Îles
  • De notre correspondante, Sarah Maquet | Crée le 27.05.2019 à 04h25 | Mis à jour le 27.05.2019 à 14h45
    Imprimer
    Pour la venue de l’inséminateur, la construction d’un couloir à bovins est obligatoire. Chez Toky Madjele, la structure est installée à l’année. En métal, c’est une des plus solides de l’île. Photos S.M.
    OUVÉA. Trente vaches ont été examinées dans l’île par Pierric Arnoux, inséminateur venu de Nouméa, et une vingtaine ont reçu un implant. L’insémination aura lieu le 31 mai. Les veaux devraient naître fin février.

    Tirer fort sur la corde, faire entrer le bovin dans le couloir métallique, murmurer quelques mots à son oreille pour le tranquilliser puis laisser Pierric Arnoux, gants jusqu’aux coudes, s’approcher.

    Chez Toky Madjele et son fils Waköiö, à Weneki (nord d’Ouvéa), chacun est à son poste. Ne reste que les vaches à convaincre de se laisser inséminer. « Vous en avez déjà deux de pleines », informe Pierric Arnoux, après examen des cinq bovins de la maison. « C’est à cause du taureau du tonton, il le laisse toujours en liberté », explique Waköiö.

    L’éleveur fait tout de même appel, chaque année, à l’inséminateur. Question de prix et de renouvellement des espèces. La province débourse 800 000 francs par an pour les campagnes d’insémination à Ouvéa, Maré et Lifou. Les éleveurs payent une fois 3 000 francs d’adhésion à l’Upra bovine puis 2 500 francs par vache inséminée. Sans cette aide, une insémination coûterait 15 000 francs.

    Deux inséminateurs de la Grande Terre se relaient pour les campagnes annuelles sur les Îles.

     

    Protéger des tiques

    A Maré la semaine dernière, 107 vaches ont été vues et 40 inséminées. A Ouvéa, une vingtaine de bovins vont être inséminés durant la semaine, avec un taux de réussite de 50 %. « Ainsi on protège les bovins en apportant du sang neuf », précise Pierric Arnoux. « Sur la Grande Terre, les vaches ont des tiques, c’est un vrai fléau. Comme ce n’est pas le cas sur les Iles, l’insémination permet de ne pas faire venir des mâles extérieurs qui pourraient apporter des maladies ».

    Des vaches saines mais tout de même plus petites qu’à l’extérieur des Loyauté. « Pour un estomac comme le leur qui fait 200 litres, elles manquent d’eau ici, poursuit le docteur, et de nourriture durant les périodes sèches. Une vache gestante fait dans les 700 kg normalement. Celles-ci n’en font que 400 au maximum. On a aussi des soucis de consanguinité, ce qui fait que certaines naissent sans cornes ».

    Pour l’insémination, la race privilégiée est la limousine. Les semences viennent de Métropole. Pour d’autres espèces, elles viennent d’Australie. « Mais on envisage de récolter des semences en Nouvelle-Calédonie, car on a de nouvelles races grâce à la tropicalisation des espèces », conclut Pierric Arnoux.

    Les veaux naîtront à Ouvéa fin février, durant la saison des pluies. Un choix des médecins, pour que les vaches allaitantes puissent avoir accès à la plus grande quantité de nourriture possible.

  • DANS LA MÊME RUBRIQUE
  • VOS RÉACTIONS