives LNC / Aurélia DumtéDepuis plusieurs semaines, les températures paraissent particulièrement fraîches. Les relevés de Météo-France le confirment, mais ne notent rien d’exceptionnel. Ce froid relatif annonce surtout le retour d’El Niño, qui devrait favoriser un temps plus sec et plus venteux en Nouvelle-Calédonie dans les prochains mois. Explications.
"Ça caille !" Depuis le début de l’hiver, quasiment pas un jour où l’on n’entend pas cette phrase en Calédonie. Et pour une fois, l’impression est confirmée par les thermomètres. Mais dans des proportions bien moins spectaculaires qu’on pourrait le penser.
"Il fait particulièrement froid en ce moment, et on peut dire depuis début juin", reconnaît Thomas Abinun, climatologue à Météo-France NC. En juin, la température moyenne s’est établie 0,3 °C sous les normales de saison. En juillet, l’écart atteint 0,2 °C, selon les premières données de Météo-France. "Ce ne sont pas des froids extrêmes, tempère le scientifique. On est relativement proche des valeurs de saison. Il n’y a pas de record."
Pourquoi, alors, cette impression de grelotter davantage ? En partie parce que les Calédoniens ont perdu l’habitude de ce type d’hiver. La plupart des dernières saisons fraîches ont été particulièrement douces, sous l’effet notamment de La Niña, auquel s’ajoute la hausse générale des températures liée au réchauffement climatique. "La dernière fois qu’on a eu un hiver aussi frais, c’était en 2023", rappelle Thomas Abinun.
Une "petite bulle fraîche" dans un monde plus chaud
Le retour d’El Niño contribue également au phénomène. Alors qu’il réchauffe fortement le centre et l’est du Pacifique, le mécanisme est inversé dans notre région. Les eaux du Pacifique Sud-Ouest ont tendance à se refroidir. Or, la température de l’océan influence directement celle de l’air, en particulier la nuit. "On est vraiment, dans cette région du Pacifique, dans une petite bulle fraîche, alors qu’ailleurs les températures s’envolent pendant El Niño", résume le climatologue. Un paradoxe que Météo-France avait déjà détaillé en juin.
Cela ne signifie pas pour autant que les prochains mois seront anormalement froids. Les dernières prévisions de Météo-France donnent des températures globalement conformes ou supérieures aux normales entre août et octobre. Le refroidissement lié à El Niño s’inscrit en effet dans un climat qui, lui, se réchauffe sur le long terme.
Les pluies de juillet, une parenthèse
Le même raisonnement permet de comprendre l’autre curiosité de cet hiver. El Niño est associé en Nouvelle-Calédonie à un assèchement. Or, les fortes pluies du 17 au 20 juillet ont copieusement arrosé le pays et provoqué d’importants dégâts agricoles.
En juin, le déficit de précipitations avait pourtant atteint 50 % à l’échelle du pays. Puis, en quatre jours, l’épisode de juillet a apporté en moyenne 135 mm de pluie sur le pays, avec jusqu’à 436 mm relevés à Goro. "Là, on est dans la météo, on n’est plus dans le climat", nuance Thomas Abinun. Autrement dit, quelques journées très humides ne suffisent pas à inverser une tendance qui s’observe sur plusieurs mois. "Ça n’enlève rien au fait qu’on est dans un contexte climatique d’assèchement."
Ces pluies ont néanmoins permis de recharger les nappes phréatiques avant l’entrée de la saison sèche. Une parenthèse bienvenue, car "il n’est pas du tout garanti qu’on ait d’autres pluies abondantes avant octobre", prévient le spécialiste.
La tendance annoncée pour août, septembre et octobre reste donc déficitaire en pluie, avec des vents également plus soutenus qu’à l’accoutumée. Les alizés, généralement plus présents lors d’El Niño, accélèrent le dessèchement de la végétation. Un contexte qui explique pourquoi les agriculteurs sont déjà appelés à anticiper la sécheresse et le risque d’incendie.
Quant à la prochaine saison cyclonique, El Niño tend à déplacer vers l’est du Pacifique la zone où se forment les phénomènes, jusqu’en Polynésie française. Cela ne signifie pas pour autant que la Nouvelle-Calédonie sera épargnée. "Une fois que les cyclones se forment, leur trajectoire est conditionnée par la circulation atmosphérique du moment, explique Thomas Abinun. On n’est pas à l’abri d’avoir des cyclones, comme chaque année."
MERCI DE VOUS IDENTIFIER
Vous devez avoir un compte en ligne sur le site des Nouvelles Calédoniennes pour pouvoir acheter du contenu. Veuillez vous connecter.X
J'AI DÉJA UN COMPTEJE N'AI PAS DE COMPTE- Vous n'avez pas encore de compte ?
- Créer un nouveau compte
Vous avez besoin d'aide ? Vous souhaitez vous abonner, mais vous n'avez pas de carte bancaire ?
Prenez contact directement avec le service abonnement au (+687) 27 09 65 ou en envoyant un e-mail au service abonnement. -
-
DANS LA MÊME RUBRIQUE
-
VOS RÉACTIONS




Les transports aériensà consulter ici










![[AGENDA] Les idées de sorties pour ce week-end](https://www.lnc.nc/sites/default/files/styles/taxonomy_top_content/public/melody/314529/e7b69d80b37a6bbb66fb69v_00138753.jpg?itok=Fyn7VLxu)
