Îles
  • De notre correspondante,Sophie Mendes | Crée le 28.04.2018 à 04h30 | Mis à jour le 01.05.2018 à 10h34
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    Professionnels, parents et personnes en situation de handicap ou de dépendance entourent Séverine Evain (tee-shirt blanc), responsable du Conseil handicap et dépendance. Photo S.M.
    îles. Dans le cadre de son cycle mensuel de conférences-débats, la commune a organisé dernièrement une rencontre publique sur le thème du handicap et de la dépendance.

    «Pourquoi les structures et les moyens sont-ils présents à Lifou alors qu’un tiers de la population concernée est à Maré ? », a demandé l’une des participantes présentes à la conférence organisée le vendredi 20 avril, sur le thème du handicap et de la dépendance. Les 322 Si Nengone en situation de handicap ou de dépendance représentent 6 % de la population de Maré, et constitue un tiers de la celle des îles Loyauté. Une réalité qui explique un sentiment de « laisser-pour-compte » ressenti par certains résidents.

    Si Séverine Evain, responsable du Conseil handicap et dépendance pour le gouvernement, confirme un volume plus important à Lifou, mais une proportion plus forte à Maré, elle a aussi tenu à informer que l’île voisine disposait d’acteurs de proximité et d’une organisation qu’on ne retrouvait pas en pays nengone.

     

    Un réseau à construire

    « On a tous la possibilité d’agir pour réduire les conséquences du handicap. On parle dorénavant de situation de handicap, car on lui reconnaît une dimension médicale mais aussi une dimension sociale. La situation dépend aussi fortement de l’environnement dans lequel la personne évolue », a précisé la conférencière.

    Et de rappeler que le gouvernement est là pour accompagner des initiatives locales qui orientent les aides et les moyens selon les besoins et les spécificités locales.

    « Aujourd’hui, on a moins d’argent et on sait les difficultés que provoque le déracinement, donc construire un bâtiment n’est pas forcément la solution. On veut pouvoir accompagner les populations chez elles, avec elles », a renchéri Marielle Hardjosalikoen de la Dass-NC, également présente à la conférence.

     

    Un sujet encore tabou ?

    En reconnaissant l’importance du soutien financier, Séverine Evain a invité son auditoire à fédérer les aides existantes et à constituer un réseau de proximité qui semble faire défaut à Maré. Alors que dans la région Asie-Pacifique, la plus peuplée au monde, les personnes en situation de handicap ou dépendance représentent 10 à 12 % de la population totale, elles représentent 6 % en Europe et 3,9 % en Nouvelle-Calédonie. « Si on peut supposer que toutes les personnes en situation de handicap ou de dépendance ne sont pas connues, les 6 % à Maré montrent que la démarche fonctionne », a commenté la conférencière.

    Certaines personnes n’ont pas conscience de leur situation, d’autres n’ont pas connaissance de la démarche ou ne souhaitent pas être reconnues. « La dimension évolutive du handicap est reconnue par l’Onu depuis 2006. Une situation de handicap n’est jamais définitive. Nous sommes des hommes et donc surprenants », a souligné Séverine Evain.

    La psychologue scolaire de Maré, présente dans la salle, a reconnu qu’on pouvait « avoir peur d’une étiquette sur son enfant, mais il faut surtout voir un besoin à un instant T qui peut évoluer si l’enfant est bien pris en charge ». Comme l’a précisé le vice-président du CCAS de Maré, le tabou se heurte aussi à Nengone à la volonté des familles de s’occuper elles-mêmes de leurs aînés, comme un devoir. « C’est très honorable, mais pour pouvoir aider longtemps, il faut parfois un soutien extérieur. Avant d’être dans l’urgence d’une situation qui aurait pu être anticipée et mieux accompagnée, avant d’être épuisé, il est peut-être important de se dire qu’on aidera mieux si on trouve du soutien. Un déracinement peut avoir des conséquences importantes, surtout dans un milieu où la cohésion sociale est forte comme à Maré. »

     

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