Grand Nouméa
  • Gédéon Richard | Crée le 22.06.2019 à 04h25 | Mis à jour le 23.06.2019 à 19h27
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    Illustrations DR
    Dumbéa. Le gouvernement a levé le voile, mercredi, sur le futur ouvrage qui va remplacer, pour la circulation automobile, le pont historique de Dumbéa-Rivière. Présentation du chantier.

    Bonne nouvelle pour les conducteurs qui empruntent le pont de la RT1, qui enjambe la rivière, au cœur de Dumbéa-Rivière. Au 1er septembre, la Direction des infrastructures, de la topographie et des transports terrestres (DITTT) va lancer la construction d’un nouvel ouvrage, destiné à la circulation routière. « Nous avons eu de nombreux retours d’usagers. Quand une voiture croise un poids lourd ou un transport en commun, ça devient très inconfortable et quand il y a des piétons en plus, cela tient du miracle qu’il n’y ait pas d’accident », explique Georges Selefen, directeur de la DITTT. Emprunté par 8 500 véhicules par jour et 100 000 camions par an, l’étroitesse de l’ouvrage actuel pose un problème de sécurité évident. Deux accidents graves s’y sont d’ailleurs produits en 2009 et 2018.

    La réflexion, engagée en 2014, et les études, menées en 2016, ont abouti à la solution d’un nouveau pont. Les premières pelles rétro mèneront d’importants travaux de remblais et de terrassement pour renforcer les berges et leur permettre de supporter le nouveau pont. Une période de préchargement essentielle, car ses poutres métalliques, le béton et sa chaussée pèseront 5 000 tonnes. Deux piles et des culées en béton seront ensuite édifiées sur place. Pour limiter l’impact environnemental de ce chantier, une digue de protection va réduire quelque peu le cours d’eau, offrant un espace confiné à sec où travailler, et des filets antipollution vont être posés. Menée sous la direction de la Dumez, mandataire des travaux, la phase suivante consistera, l’an prochain, en des opérations de grutage pour transporter sur place et poser les différentes sections de la charpente métallique de l’ouvrage d’art, qui seront réalisées en Métropole, acheminées par bateau, puis assemblées sur le Caillou. A elles seules, ces différentes phases nécessiteront treize à quinze mois de travaux.

    Une nouvelle vie

    Quant à l’ouvrage patrimonial, classé au titre des monuments historiques (voir ci-contre), il va être restauré moyennant 130 millions de travaux. « Nous travaillons avec la province pour ne pas le dénaturer », assure Georges Selefen. Ses pierres vont être nettoyées, son enrobé bitumé va être retiré et l’ensemble devra être doté de nouveaux garde-corps. Il sera dédié aux modes doux, pour offrir un espace de promenade aux piétons et vélos allant du parc Fayard à la future promenade Renard, route de Nakutakoin. Le transfert de la circulation d’un pont à l’autre n’interviendra qu’en fin de chantier et ne devrait pas perturber la circulation. « Par contre, nous envisageons également le réaménagement de deux carrefours à l’entrée Nord, pour réduire significativement la vitesse des véhicules », renseigne Julien Ledet, chef du service des routes à la DITTT.

    L’ensemble doit être terminé après une durée totale de chantier estimée à vingt mois, soit une livraison escomptée pour mai 2021, hors intempéries. Sur une parcelle de terrain voisine, propriété du gouvernement et qui doit être transférée à la commune, un parking va également être construit pour assurer de nouveaux stationnements pour la promenade Renard et désengorger celui du parc Fayard, régulièrement saturé.

    Savoir +

    Lire « Le revêtement et la voie des modes doux de la promenade Renard d’ici la fin 2019 » sur lnc.nc.

    Repères

    Budget

    Le coût total des travaux est chiffré à 1,2 milliard de francs, dont 130 millions consacrés à la réhabilitation du pont existant. L’opération est financée à 70 % par la Nouvelle-Calédonie et à 30 % par le Fonds d’investissement exceptionnel de l’Etat.

    Un ouvrage classé

    Le pont actuel, en pierre, doit être restauré. Baptisé pont Blanc lors de sa construction, il date de 1886 et a été bâti par les forçats, en remplacement d’un premier ouvrage en bois. « C’est incroyable, après un diagnostic précis, nous nous sommes rendu compte qu’il n’a pratiquement pas bougé. Il y a très peu de choses à faire », explique Georges Selefen, le directeur de la DITTT.

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