Îles
  • M. Granados | Crée le 26.04.2019 à 04h25 | Mis à jour le 26.04.2019 à 09h53
    Imprimer
    Marcel Hnepeune a raconté son expérience d’« exilé » volontaire. Photo M.G
    LIFOU. Marcel Hnepeune, artiste compositeur et interprète, est venu à la rencontre de deux classes de 3e du collège Laura-Boula, dernièrement, qui travaillent depuis le début de l’année scolaire sur le thème de l’exil, contraint ou voulu.

    Pour aborder le thème du voyage, expliquer les raisons d’un départ, les difficultés rencontrées, les regards tournés vers d’autres horizons porteurs d’espoir et d’une autre vie, les enseignantes Marie Laure Brignou-Ledan et Béatrice Camallonga avaient choisi d’inviter Marcel Hnepeune.

    Cet homme fait partie de ces artistes qu’on ne présente plus en Nouvelle-Calédonie et qui a connu plusieurs phases de transition au cours de sa vie, notamment en choisissant l’exil volontaire pour effectuer des études, à Nouméa d’abord, puis en Métropole.

    S’en est suivi le service militaire où il a réellement effectué ses premiers pas dans la musique, puis l’entrée dans la vie professionnelle et familiale. Et enfin, son retour en Nouvelle-Calédonie, poussé par son épouse d’origine métropolitaine, tombée amoureuse du pays. Très rapidement, les élèves se sont lancés dans des interviews avec des questions bien précises telles que : « Pourquoi êtes-vous parti de chez vous ? », « Avez-vous bien réfléchi à votre départ ? », « Avez-vous eu besoin d’aides financières, familiale et matérielle ? », « Regrettez-vous votre choix ? », « Comment êtes-vous passé de la vie professionnelle à la musique ? », « Pourquoi avez-vous choisi de revenir à Lifou ? ».

    Parti à 13 ans

    Marcel Hnepeune, 56 ans, originaire de la tribu de Luengoni, dans le district de Lossi, a expliqué aux collégiens qu’ils avaient la chance, aujourd’hui, d’avoir des collèges et un lycée sur l’île, car à son époque, les jeunes étaient contraints de partir à Nouméa s’ils voulaient poursuivre des études secondaires, et les moyens de transport actuels n’existaient pas. Lui, a quitté Lifou à l’âge de 13 ans pour aller au collège, à Nouméa, où il était interne. Pas simple d’ailleurs de côtoyer, du jour au lendemain, des jeunes venant de la Grande Terre et des autres îles. Mais il a poursuivi sa scolarité jusqu’au bac avant de partir en Métropole pour des études d’expert-comptable et effectuer son service militaire, obligatoire à l’époque.

    Si c’était à refaire...

    Habitué à gratter sa guitare sous les cocotiers de Luengoni, comme il le dit, c’est avec ses amis de l’armée qu’il s’est perfectionné dans la musique. Alors qu’il était entré dans la vie active, il a rencontré sa future épouse, originaire de Nice.

    Au cours de vacances, il est revenu à Lifou présenter, à sa famille, sa bien-aimée qui est aussitôt tombée amoureuse de la Nouvelle-Calédonie.

    Deux années plus tard, en 1995, ils étaient de retour mais sur Païta. Trois enfants sont nés de leur union avant un retour définitif sur Lifou. Pour lui, cela fut difficile car il s’était habitué à une vie « mouvementée » qui lui a permis de bénéficier d’une ouverture d’esprit et d’une gymnastique d’analyses quotidienne qu’il n’aurait jamais eue s’il était resté sur son île natale.

    Pour clore son interview, Marcel Hnepeune précise qu’il a suivi le cheminement typique des jeunes îliens et que, s’il devait le refaire, il le referait.

    A présent les jeunes vont devoir retranscrire, individuellement, le parcours d’ « exilé » de leur invité et ouvrir leur regard sur le monde extérieur afin de réaliser un compte-rendu vivant, mêlant écriture, dessin et cartographie, susceptible de servir de support pédagogique pour parler de l’exil familial, social et professionnel.

  • DANS LA MÊME RUBRIQUE
  • VOS RÉACTIONS