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  • Juliette Dussaut / lnc.vkp@glnc.nc | Crée le 19.12.2015 à 03h00 | Mis à jour le 24.07.2016 à 14h32
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    Koumac, mercredi 16 décembre. Au siège du RSMA de Koumac, les matelots de Kalaa-Gomen ont reçu leur attestation de formation. Un précieux sésame pour évoluer dans leur future vie active et pour trouver plus facilement un emploi. Photo J. D.
    Mercredi, une dizaine de jeunes ont reçu un premier diplôme dans le cadre d'une formation de matelot. Sélectionnés par les mineurs pour aider au chargement des minéraliers, ils sont assurés d'être engagés.

    Il aura fallu trois années de discussions, de négociations et de préparation pour aboutir à une formation au cadre un peu particulier. L’idée de départ était simple : être en mesure de fournir de la main-d’œuvre qualifiée aux mineurs dans le cadre des activités de chargement de minerai par les remorqueurs.

    « Les mineurs ne sont pas des marins. Un capitaine qui voit arriver un équipage formé, c’est un gain de sécurité », estime Alain Giraud, responsable hygiène, sécurité et environnement maritime pour Cotransmine, la filiale transports de la SMSP. Sans compter que, depuis le transfert de compétences, les affaires maritimes poussent les professionnels de la mer à se former.

     

    Partenariat

    multiple

    L’originalité de cette formation réside en réalité dans son montage. Ce sont Cotransmine et la Sonarep eux-mêmes qui se sont chargés du recrutement des jeunes, en faisant appel aux différents responsables des intermittents, qui sélectionnent déjà habituellement les jeunes de la région qui font office de matelots lors du passage des minéraliers. Sur la trentaine de candidats présentée, dix stagiaires ont été sélectionnés, dont un a abandonné depuis. Parmi eux, huit matelots devraient être embauchés à l’issue par Cotransmine et un par la Sonarep.

    D’ici là, les jeunes sont accueillis par le RSMA, à Koumac, qui délivre la formation commune à toutes les sections du centre militaire. Mais c’est l’Ecole des métiers de la mer qui dispense les enseignements pratiques et théoriques et le gouvernement qui finance cette année de formation. Depuis le début des cours, au mois de septembre, ils ont déjà pu se frotter aux bases, et notamment aux questions de sécurité, cruciales sur un navire.

    Tous ont obtenu un premier diplôme : le certificat de formation de base à la sécurité. Mercredi, ils se sont vu remettre leur attestation de réussite « dos à la mer, l’élément que vous avez choisi pour votre avenir », affirmait le chef de corps du RSMA, Jérôme Petitcol.

     

    Un renouvellement

    incertain

    Sur un remorqueur, outre le capitaine, le maître d’équipage et le mécanicien, il faut au moins deux matelots pour assurer les nombreux allers-retours entre le wharf et le minéralier. Lors des passages des minéraliers, ils travailleront pendant un peu plus d’une semaine, de 4 heures à 20 heures et dormiront dans les couchettes du bateau.

    Manu a 23 ans et se plaît dans ce nouveau secteur d’activité. « J’aime la mer », résume-t-il. Et il ne compte pas s’arrêter là : « J’essaierai d’évoluer à l’intérieur de l’entreprise. J’aimerais passer la formation de mécanicien, puis de capitaine, pour savoir tout faire sur un bateau. » Ces nouveaux matelots devraient permettre de couvrir les besoins actuels de Cotransmine. Cela n’empêche pas cette filiale de la SMSP de souhaiter que cette formation soit reprise par le gouvernement et renouvelée à destination de publics plus variés.

    Mais la direction de la formation professionnelle continue veut prendre toutes les précautions avant de s’y engager : « Pour imaginer pérenniser cette action de formation, il faudra évaluer son taux d’insertion, notamment en raison du caractère ponctuel des missions qui seront confiées aux engagés », explique la chef de service Amanda Bao.

    La remise de diplôme était donc l’occasion pour tous les acteurs de se rencontrer et de discuter des suites à donner à cette opération.


    30

     

    C’est le nombre de stagiaires de la formation travaillant au service de Cotransmine.

    Un métier polyvalent

    L’objectif des aspirants matelots, au terme d’une année de formation : décrocher le Certificat d’initiation nautique. Un diplôme qui ouvre une porte sur un métier polyvalent, comme l’explique Jean-Christophe Dajoux, directeur adjoint de l’Ecole des métiers de la mer : « Un matelot fait partie intégrante d’un équipage. Il doit aider à la mise en œuvre du bateau, à son entretien, à la sécurité. Il a un œil sur tout, a des notions de cartes marines et de mécanique. »

    Une polyvalence qui doit également s’adapter à l’usage du navire sur lequel il est embarqué : « C’est un travail qui peut être complètement différent selon le bateau, du Betico qui oblige par exemple à la gestion du public aux remorqueurs en passant par les navires de pêche. »

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