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  • Baptiste Gouret | Crée le 12.04.2024 à 11h28 | Mis à jour le 12.04.2024 à 16h14
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    Le conflit opposant la province Nord et la SLN sur les garanties financières se poursuit. L’activité est toujours à l’arrêt sur les huit sites miniers concernés. Photo Archives LNC/Yann Mainguet
    Malgré une prolongation par Eramet des garanties financières de douze mois pour ses huit sites miniers, le président de la province Nord refuse la reprise de l'exploitation, ce vendredi, par la SLN. Dans un courrier adressé jeudi à l'industriel, il demande qu'elles soient étendues sur une période de quatre ans.

    [Mise à jour 16 h] Dans un courrier adressé au directeur général de la SLN et daté du jeudi 11 avril que nous avons pu consulter, le président de la province Nord Paul Néaoutyine confirme son refus de voir l’activité reprendre sur les huit sites miniers exploités par la société. Et ce malgré le renouvellement par Eramet, actionnaire majoritaire de la SLN, des garanties financières sur une période de douze mois. Un délai qui reste trop court, pour Paul Néaoutyine. "La durée de validité de cette garantie est en effet totalement déconnectée de la durée d’autorisation d’exploitation qui vous a été octroyée sur les différents sites miniers qu’elle est censée couvrir." Il demande ainsi que les garanties financières de l’industriel soit prolongées jusqu’au 11 avril 2028. Le président de la province Nord considère en effet que l’entreprise "ne peut décemment refuser de fournir des garanties au-delà de 12 mois alors qu’elle annonce partout sa volonté de s’engager aux côtés des institutions calédoniennes dans un projet de "pacte nickel" dont la première échéance est en 2027".

    [12h30] Les salariés de la SLN n’ont toujours pas réinvesti les huit sites miniers exploités par l’entreprise en province Nord. Jeudi soir, la direction de la SLN avait pourtant annoncé, dans un communiqué, que la prolongation des garanties financières sur une période de douze mois allait permettre "la reprise à venir des activités sur l’ensemble de nos sites miniers". À l’origine du conflit entre la province Nord et l’industriel, ces garanties, imposés par le code minier pour assurer une éventuelle remise en état des sites exploités, ont été renouvelées au dernier moment mercredi par Eramet, actionnaire majoritaire de la SLN, d’abord pour une période de deux mois avant d’être étendues jusqu’en avril 2025.

    Nouvelles exigences

    Une durée insuffisante, semble-t-il, pour Paul Néaoutyine. Le président de la province Nord aurait en effet adressé un courrier à la SLN jeudi soir, exposant de nouvelles exigences à l’industriel, selon une source interne. Celui-ci réclamerait désormais une période de quatre ans pour le renouvellement des garanties financières. Par ailleurs, Paul Néaoutyine aurait demandé qu’elles ne soient plus assurées par Eramet mais directement par la SLN. Depuis 2020, c’est en effet l’actionnaire principal de l’industriel qui finance ces garanties en raison de la trésorerie insuffisante de la SLN.

    Des agents de la Dimenc ont été envoyés sur les différents sites miniers pour s’assurer que l’activité était bel et bien à l’arrêt.

    Des blocages à Thio et Kouaoua

    Outre le conflit l’opposant à la province Nord, la SLN fait également face à des mouvements de travailleurs et d’habitants près des sites qu’elle exploite. À Thio, un collectif de riverains bloque depuis bientôt deux semaines l’accès à la mine. Les habitants de la tribu Saint-Philippo 2 et de quartiers mitoyens exigent la réfection de la route municipale, abîmée par les engins de mine qui l’empruntent. Un accord a été trouvé entre la province Sud, l’État et la SLN pour que cette route soit refaite, pour un montant total de 450 millions de francs. Compte tenu de sa trésorerie fragile, la SLN souhaiterait verser 150 millions dans un premier temps et étendre la durée des travaux, ce que le collectif refuse, poursuivant ainsi le blocage. Pour l’industriel, le préjudice s’élèverait à 15 millions de francs de pertes par jour, soit environ 180 millions de francs depuis le début du conflit.

    À Kouaoua, le site de la NMC, concerné par l’affaire des garanties financières entre la province Nord et la SLN, fait lui aussi l’objet d’un blocage par des travailleurs, bien que l’activité y soit de toute façon suspendue. Ces derniers auraient par ailleurs érigé un barrage sur la RPN3 pour manifester leur opposition au pacte du nickel.

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