Nouvelle Calédonie
  • Esther Cunéo | Crée le 11.05.2019 à 06h23 | Mis à jour le 12.05.2019 à 16h24
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    70 % des départs de feu se trouvent à moins de 500 mètres d’une route ou d’un bâtiment. Photo Archives LNC
    Recherches. Dans un rapport, l’Œil quantifie l’impact des incendies sur l’environnement en 2017. Forêts et captages d’eau n’ont pas été épargnés.

    En 2017, près de 24 140 hectares sont partis en fumée, soit 1,3 % de la surface du pays. Un chiffre qui peut paraître dérisoire au premier coup d’œil, mais qui représente cinq fois la ville de Nouméa. « Pour vous donner une idée, c’est l’équivalent de la superficie cumulée des dégradations visibles causées par l’activité minière en… 150 ans, compare Fabien Albouy, directeur de l’Œil. Mais la grande différence, c’est qu’après un incendie, la végétation, dans certaines conditions, peut repousser. » Dans une « analyse spatiale de l’impact environnemental des incendies en 2017 », l’Observatoire de l’environnement relève une année particulièrement désastreuse. 2017 a non seulement été la cinquième année la plus chaude depuis 1970, et la quatrième la plus sèche depuis 1961, c’est aussi l’année la plus destructrice. Ainsi 50 % des surfaces brûlées sont imputables aux plus « gros » incendies, moins nombreux (seulement 4 % des départs de feu), mais plus destructeurs (supérieurs à 100 hectares). L’étude confirme notamment les craintes des associations de protection de l’environnement. Les forêts, sèches et humides, précieux réservoirs de biodiversité, sont particulièrement vulnérables. Près de 900 hectares de formations forestières (sèches et humides) sont partis en fumée en 2017. « Quand on sait qu’il reste aujourd’hui environ 2 % des forêts sèches originelles et 30 % des forêts humides, dans un état extrêmement fragmenté, chaque hectare compte » souligne le directeur.

    Le Nord plus touché

    Mais les zones protégées ou labellisées ne sont pas non plus épargnées. A titre d’exemple, les flammes ont touché 8 615 hectares d’une zone tampon classée au patrimoine mondial de l’Unesco : 
    la zone côtière Nord et Est. « On déplore également quelques dizaines d’hectares d’aires protégées telles que le Mont Panié, la rivière Bleue, ou le périmètre Ramsar des Lacs du Grand Sud » énumère l’Œil. L’étude relève également que le Nord est plus touché que le Sud, où l’activité humaine, généralement responsable des départs de feu, est pourtant bien plus dense. Si « aucun élément factuel ne permet d’identifier les causes de cet écart avec certitude, » l’Œil formule l’hypothèse d’une « conjonction de facteurs d’ordre structurel (végétation, climatologie), et sociétal (pratique agricole, moyens de lutte à disposition) ». Enfin les captages d’eau sont également exposés : 80 périmètres de protection des eaux sur 578 ont été touchés, soit près de 14 % d’entre eux. Les communes les plus touchées sont Voh, Poya, et Thio.

    Repères

    L’application Vulcain
    Développé par l’Œil et ses nombreux partenaires contributeurs (*), l’explorateur cartographique Vulcain permet d’observer avec précision l’étendue des incendies, en s’appuyant sur les images satellites de la Nasa (Aqua Modis, Terra Modis et Suomi NPP), auxquelles se sont ajoutés, l’année dernière, celles d’Himawari, développé par l’agence météorologique du Japon, et celles de Sentinel-2A, du programme européen Copernicus. C’est grâce à ce système de surveillance et de traitement automatisé que l’Œil a pu produire ce rapport d’analyse.

    Plaquette d’information
    Cette étude et le bilan 2017 feront l’objet d’une plaquette d’information grand public qui sera diffusée à 5 000 exemplaires le mois prochain aux établissements scolaires, aux institutions, aux centres de secours et aux associations.
    * CEN, Conservation International, Endemia, Gouvernement (DSCGR, DITTT, DIMENC, DTSI), Kartomatik, Insight, Province Sud (DENV), Union des Pompiers Calédoniens, WWF

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