Grand Nouméa
  • Aurélien Pol | Crée le 09.04.2019 à 04h25 | Mis à jour le 09.04.2019 à 07h41
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    L’école a été la cible de plusieurs vols et dégradations au mois de janvier. Le montant des préjudices s’élève à 300 000 F. Photo Archived A.T
    MONT-DORE. Les logements des deux enseignants et l’école de l’île Ouen ont été la cible de plusieurs vols et dégradations depuis le début de l’année. Exaspérés, le directeur et la professeure menacent de partir.

    Cela fait douze ans que Mickaël Dubois, le directeur de l’école et enseignant de l’île Ouen, est en poste à la tribu de Ouara. Il est accompagné d’une seule autre professeure : Patricia*, originaire de ce morceau de terre de 37 kilomètres carrés. Depuis le début de l’année, leur logement et leur établissement scolaire demeurent la cible de plusieurs vols et dégradations. « Depuis que je suis ici, je n’ai jamais été confronté à cela », souligne Mickaël Dubois, dépité.

    En janvier, alors que Mickaël Dubois et Patricia sont en vacances hors de l’île Ouen, leur logement est la cible d’un cambriolage d’envergure. « Ils ont forcé nos portes avec des barres à mine. Chez moi, ils ont dérobé pour 1,5 million de biens personnels : trois fusils de chasse, des fusils sous-marins, trois ordinateurs, le téléphone fixe, l’appareil photo, ma collection de coquillages estimée à 400 000 francs et mes couteaux de cuisine de qualité », confie le chef d’établissement découragé. Patricia poursuit : « Chez moi, ça a été minime mais les cambrioleurs sont tout de même rentrés. » Les voleurs ont essentiellement emporté de la nourriture.

    Selon Mickaël Dubois, 500 000 francs seront nécessaires pour réparer ces dégâts.

    Le mois suivant, alors que plusieurs tentatives d’intrusion ont été relevées, l’école est dégradée. Même mode opératoire, « ils forcent à nouveau les portes et s’introduisent dans l’établissement ». Les chargeurs des ordinateurs portables, la caisse des écoles et de nombreux documents sont dérobés. « Cela occasionne une gêne très importante pour nous au niveau administratif surtout », informe le chef d’établissement.

    « Je me barricade avec ma fille de 9 ans »

    Le directeur de l’école, Mickaël Dubois, pense à quitter l’île Ouen l’an prochain si les problèmes persistent. Photo A.P.

     

    « La mairie est venue renforcer nos maisons, ce qui est très bien, mais si quelqu’un veut entrer, il entrera ».

    Du côté de la gendarmerie, l’enquête est en cours. « Nous travaillons essentiellement avec les coutumiers. Les faits de délinquance sont faibles sur l’île Ouen par rapport à la commune du Mont-Dore. Mais je comprends qu’un sentiment d’insécurité puisse se faire ressentir en raison de l’isolement et de l’éloignement avec la Grande Terre », assure le capitaine Maraichez.

    Aucune agression n’a été signalée par les deux enseignants. « Ces derniers faits me désolent. Mais l’année prochaine, en grande partie pour raisons personnelles, je voudrais changer de poste », annonce Patricia.

    Quant à Mickaël Dubois, il reste catégorique. « Chaque soir, je me barricade avec ma fille de 9 ans dans notre logement par peur d’une intrusion. Si cela continue, je partirai l’année prochaine. »

    * Prénom d’emprunt

     

    Repères

    Problèmes d’effectif

    En début d’année dernière, le second poste d’enseignant a été placé en temps partiel, car l’effectif de l’école était passé en dessous de la barre des vingt élèves. Une évaluation du fonctionnement et de la situation avait été effectuée par la province Sud. Avec les problèmes liés à l’éloignement, ce poste a rebasculé à temps plein. « Mais ce n’est pas gravé dans le marbre », avait indiqué Christel Berger, la directrice adjointe à l’éducation de la Maison Bleue, en mai 2018.

    Le numérique

    Depuis 2014, les élèves de l’école de l’île ont à leur disposition huit ordinateurs portables et deux tablettes pour s’initier au numérique.

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