France
  • | Crée le 06.03.2019 à 04h25 | Mis à jour le 06.03.2019 à 09h01
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    Au total, trois millions de patients prennent ce médicament en France (premier marché mondial). Photo Remy Gabalda/AFP

    SANTÉ. La justice civile se prononce mardi à Lyon sur un « défaut d’information » du laboratoire Merck autour du changement de formule de son Levothyrox que souhaitent faire reconnaître plus de 4 000 malades de la thyroïde.

    Cette décision sera une « première étape », prévient l’une des victimes, Béatrice Benzama, 54 ans, qui a dit à l’AFP avoir passé « neuf mois couchée » après les modifications d’excipients apportées à ce médicament.

    Mise sur le marché au printemps 2017, une nouvelle formule du Levothyrox, prescrit contre l’hypothyroïdie et fabriqué par le laboratoire Merck, a été incriminée, entre mars 2017 et avril 2018, par quelque 31 000 patients victimes d’effets secondaires (fatigue, maux de tête, insomnies, vertiges, etc.). « Cette affaire, ça traumatise, je n’ai plus confiance dans les professionnels de santé et je ne veux plus qu’on m’opère », a ajouté Mme Benzama. A l’audience, le 3 décembre près de Lyon où le groupe pharmaceutique allemand a son siège français, les avocats de 4 113 plaignants regroupés dans une action collective ont réclamé une indemnisation de 10 000 euros pour chacun d’eux.

    L’affaire fait par ailleurs l’objet, au pénal, d’une information judiciaire contre X instruite par le pôle santé du TGI de Marseille. « J’accuse Merck de savoir que le changement de formule allait avoir des conséquences néfastes, de faire peu de cas des malades et de privilégier les intérêts financiers de ses actionnaires sur les malades », avait plaidé Me Christophe Lèguevaques, en pointant du doigt « l’absence de mention sur le changement de formule » sur la boîte de médicament ainsi que « l’absence coupable de réaction de la part d’un industriel ».

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