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  • De notre correspondant M. Granados | Crée le 20.04.2019 à 04h25 | Mis à jour le 23.04.2019 à 10h27
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    Pas d'essence et pas non plus d'alimentation. Les commerçants étaient absents, hier à Lifou. Photos M. G.
    LIFOU. Hier, vendredi, les commerçants de l’île ont baissé leurs devantures pour protester contre les mises en place successives de l'application des marges contrôlées généralisées et la fin de la « marcheà blanc » induisant l'application des taux pleinsde la nouvelle taxe T.G.C.

    Le collectif des commerçants de Lifou, qui regroupe une vingtaine de responsables de magasins d’alimentation, stations-service et autres commerces a fermé ses magasins, hier, pour protester, entre autres, contre la fin de la marche à blanc de la TGC. Le collectif s’était manifesté, fin mars, par la remise d’un courrier revendicatif à l’aire coutumière Ne Drehu, à la Subdivision administrative des îles Loyauté, à la province des Îles Loyauté et à la mairie de Lifou.

    En parallèle, des courriers ont été adressés au gouvernement de Nouvelle-Calédonie et à la Direction des affaires économiques (DAE). Les commerçants de Lifou se refusent à être des commerces d’Etat et souhaitent pouvoir gérer leurs commerces en tant que chef d’entreprise.

    Ils dénoncent l’absence de grille tarifaire pour le fret avion (au kg) et le taux instauré depuis plusieurs années qui ne correspond plus à la réalité.

    - L’absence de marge correcte sur certains produits de première nécessité, une fois mis à la vente dans les magasins (Eaux du Mont-Dore, Christaline, lait en poudre, lait en brique, riz, sucre, etc.).

    - La prise en charge du prix du fret routier depuis le port de Wé

    - L’obligation de contrôle des prix systématiquement à chaque arrivage hebdomadaire.

    - Le financement des nouveaux postes, le recalcul des prix de vente, au kilo et au litre ainsi que l’affichage en magasin. Les menaces de contravention en cas d'erreurs même si elles restent humaines.

    - La baisse de la marge brute commerciale entraînant une chute de la trésorerie et, par voie de conséquence, des difficultés de règlements (factures fournisseurs, loyers, salaires, frais commerciaux, charges sociales et TGC.

    La situation actuelle ne permet plus à ces commerçants d’investir et aucun développement n’est visible à l'horizon. La fermeture demeure certaine pour les établissements les plus vulnérables et ceux de proximité et des licenciements massifs sont à prévoir. La revente de ces commerces, totalement dévalués en six mois de temps, est impossible. Par ailleurs ils sont contraints de stopper l’importation des produits qui ne génèrent plus suffisamment de marge.

    Le collectif des commerçants de Lifou souhaite une augmentation des taux du fret sec et frigo. La révision à la hausse de l'ensemble des marges pour les commerces de plus ou moins 300 m2 sur les îles Loyauté.

    Un arrêté promulguant l'exclusion des commerces d'alimentaire de Lifou et des îles Loyauté, du champ d'application des produits à marges contrôlées de l’annexe 2 dans le but de laisser libre cours à la libre concurrence, à la possibilité donnée au chef d'entreprise de faire des choix stratégiques qui s’imposent.

    Prêts à continuer leur action

    Différentes réunions se sont déroulées et des discussions sont toujours en cours avec la DAE sans qu’aucun accord n’ait encore été trouvé.

    En conséquence, le collectif des commerçants de Lifou a informé le gouvernement de Nouvelle-Calédonie que, dans la continuité de leur démarche de contestation des marges contrôlées de l’annexe 2 appliquées à leur profession, et afin d'appuyer leur demande de suppression du contrôle des prix prévu dans les îles Loyauté ainsi que sur le reste du territoire, il avait été décidé à l’unanimité de poursuivre les actions de revendication, à savoir la fermeture de l'ensemble des magasins d'alimentation (y compris stations-service, autres commerces rattachés, tabac, boulangerie...) la journée du vendredi 19 avril.

    Le collectif des commerçants souhaite également alerter la population sur la situation économique précaire dans laquelle les commerçants de Lifou se trouvent et informer qu’ils restent prêts à continuer leur action dans le futur. Celles-ci, qui pourraient revêtir plusieurs formes, auront toujours le même but : faire entendre leurs voix.

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