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  • De notre correspondante,Sophie Mendes | Crée le 26.07.2018 à 04h25 | Mis à jour le 26.07.2018 à 04h25
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    Mercredi, dans son bureau, Philippe Kauffmann se prépare à vivre une journée émouvante. Personnels, élèves et parents s’activent pour une cérémonie d’au revoir à la mesure de leur attachement. Photo S.M.
    Maré. Après quatre années passées à la direction du collège public de Tadine, Philippe Kauffmann quittera le Caillou fin juillet. Retour sur le parcours d’un chef qui a laissé sa marque dans l’établissement.

    C’est en 2009 que Philippe Kauffmann réussit son concours lors d’un premier séjour en Nouvelle- Calédonie. Professeur à Mariotti pendant deux ans, il a fait « fonction » à Païta pendant six mois avant de repartir pour la Métropole où l’attendait sa formation de personnel de direction dans l’académie de Toulouse. Après cinq ans en tant que principal adjoint de collège, il demande son affectation en Nouvelle- Calédonie, frustré de ne pas avoir terminé son premier séjour.


    Un jumelage avec Auckland

    C’est ainsi que Philippe Kauffmann prend son premier poste de principal au collège de Tadine, en septembre 2014. Il a alors pour objectif d’enrayer la chute des effectifs. Avant de s’attaquer au fond, le nouveau chef entreprend de redonner un coup de jeune aux bâtiments et d’instaurer une tenue commune afin de donner une meilleure identité visuelle au collège pour le rendre plus attractif. « Ça, c’était sur l’apparence. On s’est ensuite attaché à susciter des initiatives pour faire du collège un lieu tourné vers la pédagogie, plus qu’il ne l’était. Nous avons créé la section Euro-Pacifique, mis en place un échange culturel avec le collège Mariotti, créé un jardin biologique, organisé la Fête de la science et aussi recréé du lien avec l’internat, construit un dock pour les agents, mis en œuvre un projet citoyenneté et santé pour les élèves… »

    La liste des réalisations est longue. Avant son départ, le « capitaine du bateau », comme le nomme une collègue, aura eu la satisfaction de voir aboutir le voyage de la section Euro-Pacifique en Nouvelle-Zélande, et de voir naître un projet de jumelage avec un collège d’Auckland.

    Conscient que ces projets ne peuvent durer sans une équipe éducative stable, Philippe Kauffmann a œuvré pour le maintien des maîtres auxiliaires expérimentés et se réjouit de n’avoir accueilli que trois nouveaux enseignants cette année. « Mon action sera réussie si tout ce que j’ai contribué à mettre en place perdure. »

    Pour créer des ponts entre les disciplines et les professeurs, il engagera son collège parmi les établissements expérimentateurs de la réforme, obligeant les enseignants à travailler davantage ensemble. « C’est difficile d’arriver à l’osmose entre différentes cultures mais aujourd’hui, l’équipe s’entend bien. Les choses sont plutôt harmonieuses. » Respectueux de la culture et des valeurs véhiculées ici, Philippe Kauffmann s’attachera à faire en intégrant les aspects coutumiers et religieux de Maré. Lors du Séminaire de la jeunesse en 2015, c’est lui qui ouvrira les portes de l’aumônerie au sein des collèges publics. Soucieux de valoriser ses élèves, il renforcera les heures d’enseignement du nengone dans son établissement. Lorsqu’il lèvera le drapeau français en 2016, il demandera à pouvoir lever le drapeau kanak en même temps. « Il était important que les enfants voient que l’école respecte leur langue et leur culture. »

    Philippe Kauffmann fera sa rentrée en tant que proviseur adjoint dans un lycée de Mérignac de mille six cents élèves. Avant de quitter le Caillou, il aura passé le relais à sa remplaçante qui arrive de Saint-Martin, en Guadeloupe, et débutera au collège de Tadine dès le 1er août.


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    « C’est un bosseur. Toujours dans son travail. C’est le capitaine du bateau. Il est respectueux, humble, toujours à l’écoute.

    Il a toujours du temps pour son personnel.

    Depuis qu’il est arrivé, le directeur de l’internat travaille avec le collège. Il est toujours associé. »

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    « C’est quelqu’un qui a toutes les qualités. On se sent bien avec lui. Il aide beaucoup. De tous les directeurs, il est le plus abouti. Il est spécial. Nous n’avons jamais eu de différends. On tombait toujours sur un consensus. Il trouve toujours les mots pour apaiser, pour avancer, nous rendre plus fort. On va beaucoup le regretter. »

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    « Ça a été un bon principal. Depuis qu’il est arrivé, il a marqué car il participe à tout ce qu’on fait. Il a été présent au collège et dans la coutume. Il est à notre écoute. Cela fait dix-huit ans que je suis là. Parmi les directeurs que j’ai connus, il aura été celui qui nous aide, qui est là pour nous, toujours là quand on en a besoin. »

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