Îles
  • De notre correspondante, Sarah Maquet | Crée le 03.04.2019 à 04h30 | Mis à jour le 03.04.2019 à 09h45
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    Le public, majoritairement féminin, était composé de nombreuses associations d’Ouvéa. Photos S.M.
    Ouvéa. Une délégation du service Femme et famille de la province des îles Loyauté est venue présenter, samedi, à Fayaoué, un guide de 31 propositions. L’objectif est de définir un « schéma cadre » de la politique de la famille aux Loyauté.

    Les banderoles Journée de la famille sont installées, les tee-shirts distribués. Un slogan, en lettres orange, saute aux yeux : « Assumons ensemble nos responsabilités en tribu ».

    « Il était de notre devoir de revenir ici après les trois Journées de la famille organisées à Lifou en 2016, à Maré en 2017 et à Ouvéa l’année dernière », précise Nelly Taom, en charge de la condition féminine pour la province des Îles à Ouvéa. « Il nous faut présenter la conclusion de tous les ateliers organisés. »

    Samedi (après une présentation à Maré et avant celle de Lifou), il aura fallu la matinée à Emelie Héa Katrawi, responsable du service Femme et famille de la province, pour venir à bout de la présentation des trente et une propositions publiées par son équipe. Dans la partie concrète : l’ouverture de foyers d’hébergement d’urgence pour les femmes victimes de violences ou encore la demande de reconnaissance du statut d’assistante-maternelle en tribu.

    Le guide sera traduit en langue

    D’autres propositions sont moins précises, comme celle concernant la « valorisation de la jeunesse ». Emelie Héa Katrawi précise : « C’est un projet de société que défend ce guide, l’année prochaine aura lieu le deuxième référendum d’autodétermination, nous devons nous battre pour notre identité culturelle. »

    Ainsi, il a été rappelé que l’ouverture de maisons de retraite reste impensable sur les îles Loyauté, la famille étant la base de la vie familiale kanak. De même, Emelie Héa Katrawi a souligné qu’« une fille-mère normalement, ça n’existe pas chez nous. Cette maman, qu’importe la situation, reste la fille de la maison et doit avoir sa place ».

    Le guide, préparé en concertation avec les autorités coutumières et religieuses de chaque île, a été bien reçu par le public (majoritairement féminin), à Ouvéa. Une grand-mère a, néanmoins, pris la parole en iaai (une des deux langues d’Ouvéa) pour regretter l’unilinguisme francophone de la publication. « Si vous voulez toucher les familles des tribus, il faut traduire en langue car nos mots sont précieux et les concepts qui s’y rattachent ne trouvent aucun écho en français. » Emelie Héa Katrawi baisse la tête. « Pardon Buba, je dois encore apprendre. » La responsable du service Femme et famille a conclu la matinée en affirmant que les traductions seront faites.

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    Mercredi 03/04/2019
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