Nouvelle Calédonie
  • ENTRETIEN AVEC Bruce Shepherd, consul général de Nouvelle-Zélande pour le Pacifique français
    Propos recueillis par Charlie Réné | Crée le 18.03.2019 à 05h48 | Mis à jour le 18.03.2019 à 06h34
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    Bruce Shepherd est depuis 2017 le consul général de Nouvelle-Zélande pour la Nouvelle-Calédonie, Wallis-et-Futuna et la Polynésie française. C.R.
    Après les attaques de Christchurch, le consul de Nouvelle-Zélande décrit un pays « sous le choc » mais prêt à se relever autour de ses valeurs.

    Les Nouvelles calédoniennes :

    Quelle est l’ambiance en Nouvelle-Zélande après l’attentat de Christchurch, qui a fait 50 morts d’après le dernier bilan ?

    C'est la première fois que la Nouvelle-Zélande connaît un acte de terrorisme comme celui-là. Le pays est complètement sous le choc. Je le dis, comme l'a dit notre Premier ministre : la Nouvelle-Zélande est un pays de paix, de tolérance et de diversité. Maintenant, il faut comprendre pourquoi un attentat comme ça a pu arriver. Et se relever.

    C’est un acte qui va laisser des cicatrices selon vous ?

    Certains ont dit que « l'âge d'innocence de la Nouvelle-Zélande est terminé ». Et c'est vrai que depuis des années, on observait ces graves problèmes de terrorisme dans le monde. Mais maintenant c'est chez nous. Il va y avoir une convalescence, mais la Nouvelle-Zélande est un pays très résilient. Ce qui est triste, c’est que cet attentat, qui a visé uniquement des musulmans, a justement touché des gens qui sont arrivés en Nouvelle-Zélande pour trouver une nouvelle vie.

    Vous pensez qu’un tel acte de violence et de haine va porter atteinte à l’image du pays ?

    J'espère que non. On continue avec notre esprit de corps. On reste Néo-Zélandais, fier de notre cœur, de notre façon de vivre. J’espère en tout cas que la Nouvelle-Zélande restera un pays d’accueil pour les migrants, et bien sûr pour les visiteurs. Il y a de nombreux Calédoniens qui vont chez nous et nous avons par exemple deux étudiants d’ici qui sont à Christchurch en ce moment. Nous nous sommes assurés qu’ils allaient bien dès vendredi.

    Vous êtes vous-même originaire de Christchurch, où l’attaque a eu lieu. Quelle a été votre réaction quand vous avez eu les premières informations sur l’attentat ?

    C’est vrai que je suis né à Christchurch, voilà plus de 50 ans maintenant, et qu’une partie de ma famille est là-bas. J’ai bien sûr tout de suite passé des coups de fil, demandé à mes tantes, oncles et cousins s’ils allaient bien. Ils étaient inquiets. Mais les habitants de Christchurch et de l’île du Sud, vous savez, ce sont de vrais Néo-Zélandais, très costauds. Le grand tremblement de terre de 2011, avait renforcé les esprits. Là c'est complètement autre chose. Et je crois que là-bas, aussi, c’est difficile de répondre à la question : “pourquoi la Nouvelle-Zélande ???.

    Il va y avoir des différences sur la sécurité du pays au long terme ?

    Avant les attentats, le niveau de sécurité était au plus bas, et ce samedi il était à un niveau élevé. C’est la première fois dans l’histoire de la Nouvelle-Zélande que c’est le cas. Il y a beaucoup plus de contrôles aux aéroports, les forces de l’ordre ont été déployées en nombre et continuent leur enquête. C’est sûr que cette enquête ne va pas finir demain ou après-demain, il y en a pour quelques mois.

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