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  • De notre correspondante, Sophie Mendes | Crée le 17.07.2018 à 04h25 | Mis à jour le 17.07.2018 à 04h25
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    Emilie dans son atelier couture à son domicile de La Roche.Photo S.M.
    Maré. Emilie Salo vient d’acquérir une machine à coudre grâce à un microcrédit. Une opportunité qui va lui permettre de répondre aux nombreuses commandes qui affluent.

    Originaire de Rôh où elle est née il y a tout juste soixante ans, Emilie Wahnuhnu épouse Salo est une autodidacte de la couture. « J’ai appris avec ma mère qui avait une petite Singer à la main. On a commencé avec de petites choses. »

    Une fois mariée, elle fabrique les vêtements de ses enfants et envisage de monter son projet couture avec la province. Mais à cette époque, l’électricité nécessaire représente encore un coût trop important pour sa belle-famille.

    Alors elle se débrouille, comme on le lui a toujours appris. Elle va au champ, fait du pain et vend pour subvenir aux besoins du foyer. Emilie est maman de six enfants et grand-mère de sept petits-enfants.

    C’est à l’approche de la soixantaine, il y a trois ans, qu’elle commence à vendre les robes et les tuniques qu’elle confectionne de A à Z. Elle coupe, assemble, teint et appose ses motifs à l’aide d’objets de récupération comme un bouchon de bouteille plastique ou la grille d’une vieille table à repasser. Emilie ne sait pas d’où lui vient l’inspiration et dit simplement que « c’est un don de Dieu ». C’est l’une de ses filles qui lui conseille de se renseigner pour parvenir à honorer les commandes qui commencent à affluer. Elle qui pensait ne plus avoir droit à un prêt à son âge se tourne alors vers l’Adie et obtient un microcrédit de 266 000 francs avec lesquels elle acquiert et se fait livrer une machine à coudre Singer, des tissus et de la teinture.


    Robes et tuniques pour les mariages

    Dans son atelier couture, des vêtements à dominante bleu attendent sur les cintres. Elle a eu une commande de trente robes et trente tuniques pour le mariage du grand chef de Wabao mi-juillet.

    « Quand je suis fatiguée de coudre, je vais au champ ou je fais du pain ou des gâteaux. » Emilie continue à mener sa petite vie de front et travaille mieux et plus vite grâce à sa nouvelle machine. Elle va bientôt commencer la confection d’une vingtaine de robes pour le mariage de sa fille, fin juillet. Ses enfants l’aident un peu pour la teinture mais ne touchent pas la machine, précieuse, qui reste entre les mains expertes d’Emilie.

    Son savoir-faire est reconnu. Ses enfants mettent aussi des photos de ces créations sur Internet. Quand elle a un peu de stock, rarement, elle expose lors des journées dédiées au savoir-faire des femmes.

    Si elle invite les jeunes filles à se réunir en association, elle préfère de son côté travailler seule, à son rythme, sans engagement. « C’est bon pour les filles mais pour les femmes, il faut que le mari soit d’accord aussi. On a d’autres obligations, comme le champ. On ne peut pas faire de la couture tout le temps. »

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