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  • De notre correspondante, Sophie Mendès | Crée le 06.07.2018 à 08h14 | Mis à jour le 06.07.2018 à 08h14
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    Chaque groupe a désigné un rapporteur pour restituer les réflexions et propositions d’actions. Les aînés ont souhaité s’exprimer en dernier pour faciliter la prise de parole des jeunes Maréens. Photo S.M
    MARÉ. C’est à Nengoné, mardi, qu’ont eu lieu les premiers ateliers décentralisés des états généraux de la jeunesse initiés par le gouvernement et officiellement lancés le 27 juin.

    Les états généraux de la jeunesse, lancés le 27 juin par le gouvernement ont été inaugurés mardi à Tadine. « Les débats ont été très riches. J’ai beaucoup appris de ces échanges. Nous aurions pu rester deux jours », s’est exprimé Christophe Chalier, en conclusion d’une journée de travail très dense sous le faré du site Ofono. Conseiller jeunesse à la direction de la jeunesse et des sports, il a été désigné référent pour les états généraux et le plan jeunesse.nc qui en découlera. Dans cet objectif, dix-neuf regroupements ont été programmés sur l'ensemble du pays avant un rassemblement final le 18 août à Bourail. En invitant jeunes, professionnels, coutumiers, religieux… à réfléchir ensemble à la jeunesse, le gouvernement souhaite tirer de ces consultations populaires un état des lieux, préciser les aspirations des jeunes et élaborer un plan qui tienne compte de la réalité des jeunes Loyaltiens. « L’Eglise fait des choses pour la jeunesse, les coutumiers aussi, mais on ne retrouve pas leurs actions dans nos plans institutionnels. Nous devons prendre en compte ces idées du terrain », a précisé Claude Gambey, lors du discours d’introduction. Chef de cabinet de Valentine Eurisouké, il est par ailleurs originaire de Maré. Pour faciliter les échanges entre générations, les participants ont été réunis en sous-groupes pour répondre à trois questions : « Qu’estce qu’être jeune Nengone ? Au regard de cette réalité, quels objectifs peut-on se fixer ? Quelles actions concrètes peut-on mener ? » Si les aînés ont focalisé le débat sur les enjeux politiques et économiques, les jeunes se sont montrés plus terre à terre. Ils ont surpris l’assemblée en se positionnant comme acteurs au sein de leur tribu, rappelant leur rôle lors des travaux coutumiers, leur activité au champ ou encore leur adhésion à de nombreuses associations, dans l’Eglise, le sport ou les arts. Ils ont néanmoins évoqué sans fard leurs difficultés : violences intrafamiliales, consommation abusive d’alcool ou de cannabis et suicide.

    « Aller plus loin, plus haut »
     Face à ces réalités, les jeunes ont clairement exprimé le souhait d’un plan « avec les jeunes, pour les jeunes, sans récupération politique, avec des acteurs qui regardent tous dans le même sens et ont un discours commun ». Parmi les actions concrètes suggérées, la création d’espaces et de temps dédiés aux jeunes est nettement ressortie (Point I, forums emploi, maison des jeunes, centres de loisirs…). Si leur donner davantage de responsabilités et les valoriser sont les objectifs qu’ils ont définis, les jeunes de Maré semblent avoir pleinement conscience de leurs limites en suggérant des accompagnements dans la recherche d’emploi et les démarches administratives mais aussi la mise en place de groupes de parole pour développer la capacité à s’exprimer. Une étape clé « pour aller plus loin, plus haut », comme ils l’ont conclu.

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