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    Nouvelle Calédonie
  • Baptiste Gouret | Crée le 26.02.2026 à 16h54 | Mis à jour le 26.02.2026 à 16h56
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    L’équipe de l’Origin cinéma a présenté les perspectives et la programmation de l’année artistique et culturelle 2026, lors d’une conférence de presse organisée ce jeudi 26 février. Photo Baptiste Gouret
    Avec 121 000 spectateurs, en baisse de 63 % par rapport à 2023, le multiplexe de Dumbéa a "mobilisé tous les soutiens possibles" pour éviter la fermeture en 2025. Portée par la sortie de nombreux blockbusters et une programmation culturelle ambitieuse, l’année 2026, placée sous le signe du "mouvement", pourrait être celle d’un retour des spectateurs dans les salles obscures, espèrent les équipes.

    Quatre ans après son ouverture, l’Origin cinéma (anciennement MK2) bataille pour rester en vie. Fermé pendant 177 jours en 2024, soit environ 6 mois, à la suite des émeutes, le multiplexe de 14 salles situé à Koutio, dans le centre urbain de Dumbéa, continue de subir de plein fouet la crise économique qui frappe la Nouvelle-Calédonie. "Les personnes qui ont quitté le territoire constituaient une part importante de nos spectateurs, et on fait face à une souffrance économique majeure, les gens sortent moins, vont moins se divertir", constate Séverine Lathuillière, directrice générale et artistique du cinéma, lors d’une conférence de presse organisée ce jeudi 26 février.

    Conséquence : un effondrement du nombre d’entrées. En 2025, l’Origin cinéma en a comptabilisé 121 000, contre 300 000 en 2023, une baisse de 63 %. Pour limiter les effets de cette chute sur les finances du complexe culturel et se sauver de la fermeture, "on mobilise depuis des mois tous les soutiens possibles", indique Séverine Lathuillière, en visioconférence depuis l’Hexagone. Des aides de l’État et de la province Sud ont été octroyées au cinéma, "la Cafat a accepté d’élaborer un échéancier, on a aussi pu compter sur la patience de nos fournisseurs", énumère la directrice. Le Centre national du cinéma, en revanche, "a rejeté nos demandes", estimant ne pas avoir à se substituer à la Nouvelle-Calédonie, compétente en matière d’audiovisuel.

    "Mettre de la vie"

    Reste que l’Origin cinéma a tenu bon dans la tempête, et est parvenu à "préserver l’ADN du lieu". "Nous n’avons procédé à aucun licenciement et nous avons gardé les mêmes tarifs." La programmation artistique et culturelle s’est avérée "ambitieuse", estime Séverine Lathuillière, avec 97 évènements organisés en 2025. Environ 2 700 enfants ont profité de la programmation culturelle du cinéma, et 2 000 élèves ont assisté à une séance encadrée l’an dernier, dans le cadre d’un programme d’éducation à l’image, aspect "essentiel du cinéma", selon la directrice.

    Cette "exigence" culturelle et artistique sera conservée en 2026, promettent les équipes. Après la thématique "Le corps dans tous ses états" en 2025, l’Origin cinéma va orienter son action autour du "mouvement" en 2026. "On est parti du principe qu’après toutes ces épreuves, il fallait que ça bouge, que ça vibre, que ça respire. Même si ça stagne au niveau politique et qu’on semble évoluer dans un monde un peu fou, nous, les citoyens, on a le devoir de mettre de la vie dans tout ça", pense Séverine Lathuillière.


    Le photographe Jules Hmaloko exposera ses clichés dans la galerie du cinéma à compter de mi-mars. Photo Baptiste Gouret

    Le multiplexe a choisi Jules Hmaloko pour incarner cette thématique. Photographe kanak originaire de Lifou, il prendra possession de la galerie du cinéma pour exposer ses clichés à partir de mi-mars. En fauteuil roulant depuis plusieurs années, il a fait du mouvement le fil rouge de son travail entamé en 2006, capturant dans son appareil des corps en action, en particulier des danseurs.

    Blockbusters et cinéma indépendant

    Pour faire revenir les spectateurs dans les salles obscures, l’Origin cinéma pourra également compter sur une année cinématographique 2026 qui s’annonce particulièrement riche. Si 2025 a été marquée par une faible production de blockbusters américains, dont la fréquentation du multiplexe dépend largement, en raison de la grève des scénaristes de 2024, les superproductions états-uniennes feront leur retour sur grand écran. L’Odysée, de Christopher Nolan, Scream 7, la troisième partie de la saga Dune ou encore Michaël, biopic du roi de la pop incarné par son neveu, Jaafar Jackson, devraient caracoler en tête du box-office.

    Le cinéma indépendant occupera une nouvelle fois une place importante dans la programmation : The Bride, de Maggie Gyllenhaal arrivera en salles en mars, La bataille De Gaulle, diptyque sur l’histoire du Général, est attendue en juin-juillet sur les écrans, tandis que Les Misérables, nouvelle adaptation du roman de Victor Hugo par Fred Cavayé, sera disponible en décembre.

    Alors que 36 % des spectateurs de l’Origin cinéma en 2025 avaient moins de 26 ans, la profusion des films jeunesse tout au long de l’année (Super Mario Galaxy, Pat Patrouille : Le Film, Les Minions 3…) devrait aussi participer à rebooster le nombre d’entrées. Tous ces facteurs réunis font espérer à la direction du cinéma de Dumbéa une fréquentation de "155 000 à 170 000 entrées" en 2026, indique Séverine Lathuillière. "Nous avons besoin du soutien de tous pour que cet endroit ne devienne pas un énième centre commercial parce que nous aurons été contraints de fermer."

    Les grands rendez-vous de 2026

    Plusieurs temps forts sont d’ores et déjà programmés par l’Origin cinéma en 2026 :

    • À l’occasion de la Journée internationale des droits des femmes, une séance spéciale autour du film La Maison des femmes, réalisé par Mélisa Godet, sera organisée dimanche 8 mars. La projection sera suivie d’un débat organisé en partenariat avec la province Sud et des associations de défense des droits des femmes.
    • Du 4 au 10 juillet, le cinéma accueillera la deuxième édition du Festival Japon, en partenariat avec l’UNC et le consulat du Japon. La programmation réunira plusieurs films notables, dont Le maître du kabuki, long-métrage aux 11 millions d’entrées.
    • En août, l’Origin cinéma présentera l’exposition "Les gardiennes de l’unité", de l’artiste calédonienne Lulla. Des sculptures, linogravures, installations textiles et dispositifs immersifs seront visibles, et un espace sera dédié aux enfants pour leur permettre de créer librement.
    • Déjà accueillie en 2025, Martine Perret poursuit son projet de résidence artistique "Langues, femmes et territoires – Thio 2026" qui vise à explorer, à travers une démarche immersive et participative, le rôle des femmes kanak dans la transmission des langues, des gestes et des savoirs traditionnels. Une partie de son travail sera visible en octobre au cinéma.
    • Après le succès des deux précédentes éditions, La véritable nuit de l’horreur va revenir du 3 au 31 octobre, à l’occasion d’Halloween. Un marathon de 12 heures de frissons, entre classiques incontournables et nouvelles pépites. La programmation n’a pas encore été dévoilée.

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