Nouvelle Calédonie
  • E.C. | Crée le 22.09.2018 à 04h25 | Mis à jour le 22.09.2018 à 04h25
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    Vétérinaire de l’IAC, Thomas Hüe injecte une protéine du tube digestif de la tique qui va stimuler la production d’anticorps chez le bovin. Photo IAC
    AGRICULTURE. Mis au point depuis 2011 avec l’aide d’un vétérinaire australien, un vaccin contre les tiques locales fait depuis deux semaines l’objet d’une campagne de vaccination sur neuf élevages de la Grande terre, soit 1400 bovins

    A la génétique et aux traitements chimiques, s’ajoute une nouvelle arme dans la lutte contre les tiques, plaie des éleveurs. Depuis début septembre, l’Institut agronomique néo-Calédonien (IAC), avec l’appui de la Chambre d’agriculture et la DAVAR, pilote l’essai d’un vaccin anti-tique sur 1 400 bovins répartis dans neuf élevages de la Grande Terre.

    Confrontés au développement de résistance de ces acariens aux bains de produits chimiques, les races limousine et charolaise, très sensibles au parasite, sont tout particulièrement visées par cette campagne.

    Le principe consiste à injecter dans l’animal une protéine du tube digestif de la tique, qui va stimuler le développement d’anticorps chez le bovin. Ainsi, lorsque le parasite fera son repas de sang sur un animal vacciné, les anticorps viendront se fixer sur son tube digestif, entraînant une diminution de ses capacités de production et de ponte d’œufs. « Ça ne va pas forcément la tuer, mais ça va diminuer les populations de tiques, afin d’assainir les pâturages » commente Thomas Hüe, chercheur en parasitologie animale à l’IAC. Mis au point dans les années 1980 par Peter Willadsen, un vétérinaire australien, ce vaccin a été commercialisé avec succès sur l’île-continent la décennie suivante, permettant de diviser le recours aux traitements chimiques par deux, voire par trois.


    600 animaux déjà vaccinés

    Pour des raisons sanitaires, l’IAC a préféré produire son propre vaccin, à partir d’une souche de tique calédonienne. Sollicité pour son expertise, Peter Willadsen est lui-même venu sur le Caillou aider les équipes de l’IAC à recréer toutes les étapes de fabrication du vaccin. Les premiers essais menés en 2013, puis en 2015, en conditions contrôlées, ont permis de montrer que le vaccin entraînait « une diminution de plus de 75 % des capacités de reproduction des tiques fixées sur les bovins vaccinés. »

    Près de 600 animaux ont déjà été vaccinés depuis le début de cette campagne, programmée sur deux ans, avec des rappels tous les six mois. En parallèle, les élevages feront l’objet d’un suivi personnalisé. Les premiers résultats devraient être connus fin 2020.

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