- Baptiste Gouret | Crée le 13.01.2026 à 19h08 | Mis à jour le 13.01.2026 à 19h08ImprimerClaire Durrieu, direction de la mission interministérielle de reconstruction et de refondation, sera de retour en Nouvelle-Calédonie le 28 janvier. Photo Baptiste GouretLa directrice de la mission de reconstruction et de refondation quitte le territoire au terme d’une semaine qui aura permis des avancées, affirme-t-elle, notamment sur l’épineux dossier du nickel. Il a également été question des 262 milliards promis par le Premier ministre, toujours suspendus à l’adoption du projet de loi de finances. Explications.
NMC : un audit, avant un éventuel soutien de l’État
Entamé le 7 janvier, le déplacement de Claire Durrieu, le quatrième depuis la création en juillet 2025 de la mission interministérielle de reconstruction et de refondation qu’elle dirige, visait notamment à aborder la question du nickel, avec l’ensemble des acteurs concernés. En toile de fond, la situation de la Nickel Mining Company, menacée de cessation de paiements d’ici la fin du mois de janvier, a concentré une bonne partie des échanges. Après une première manifestation le 3 décembre à Nouméa, les salariés de la société, détenue à 51 % par la SMSP, se sont de nouveau mobilisés, lundi 12 janvier à Poya, pour demander à l’État d’assurer le sauvetage de la NMC, dont le modèle économique a été mis à mal par les blocages des sites miniers, depuis les émeutes. "Une réunion aura lieu demain [mercredi 14 janvier NDLR] avec les actionnaires, le mandataire désigné et le comité interministériel de coopération industriel, indique Claire Durrieu. On espère qu’il en sortira des choses positives."
D’autre part, un audit de la société vient d’être lancé, pour savoir si la situation "est la conséquence d’un trou d’air passager ou d’un problème structurel", car "depuis 2012, les seules entreprises du nickel rentables sont celles qui, comme la NMC, exportent du minerai brut". "On attend les conclusions fin janvier, début février." D’ici-là, les actionnaires, à savoir la SMSP et l’usine coréenne de Gwangyang qui se fournit en minerai auprès de la NMC, seront sollicités pour assurer la survie de la société à court terme. "On regarde également s’il peut y avoir de nouveaux financeurs", indique Claire Durrieu.
Alors que les salariés et sous-traitants estiment ne pas bénéficier du même accompagnement financier que certains opérateurs, à commencer par les usines, la directrice de la mission interministérielle estime que "l’État aide, directement ou indirectement, toutes les entreprises du nickel du territoire". Ainsi, la NMC aurait bénéficié "d’environ 30 millions d’euros [3,5 milliards de francs NDRL] depuis 2016", à travers les mécanismes de défiscalisation. "Si l’activité de transformation a été davantage aidée, c’est parce que cela fait longtemps qu’elle n’est plus rentable, et que les déficits sont plus importants."
Reprise des usines : une "offre ferme" pour Prony Resources
Côté usine, les procédures de recherche de repreneurs, menées par les autorités calédoniennes et l’État, progressent, affirme Claire Durrieu. "Deux offres potentielles pourraient arriver prochainement" pour la SLN et KNS. L’usine la plus avancée dans le processus de rachat est toutefois Prony Resources. "Une offre ferme a été déposée en décembre", confirme la direction de la mission interministérielle. Il s’agirait d’un groupe qatari.
L’offre s’accompagne toutefois de "deux conditions" sine qua non et cumulatives : "un soutien massif de l’État", ainsi que l’obtention d’une autorisation d’exporter le minerai brut qui, pour des raisons de composition, ne peut pas être transformé localement. Une entorse à la doctrine nickel, qui devra donc, pour être accordée, faire l’objet d’une modification de la législation par les élus calédoniens. Quant au soutien massif de l’État, "la décision n’est pas encore prise et appartient au gouvernement national", souligne Claire Durrieu. Le potentiel repreneur laisse aux autorités jusqu’à mars pour donner une réponse à ses conditions, un calendrier "très contraint".
Sans budget 2026, "on ne peut pas mettre en place la relance"
L’autre objet du déplacement de la directrice de la mission interministérielle, c’était "d’échanger sur le pacte de refondation économique et financier", dévoilé par le Premier ministre, Sébastien Lecornu, dans une lettre envoyée aux élus calédoniens le 5 décembre. Ce plan prévoit le financement par l’État d’une enveloppe de 262 milliards de francs sur cinq ans en faveur de la Nouvelle-Calédonie, conditionné à l’adoption d’un certain nombre de réformes. "On voulait connaître le retour des élus et des acteurs du monde socio-économique, et voir si certains points devaient être amplifiés, modifiés ou complétés." Un travail nécessaire à la préparation de la séquence de discussions parisiennes, prévue vendredi 16 janvier à l’Élysée, qui réunira les formations politiques calédoniennes – hors FLNKS – et contiendra un "volet économique". Si certains groupes politiques ont fait part de leurs réserves concernant ce pacte, jugé pas suffisamment ambitieux et trop contraignant, les acteurs du monde économique ont, quant à eux, "globalement salué la proposition et les différents piliers présentés", affirme Claire Durrieu.
Reste que cet accompagnement financier de l’État est toujours suspendu à l’adoption du projet de loi de finances 2026, tout juste rejeté par les députés en commission et qui pourrait connaître le même sort lors de son examen à l’Assemblée nationale, ce mardi. "Sans PLF, on ne peut pas mettre en place la relance", a confirmé Claire Durrieu. Ce qui n’empêche pas, selon elle, d’avancer sur un certain nombre de sujets abordés dans le courrier du Premier ministre, "afin d’être prêts le moment venu, quand le PLF sera adopté, pour mettre en place les dispositifs qu’il contient".
La directrice de la mission interministérielle sera de retour sur le territoire "du 28 janvier à fin février", pour assister notamment au vote du budget 2026 de la Nouvelle-Calédonie.
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