- Aurélia Dumté | Crée le 07.04.2026 à 13h58 | Mis à jour le 07.04.2026 à 14h47ImprimerRepair Café est une association qui apprend aux gens à réparer leurs objets et ainsi éviter le gaspillage. Elle fête ses dix ans en 2026. Photo Repair CaféFace à la culture du jetable, le Repair Café propose une alternative concrète et conviviale : réparer avec l’aide de bénévoles. En dix ans, l’initiative citoyenne a déjà permis de sauver près de 1 500 objets.
Une cafetière qui ne fait plus de café, une machine à coudre qui déraille, un doudou à la patte arrachée, une chaise au pied branlant, une lampe qui clignote… Jeter ou réparer ? Réparer, oui, mais sans outils, sans compétences, comment faire ? "Nous acceptons presque tous types d’objets, à partir du moment où ils tiennent sur une table", commence Chantal Petit, membre (très) active du Repair Café.
L’association calédonienne est née il y a dix ans, à l’initiative du mouvement Colibris 98. "À la base, nous sommes un mouvement citoyen, dont l’esprit est : "Jeter, pas question !" Pour des raisons écologiques évidentes, "afin de ne pas gaspiller les ressources planétaires", pour économiser, aussi, et surtout pour apprendre à réparer soi-même. Car au Repair Café, on retape gratuitement avec le bénévole. Ce qui entraîne une ambiance coopérative et conviviale très appréciée lors de ces matinées manuelles.
Patience, équité et bonne humeur
Le mouvement citoyen Repair Café, créé en 2009 à Amsterdam, est aujourd’hui international. Une fondation est montée dans la foulée afin de soutenir les volontaires à monter leur propre Repair Café : 3 891 existent dans une dizaine de pays. En Nouvelle-Calédonie, la petite association compte une vingtaine de bénévoles et donne rendez-vous six fois par an dans des lieux variés. En dix ans, près de 1 500 objets ont été pris en charge, avec un taux d’objets réparés ou diagnostiqués de 65 %.
"Mon père réparait tout pour moi, raconte Marianne, usagère régulière. Maintenant, je vais au Repair Café. Mon père a grandi au Vanuatu, réparer était alors nécessaire. Et du côté de ma mère, nous sommes scandinaves, l’écologie est ancrée dans mon éducation." Marianne connaît donc bien les règles qui régissent ces matinées. "Parfois, je fais trois heures de queue." La première règle est de faire preuve de patience. La deuxième, c’est un objet à la fois, "par souci d’équité", précise Chantal Petit. Si une personne vient avec trois objets, elle devra s’inscrire trois fois. La troisième, c’est la bonne humeur.
"Des Sherlock Holmes doublés de McGyver"
Deux scénarios sont possibles. La personne sait coudre, rafistoler, mais manque d’outils : elle pourra bricoler seule avec ceux de l’association. Où, ce qu’il se passe la plupart du temps, les gens viennent par manque de connaissances. S’appuyer sur un bénévole permet donc de découvrir la composition d’un appareil électroménager, les ficelles de la couture ou les astuces de la menuiserie. "L’un des plus beaux retours que l’on puisse avoir est quand les gens nous disent que maintenant, ils vont pouvoir le faire eux-mêmes", sourit Chantal Petit, elle-même réparatrice spécialisée dans les doudous.

Chantal Petit, présidente de l’association Repair Café, est réparatrice dédiée à la couture, et plus particulièrement à la deuxième vie des doudous. Photo Aurélia DumtéParfois, les pièces détachées manquent. "Mais nos réparateurs sont astucieux, ce sont des Sherlock Holmes doublés de McGyver !" s’amuse Chantal Petit. L’association est très proche de La Ressourcerie, "qui va nous fournir en pièces détachées". Outre les pièces détachées, Repair Café est toujours en quête de bénévoles, "même si on n’a pas de connaissances en électronique, on peut aider." Elle est également toujours volontaire pour intervenir lors d’événements, et à la recherche de locaux pour organiser ses cafés. Enfin, l’idée est bien de donner envie à d’autres personnes de monter leur propre structure en dehors du Grand Nouméa. "De faire effet boule de neige", pour que toujours davantage d’objets soient restaurés et non plus jetés.
Plus de cafetières, moins de marmites à riz

Les marmites à riz sont particulièrement simples à réparer, alors au lieu de la jeter et d'en racheter une nouvelle, les bénévoles de Repair Café peuvent les réparer, comme Didier, à gauche. Photo Repair CaféEn 2025, sur 101 objets pris en charge :
- 48 % étaient des articles d’électroménager (cafetière, grille-pain, blender)
- 14 % étaient liés à la maison (aspirateurs…, tout ce qui n’est pas dans la cuisine)
- 10 % des articles Hi-Fi (télécommandes, lecteur CD…)
- 8 % de jouets
- le reste était hors catégorie.
En moyenne, 65 % de réussite à chaque édition (réparation et diagnostics compris). "Nous constatons une augmentation de cafetières. La raison première de l’usure des objets est le manque d’entretien. Très souvent, les cafetières ne sont simplement pas nettoyées, souligne Chantal Petit. À l’inverse, nous ne voyons plus trop de marmites à riz, alors que c’est simple à réparer. Venez faire réparer vos marmites à riz, ne les jetez pas."
Les Repair Café en 2026
Samedi 25 avril, de 8 heures à 11h30, au Spot, à Magenta
Samedi 27 juin, de 8 heures à 11h30, à l’Association les fils d’argent, au Ouen Toro
Samedi 29 août, de 8 heures à 11h30, à Kari Véo
Samedi 24 octobre, de 8 heures à 11h30, dans les locaux d’EEC au 4e Km
Samedi 21 novembre, de 8 heures à 11h30, à Kari Véo
Il est conseillé de venir tôt pour pouvoir être pris en charge.
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