Îles
  • De notre correspondante,Sarah Maquet | Crée le 10.04.2019 à 04h25 | Mis à jour le 10.04.2019 à 07h45
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    L’insecte ne mesure que quelques millimètres. Il a, pour l’instant, été repéré à Banutr. Photo S.M.
    OUVÉA. Des associations d’Iaai et un représentant de la Chambre d’agriculture ont informé la tribu de Banutr des risques que représente le brontispa du cocotier. L’insecte a été repéré pour la première fois au centre d’Ouvéa en septembre.

    Il ne mesure que quelques millimètres, ne vit que quelques mois et ne se déplace que de quelques centimètres par un vol nocturne. Pourtant, quand le brontispa s’installe au cœur d’un cocotier, il y a peu de chance de l’en déloger. « Il faut abattre l’arbre et le brûler, explique Kuin Wetewea, de l’association Arbofruits, mais il faut alors s’assurer que le brontispa ne se déplace pas sur le cocotier voisin. »

    Originaire d’Indonésie, l’insecte a été détecté à partir des années 40 sur la Grande Terre et en 2012 à Maré. « Là-bas, 95 % des cocotiers sont maintenant infectés et beaucoup d’arbres meurent », précise Pothin Wadra, animateur épidémio-surveillance des îles Loyauté pour le GDSV (Groupement de défense sanitaire des végétaux) de la Chambre d’agriculture de Nouvelle-Calédonie.

    « Ici, vous avez en plus la ressource du coprah liée aux cocotiers, poursuit le technicien, sans parler du préjudice esthétique : Ouvéa est belle car il y a des cocotiers. » Le brontispa a, pour l’instant, été repéré à Banutr, dans un rayon de 1,5 kilomètre de long sur 400 mètres de large. Entre 30 et 50 cocotiers seraient, aujourd’hui, contaminés. « Mais peut-être qu’au moment où nous parlons, l’insecte est déjà en train de se déplacer jusqu’au nord de l’île », s’inquiète une participante à la réunion.

    Des contrôles phytosanitaires

    Dans le public, les questions sont nombreuses, d’autant que les diapositives présentées par Pothin Wadra contiennent encore beaucoup de points d’interrogation. « On sait, par exemple, que les perce-oreilles ou le champignon beauveria sont efficaces contre le brontispa, mais est-ce qu’il y en a assez ici ou est-ce que d’autres espèces endémiques pourraient faire le même travail ? »

    Pour Kuin Wetewea, il n’y a aucun doute : il faut oublier la possible lutte chimique, ne pas attendre l’aide de l’extérieur et débuter dès maintenant les recherches avec des produits naturels d’Ouvéa. Une autorisation en ce sens a été donnée par la communauté de Banutr.

    La matinée d’information s’est terminée sur cette question : comment le brontispa est-il arrivé jusqu’à Ouvéa ? Là encore, pas de réponses certaines mais une piste : que l’insecte ait profité d’une importation de végétaux depuis la Grande Terre pour voyager jusqu’à Iaaï. D’où cette proposition, défendue par l’Association pour la sauvegarde de la biodiversité d’Ouvéa (ASBO) : mettre en place des contrôles phytosanitaires entre Nouméa et les îles. « Il en existe bien, avec le Sivap [Service d’inspection vétérinaire, alimentaire et phytosanitaire], à La Tontouta et au port, alors pourquoi pas ici ? interroge Jacques Adjouhgniope, président de l’ASBO, un projet de biosécurité interne est en tout cas prêt depuis 2016, il est entre les mains de la province des îles Loyauté. Comme ça, ils savent qu’ici, comme pour le brontispa, nous sommes prêts à lutter pour notre île ! »

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