Îles
  • De notre correspondante Sophie Mendes | Crée le 28.07.2018 à 04h25 | Mis à jour le 28.07.2018 à 04h25
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    Patrice Laroppe a remercié le collectif de remettre ces informations à la population, quand Pierre Ngaiohni, maire de Maré, a rappelé aux Si Nengone l’importance de remonter tous renseignements utiles au CSI et à la gendarmerie. Photos S.M.
    Îles. Marine nationale, Sécurité civile, représentant de l’armateur, gendarmerie, sociétés Socadis et TP Risks accompagnaient le commissaire délégué de la République pour les îles Loyauté et la commune de Maré, jeudi, pour un nouveau point d’actualité sur le Kea Trader.

    C’est pour répondre aux interrogations et aux craintes des Si Nengoné que le commissaire délégué de la République pour les îles Loyauté, Patrice Laroppe, s’était engagé à venir régulièrement informer la population de l’avancée des opérations autour du navire échoué. Jeudi, une nouvelle rencontre publique s’est ainsi tenue à Pénélo, sur la côte Est de l’île, la plus touchée par la pollution.

    Malgré les informations données par le commissaire Jamot de la Marine nationale, un sentiment de méfiance planait toujours dans l’assemblée à la fin de l’exposé.


    Une erreur humaine

    Les participants s’interrogeaient sur la méthodologie employée pour évacuer le bateau. « Ne l’a-t-elle pas fragilisé ? », questionne un premier résident. « Non », répond le commissaire Jamot, expliquant que les vagues en sont la cause principale. « Comment un bateau neuf peut-il s’échouer sur un récif connu ? », s’interroge un autre.

    D’après les conclusions de l’enquête très récemment publiées, aucune avarie technique n’est à l’origine de l’échouement. « C’est un problème de traçage de route. Une mauvaise utilisation du logiciel de cartographie. Une erreur humaine. C’est pour cela qu’ils n’ont même pas freiné », a précisé le commissaire Jamot. « Qu’est-ce qui nous garantit que ça n’arrivera plus ? Ne peut-on obtenir une dérogation pour éviter un nouvel accident au large de nos côtes ? », s’enquièrent plusieurs participants.


    De nouveaux moyens

    Si les inquiétudes sont légitimes, la délégation ne peut qu’exprimer son impuissance à répondre. « Une avarie technique ou une erreur humaine sont toujours possibles. Le Kea Trader est dans une zone où il y a une liberté de navigation que la France ne peut pas, unilatéralement, remettre en cause. L’Etat n’est souverain que jusqu’à douze nautiques de ses côtes et ne peut pas interdire à un bateau de prendre telle ou telle route », a encore expliqué le commissaire Jamot.

    Et de rappeler la chance d’être face à un armateur qui prend ses responsabilités et a permis de mettre en place des moyens qui ont évité le pire, une marée noire potentielle de 750 tonnes de fioul lourd.

    Sur les opérations et mois à venir, les autorités restent prudentes également. Rien ne garantit une météo clémente qui stopperait la désagrégation du navire. Un nouvel appel d’offres a été lancé pour ôter l’épave devenue irrécupérable.

    Une première étape a déjà permis de récolter douze tonnes de débris. Une deuxième étape est à l’étude pour découper le reste du navire sur le récif. « C’est le plan proposé mais on doit en étudier la faisabilité et les risques. »

    Des moyens lourds arriveraient à la fin du premier semestre 2019. « Une barge plus grande qu’un terrain de foot et une grue pour des découpes sous-marines », a-t-on précisé encore avant de confier qu’un retour à la normale prendrait plusieurs années.


    Une demande de contre-expertise

    Sur les opérations en cours, le commissaire Jamot s’est voulu rassurant tout comme la Sécurité civile. « Les huit conteneurs pleins, immergés en cale 1, ne présentent pas de danger », a dit le premier quand le deuxième a révélé les derniers résultats d’analyses d’eau et de produits issus de la mer. « L’eau de mer est consommable […] Les conclusions de la Davar indiquent une absence de contaminations des organismes marins. » Malgré cela, la population reste sur ses gardes et demande encore des contre-expertises jugées non nécessaires par les autorités qui se sont appuyées sur un laboratoire indépendant, aux méthodes éprouvées. « Vos plages ont été dépolluées. Il reste des « big bag » de déchets que je m’engage à faire évacuer », a conclu Patrice Laroppe avant d’inviter la population à éviter les « informations erronées, sources d’inquiétudes injustifiées ».

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