- A.T. | Crée le 21.05.2026 à 17h30 | Mis à jour le 21.05.2026 à 17h30ImprimerPrès de 70 élèves scolarisés aux lycées et collèges de Plum, de Jules Garnier et de Petro-Attiti, issus des filières du bâtiment et des travaux publics, ont répondu présent à cette visite de chantier. Photo Anthony TejeroLe chantier de reconstruction des enseignes Confort du logis et Alea déco, détruites lors des émeutes, a ouvert ses portes à de nombreux élèves, ce jeudi 21 mai, à Nouméa. Objectif : expliquer les besoins et les compétences recherchées par les professionnels pour mieux orienter leur formation, dans un secteur frappé par une crise inédite.
C’est l’un des nombreux sites bien connus des Calédonien (ne) s mis à terre lors des émeutes, mais qui va bientôt renaître de ses cendres. Au PK4, un imposant chantier a commencé fin 2025 en lieu et place des ruines des commerces Confort du logis et Aléa déco. Si les travaux sont encore loin d’être achevés, l’objectif affiché est de rouvrir ces deux magasins d’ici le premier trimestre 2027, soit une livraison du bâtiment prévue en décembre.
Une course contre la montre mise en pause, ce jeudi 21 mai, le temps d’une initiative pour le moins originale. Une visite de chantier non pas d’élus et de représentants institutionnels mais d’élèves de troisième, de bac pro et de BTS des métiers de la construction et des travaux publics.

Cette visite devait permettre aux jeunes de mieux appréhender la diversité des métiers du secteur, les parcours possibles et les compétences recherchées par les employeurs. Photo Anthony TejeroRencontre avec les sociétés impliquées dans ces travaux, présentations des différents corps de métiers et des compétences recherchées… Ce rendez-vous des "coulisses du BTP", organisé pour la deuxième année consécutive, vise à la fois à susciter des vocations parmi la nouvelle génération tout en incitant à changer de regard sur un secteur souvent boudé et pourtant en pleine évolution. C’est du moins ce qu’affirme Éric Lafitte, coprésident de la Fédération calédonienne du BTP : "Nos métiers deviennent de plus en plus techniques, avec le recours par exemple aux drones, à l’informatique et aux logiciels, à l’utilisation du GPS sur les engins, sur les chantiers, etc.", énumère ce chef d’entreprise qui, face à l’émergence de ces nouvelles technologies, insiste sur la nécessité de former les jeunes à ces compétences pourvoyeuses d’opportunités.
6 000 emplois perdus
Et ce, quand bien même la filière traverse une crise sans précédent, nettement aggravée par les violences insurrectionnelles de 2024, synonymes d’un effondrement des chantiers, en particulier dans le secteur privé. "On reste positifs car on croit en l’avenir de ce territoire et on se dit que, demain, on aura besoin de monde même si aujourd’hui l’activité est faible", concède Éric Lafitte, pour qui l’État, à travers son plan de relance économique*, porte désormais quasiment à lui seul le secteur. "C’est une véritable aide très forte complètement indispensable puisqu’avant la crise, dans le BTP, environ 65 % de l’activité venait du privé. Là, cette part s’est effondrée. On doit être passés à 85 % de public et 15 % de privé, voire 10 %. On ne tient que grâce à l’État", alerte le coprésident de la fédération, qui évalue à 6 000 la perte d’emplois dans le secteur en quelques années, et même à 2 000 depuis le 13-Mai, soit une masse salariale qui ne représente aujourd’hui plus que 4 000 travailleurs environ.
Une situation qui a poussé de nombreux salariés à quitter le pays notamment vers l’Hexagone, indique la fédération, estimant entre 30 et 70 % la perte de chiffre d’affaires des sociétés encore debout. "Les entreprises sont complètement déstructurées et la situation est extrêmement compliquée. Pour autant, compte tenu de ces départs, il devient aujourd’hui difficile de recruter certains postes comme un ingénieur en travaux ou des chefs de chantier."

Éric Lafitte, coprésident de la Fédération calédonienne du BTP, organisait cette visite en partenariat avec le vice-rectorat et le Medef. Photo Anthony TejeroD’où l’intérêt de maintenir un niveau de formation suffisant sur le Caillou dès le lycée, en dépit d’un contexte morose dont ont conscience certains jeunes rencontrés lors de cette visite. À l’image de Jean-Marc Case, élève de terminale spécialisé en maçonnerie : "J’aime la construction et je veux en faire mon métier, mais je suis un peu inquiet sur l’avenir. On ne sait pas comment va se développer le pays dans les prochaines années, glisse ce jeune homme de 20 ans. Depuis 2024, beaucoup de gens sont partis et donc il y a moins de chantiers, ce qui crée moins d’opportunités pour des jeunes comme moi qui voudraient se lancer. Mais je reste quand même motivé."

Tout au long de la visite, une dizaine d’entreprises intervenant sur le chantier piloté par SCB, ont présenté leurs activités aux élèves. Photo Anthony TejeroNote
Pour le volet de la relance économique de l’État, 61 dossiers portés par les collectivités avaient déjà été validés, pour un montant global de 7 milliards de francs, fin avril.
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