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  • De notre correspondante, Sophie Mendès | Crée le 06.07.2018 à 08h04 | Mis à jour le 06.07.2018 à 08h04
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    Isabelle Tyuienon Oujanou lors du discours de clôture de la journée Valeur de la femme communale no nengone à Tadine le 28 juin 2018 : « On a besoin des jeunes filles et jeunes mamans pour continuer le mouvement. Il est fini le temps de réfléchir, de regarder. Levez-vous ! Le chemin est ouvert ! »
    MARÉ. Présidente de la nouvelle ONG Femmes pays créée le 8 mars à l’occasion de la Journée internationale des droits des femmes, Isabelle Tyuienon Oujanou a présenté la nouvelle organisation aux femmes de Maré jeudi dernier à Tadine.

    Avec pour objectif de défendre les droits et toutes les actions en faveur des femmes, visant leur bien-être, l’ONG Femmes pays créée en mars dernier, veut représenter les femmes calédoniennes au niveau international. « La création de cette ONG est l’aboutissement de dix années de travail des services provinciaux et du service de la condition féminine, a introduit sa présidente, Isabelle Tyuienon Oujanou. Nous occupons une place importante dans la société civile et les femmes en général représentent 50 % de la population mondiale. » En phase de démarrage, l’ONG sait qu’elle doit communiquer largement pour obtenir l’adhésion du plus grand nombre et compte sur le dynamisme et l’engagement de sa secrétaire-adjointe, Ozin Eatene de Rôh, pour mobiliser les femmes de Maré. Jeudi dernier, à Tadine, Isabelle Tyuienon Oujanou a précisé les quatre volets autour desquels les membres sont amenés à travailler. L’égalité hommes-femmes constitue le premier avec en ligne de mire, la défense des droits des femmes et la lutte contre les violences dont elles sont victimes. Un deuxième volet est axé sur l’économie solidaire que les femmes kanak ont particulièrement développée. Un réseau d’entraide que l’ONG veut ériger en modèle. La culture et les arts sont au coeur du troisième volet qui veut mettre à l’honneur le savoir-faire en matière de tressage, de danse, de chant et d’autres pratiques traditionnelles uniques. Enfin, un quatrième volet s’attaque à la lutte contre toutes les discriminations à l’égard des femmes. Un programme ambitieux dans lequel l’ONG s’investit déjà en siégeant au Conseil de lutte contre les discriminations, en participant à une formation couture à Mallicolo pour partager avec les femmes vanuataises ou encore en organisant un marché tous les deux mois à l’espace expovente solidaire Arti’Fées de Nouméa.

    Représenter les femmes sur la scène mondiale
    Avant cette intervention à Maré, la plupart des Calédoniennes n’avaient qu’une idée assez vague de cette organisation. Elles savent aujourd’hui que son objectif premier est de les représenter, dans leur diversité, sur la scène mondiale. De quoi donner des ailes aux collectivités de Maré, déjà convaincues que l’île regorge des ressources et des compétences nécessaires. « La richesse de nos îles sont nos matières premières et notre capacité à les transformer. Nous avons tout en tribu, à condition de ne pas être fainéant. Il nous faut valoriser les initiatives locales en travaillant avec les communes pour les accompagner au mieux. Les talents sont ici. Pourquoi commander du pandanus synthétique pour décorer nos hôtels et maisons ? C’est aberrant », a argumenté Emélie Katrawi, chef du service provincial femmes et famille

     

    Jeanne Wanaro, présidente de la Fédération des associations de femmes de Maré

    A 68 ans, cette arrière-grand-mère voit « ce qui se passe dans les foyers, dans les tribus ». Pour Jeanne, l’important est de travailler avec les femmes, de les amener à faire ensemble, à apprendre des autres, à vendre ses productions locales pour participer aux besoins de chacune. C’est le rôle de la Fédération qui veut regrouper les femmes et les amener à partager les savoir-faire et les moyens. « Les femmes de Maré ont tendance à rester dans leur coin, enfermées. J’étais comme ça aussi mais en m’engageant, je me suis ouverte. Aujourd’hui, j’ose m’exprimer. On veut les amener à adhérer pour qu’elles s’ouvrent aussi », explique Jeanne. Alors que la Fédération compte quatorze associations actives, d’autres n’adhèrent pas encore et certaines sont en sommeil. L’un des grands chantiers reste, selon elle, les violences faites aux femmes, sujet phare de la journée de mobilisation du 25 novembre. D’ici-là, rendez-vous est donné le 23 juillet chez Ozin à Rôh pour leur rencontre mensuelle. « On s’informe, on partage, on travaille ensemble… »

     

    Sophie Tahmumu, présidente de l’Association des femmes de La Roche

    Sophie a célébré ses 60 ans le 28 juin, un hasard que les organisatrices n’ont pas manqué de souligner. Présidente de l’association des femmes de La Roche, Souriant Village, depuis 2010, elle participe à la fabrication et à la vente de productions artisanales, visite les malades et contribue au partage des savoir-faire. Sophie s’occupe, depuis 2002, de l’entretien et de la décoration de l’église de La Roche pour la messe du dimanche. Au centre culturel Yeiwene-Yeiwene, face à sa maison, elle entretient le jardin et anime des ateliers, notamment pour l’association de sauvegarde du patrimoine Nengone, Tapene. Maman de huit enfants, elle dit avoir basé leur éducation sur la religion. Une fête d’anniversaire avec ses parents, ses soeurs et ses enfants était organisée en fin de journée jeudi, en son honneur. Une femme comblée et engagée

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