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    Nouvelle Calédonie
  • Anne-Claire Pophillat | Crée le 29.09.2026 à 17h52 | Mis à jour le 29.09.2026 à 17h52
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    Au centre, Catherine Ris, présidente de l’UNC et du Cresica, et le chef Gaby Levionnois, ambassadeur de la Fête de la science 2026, qui se tient du 2 au 12 octobre sur le thème "Saveurs savantes". Photo Anne-Claire Pophillat
    Après s’être penchée sur les différentes formes d’intelligence en 2025, la Fête de la science revient cette année, du 2 au 12 octobre, autour du thème "Saveurs savantes". Quarante événements proposés sur l’ensemble du territoire, à destination des scolaires comme du grand public, vont permettre d’interroger le lien entre le goût, l’alimentation, la cuisine et les connaissances scientifiques.

    Cuire de la marguerite sauvage, visiter des laboratoires, expérimenter la cuisine moléculaire, transformer du cacao, tresser un four traditionnel portatif, s’initier à la gastronomie dans l’espace, déguster des insectes… sont autant de découvertes que pourront faire à la fois le grand public et les scolaires lors de la Fête de la science. "Ces derniers sont particulièrement visés, introduit Catherine Ris, présidente de l’UNC et du Cresica*, coordinateur de l’événement. On cherche à leur transmettre le goût de la recherche, de la curiosité, leur donner envie de s’intéresser et de comprendre les réactions chimiques, l’environnement qui nous entoure." Cette manifestation nationale, déclinée en Nouvelle-Calédonie du 2 au 12 octobre, met cette année en avant le thème "Saveurs savantes".

    "Lien entre science, alimentation et préservation de la planète"

    Un lien entre science et gastronomie incitatif, considère Catherine Ris, lors de la présentation de la Fête de la science à la presse, mardi 22 septembre. "C’est bien ça l’objectif : transmettre, diffuser la culture scientifique et des connaissances, au travers d’activités accessibles à tous. Et le goût est un sens important par lequel on peut faire passer des messages."

    Pendant dix jours, pas moins de quarante événements gratuits seront proposés par cinquante organisations – associations, entreprises, organismes de recherche, musées, médiathèques, collectivités… -, soit plus de deux cents personnes mobilisées, plus de vingt établissements scolaires concernés, et ce sur l’ensemble du territoire, de Nouméa à Lifou, en passant par Dumbéa, Koné, Koumac, La Foa, Mont-Dore, Païta, Pouembout, Poya, Voh, Boulouparis et Thio. "Les actions portent sur le lien entre la science et la gastronomie, l’alimentation et, dans le prolongement, la préservation de notre planète, et donc le fait d’avoir conscience des aliments que l’on consomme, la façon dont ils sont transformés et les effets qu’ils peuvent produire sur notre santé et la santé de notre planète", développe Catherine Ris.

    Et qui de mieux comme ambassadeur de cette édition que le "chef engagé", tel qu’il se présente, Gaby Levionnois, particulièrement sensible à la thématique retenue. "L’alimentation est le levier le plus puissant concernant la santé et l’impact environnemental. El Niño arrive, les scientifiques nous éclairent sur les défis à relever et nous apportent la connaissance dont nous avons besoin pour prendre soin de soi et des autres."

    Dans sa pratique, à travers ces projets Pacific food lab et Uma kitchen, Gaby Levionnois s’appuie d’ailleurs sur la science. Et la cuisine, une recette, une texture, etc., peut "incarner ses savoirs". "Vulgariser les connaissances scientifiques peut passer par l’alimentation." Dans la culture franco-océanienne, poursuit le chef, "on se reconnaît dans cet acte de manger ensemble, qui fait du lien. Et si on veut continuer à se nourrir avec nos bons produits locaux, il va falloir prendre soin de son système alimentaire. D’où l’importance d’être engagé dans la transition alimentaire."

    Au musée à Thio et au nakamal à Pouembout

    Trois coups de cœur cette année, dont une journée d’animations au Musée de la mine de Thio, le 8 octobre, qui mêlera savoirs traditionnels et modernes. Une première participation, explique Priscilla Bouanou, chargée de mission à l’office du tourisme et au musée. "On souhaite transmettre les savoir-faire locaux aux enfants de la commune, et montrer qu’il y a de la science derrière ce qu’on mange."

    Des mamans vont cuisiner des plats avec des tiges de tarot et de la marguerite sauvage, réaliser des pizzas avec de la farine de manioc et de banane, ou encore faire une démonstration du "four du voyageur". "Les vieux mettaient des pierres chauffées dans un sac et, à l’intérieur, plaçaient le manioc, le tarot, etc., et tout ça cuisait pendant qu’ils marchaient. Ils n’avaient plus qu’à sortir et à manger quand ils s’arrêtaient, raconte Priscilla Bouanou. Il n’y a que la tribu de Saint-Pierre qui le fait, et on veut le partager avec les plus petits." Une chercheuse de l’université animera aussi un atelier de cuisine moléculaire, et une diététicienne un autre sur le sucre.

    À Pouembout, c’est une rencontre qui s’invitera au nakamal, toujours le 8 octobre, en présence de chercheurs, détenteurs de savoirs locaux et d’habitants, qui se retrouveront autour de tables d’échanges pour partager leurs expériences et leurs connaissances, et ainsi "ramener la science dans un lieu public", afin "d’explorer les liens entre sciences, cultures océaniennes et savoirs du quotidien", détaille Soanile Moal, chargée de diffusion scientifique au Cresica.

    Manger dans l’espace

    Dans le Grand Nouméa, la FédéSciences se déplacera dans les quartiers du 5 au 9 octobre, de Magenta à l’Arène du Sud, et de Rivière-Salée au Vallon-Dore et à Kaméré. L’association y dispensera des ateliers après le temps scolaire, "pour montrer que la science est accessible à tous et pas réserver à une élite", insiste Frédérique Barrière, présidente de la structure. Et puisque la Fête de la science tombe pendant la "World Space week", la question de la nourriture des astronautes sera à l’honneur.

    "Dans l’espace, et même dans les avions on peut le percevoir, on perd un peu le goût, parce que quelque chose se passe au niveau de notre corps, et c’est un enjeu pour les spationautes de rendre la nourriture bonne, parce qu’il faut qu’ils aient envie de manger et qu’ils soient en bonne santé, mais aussi pour qu’il n’y ait pas non plus trop de miettes dans la navette, ce qui peut causer des petits problèmes électriques." Frédérique Barrière tentera aussi de faire décoller des fusées. "Les jeunes vont comprendre pourquoi une fusée a un bout pointu et des ailerons, par exemple. Pour cela, rien ne vaut l’expérimentation et la manipulation."

    L’année dernière, plus de 3 500 personnes ont participé à cette manifestation.

    Note

    *Consortium de coopération pour la recherche, l’enseignement supérieur et l’innovation.

    Le programme complet de la Fête de la science est disponible sur le site Internet cresica.nc et sur la page Facebook du Cresica. À noter, parmi les événements grand public, le festival des sciences, de 9 heures à 21h30 à Kari Véo, à la FOL, le samedi 10 octobre.

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